On en parle à la cabane ...
Evaluation du plan ours : une mission d’inspection sous
secret défense.
06.01.2008 Dans le
cadre des mesures préconisées par la secrétaire d’Etat à l’Ecologie à Toulouse
le 26 juillet, quatre inspecteurs parisiens vont rencontrer à partir de cette
semaine dans les Pyrénées, divers interlocuteurs dont des éleveurs victimes de
prédations d’ours.
Cette brigade participe à la
mission d'inspection générale qui s’inscrit dans l'évaluation à mi-parcours du
Plan ours. Les représentants du pastoralisme, dont l’Aspap,
ont demandé légitimement à connaître le contenu et les modalités de ces
entretiens en Ariège. Voici la réponse de l’Etat :
-
Le choix des
éleveurs constitue un « échantillon élaboré dans le souci de la diversité des
situations et des opinions au regard du programme ours».
-
Aucun
questionnaire commun de support d’entretien n’a été préparé par les inspecteurs.
-
Les entretiens
auront lieu au domicile des éleveurs, qui ont été prévenus par téléphone de
l’heure et de la date d’arrivée de la brigade d’inspecteurs.
L’ASPAP ne
peut que s’interroger : l’Etat choisissant lui-même les interlocuteurs, pour
évaluer l’impact et les conditions de mise en œuvre de SON plan-ours , voilà une
vision toute particulière de la démocratie, de la rigueur et de l’impartialité !
L’Aspap s’inquiète également
de savoir de quelle manière les propos des uns et des autres (questions et
réponses) seront
fiablement retranscrits (entretiens enregistrés, possibilité de se faire
accompagner de témoins, etc…) car ces méthodes de travail imprécises ,
permettent toutes les interprétations. L’Etat ne cherche t’il pas à cautionner 2
nouvelles introductions comme le demande l’Adet ?
Nous en reparlerons ...

Republika Slovenija
Slovénie - L'Etat français étrangement silencieux sur les graves problèmes de gestion de l'ours brun rapportés officiellement par les autorités slovènes
15.03.2008 On nous a
menti. Le contenu du "rapport national
2007 Conservation et gestion de l’ours brun en Slovénie " rédigé par le
ministère slovène de l'écologie lève le mythe de l'ours "100% sauvage et
farouche des hommes et 97% herbivore". Nous le savions, nous en apportons les
preuves aujourd'hui : les ours slovènes importés en France ont grandi dans des
réserves, nourris de maïs et de carcasses d'animaux, ce qui a modifié
profondément leur comportement.
Aujourd'hui,
les autorités slovènes elles-mêmes confirment que
« les cas de dommages causés par les
ours, et le nombre de conflits avec les humains augmentent. […] Ces cinq
dernières années, plusieurs incidents sérieux ont été enregistrés concernant des
attaques d’ours sur des personnes, suivies de graves blessures. »
Mais les révélations les plus graves concernent le choix des critères retenus
par la Slovénie pour définir les ours "'transférables" vers la France. L'Aspap
et l'Addip, coordination à l'échelle du massif des associations de sauvegarde du patrimoine
pyrénéen, interpellent l’Etat français.
Les ministres de l’Ecologie passent et les méthodes restent. A quelques semaines d’un probable remaniement ministériel qui pourrait bien voir le départ de Nathalie Kosciusko-Morizet du Secrétariat d’Etat à l’Ecologie, la liste des graves mensonges et oublis par omission de l’Etat sur la question de l’ours dans les Pyrénées s’allonge. Dans moins d’un mois, le ministère de l’Ecologie aura achevé l’auto-évaluation de son propre plan ours ; celle-ci a mobilisé de nombreux minibus pour des voyages ministériels, et plusieurs brigades d’inspecteurs dont la mission dans les montagnes pyrénéennes fut quasiment placée sous secret défense. Rappelons qu’il était également prévu une analyse de la personnalité de Franska par des ... « spécialistes étrangers », avant qu'elle ne soit victime d'un accident de la circulation qui a épargné au contribuable français le prix de la consultation.
Mais l'heure n'est pas à l'humour. Le dernier oubli de l’Etat français sur la réalité des importations est bien trop grave. La Slovénie, qui fournit à la France 8 ours en 10 ans, nous éclaire dans ce même rapport sur la gestion des ours à problèmes sur le territoire slovène : « Dans le cas spécifique des conflits (avec les populations) en zone rurale, des ours ont été enlevés au milieu concerné et transférés dans des zones éloignées et isolées. Mais en Slovénie les distances sont relativement courtes, et la distance moyenne parcourue par un ours est supérieure à 80 km, au bout de quelques jours les animaux reviennent alors dans leur zone d’origine ce qui montre bien l’inefficacité de cette mesure. Il nous intéresse beaucoup de transférer ces ours dans quelques uns des pays qui ont foi en la population d’ours slovènes. »
Malgré les gentils petits noms dont les slovènes ont affublé leurs ours avant de nous les livrer (Franska signifie France, Hvala se traduit par ... merci ! ), l’Etat français ne peut plus ignorer les caractéristiques des ours qui lui seraient fournis en cas de persistance du programme d’introduction en 2008. Rappelons que la France est le dernier et seul pays d’Europe à se poser la question d’une nouvelle importation d’ours. Les deux seuls autres pays qui s’y sont essayés, (Italie et Autriche) ont stoppé définitivement toute introduction, sans pour autant subir les foudres de la Convention de Berne ! D’autant que 14.000 ours bruns vivent dans la communauté européenne.
Rétroactivement, concernant les ours importés en 2006, voire depuis 1996, la secrétaire d’Etat à l’Ecologie doit s’interroger de toute urgence sur les « intérêts » qui ont présidé en Slovénie au choix des différents ours « à transférer » vers la France. D’une part la gravité de telles affirmations justifie immédiatement que l’Etat Français renonce définitivement et publiquement en sa « foi en la population d’ours slovènes ». D’autre part nous demandons à la France, au nom des citoyens français qui paient de leur poche le plan ours, de faire appliquer à la Slovénie, son fournisseur officiel d’ours bruns, la garantie européenne du « satisfait ou remboursé » : nul doute que nous serions nombreux à apprécier ce geste commercial des autorités slovènes, dont le chèque s’élèverait au minimum à 15 millions d’euros ... de pouvoir d’achat.


JANVIER 2008 : OUI LES OURS IMPORTES EN FRANCE ETAIENT NOURRIS EN SLOVENIE !
Europe : tout n’est pas
si rose !
Alors qu’en 2008 plus de
13.000 ours bruns vivent naturellement, « gratuitement », dans différents pays
de l’union européenne – Roumanie, Slovénie, Grèce, Bulgarie, Albanie, Pologne
etc … quelques riches pays dont la France consacrent des dizaines de millions
d’euros de crédits européens de l’environnement à maintenir sous perfusion une
population cumulée de 200 ours. Pendant que d’autres pays comme l’Allemagne
investissent ces fonds dans les énergies renouvelables, ou les filières
alimentaires bio. Et avancent.
Mais ailleurs, tout n’est
pas aussi rose qu’on nous le dit : Nos récents
déplacements, prévus dans le cadre des voyages d’études ministériels ont
mis à jour l’évidence de l’impossible
transposition du modèle espagnol ou italien à nos Pyrénées :
Comme en France la population d’ours du Trentin est issue quasi totalement d’ours slovènes introduits. Là encore, quelques troupeaux résiduels - l’équivalent d’une seule de nos estives, en surface et en nombre de bêtes - et de plus en plus de problèmes de comportement des ours, comme Bruno qui est parti en Allemagne où il a été abattu, ou Jurka qui se rapprochait des habitations, capturée en 2007 et pour laquelle un « enclos-prison » de 400.000 euros vient d’être construit.
SLOVENIE : oui les ours sont nourris !
Oui cela explique leur comportement carnivore et leur familiarité vis à
vis de l’homme.
Le nourrissage des ours en Slovénie, avec des
cadavres de bétail, est une réalité qu’il n’est plus possible de nier. Rédigé
par deux spécialistes slovènes, le texte ci-dessous figure dans le rapport de la
16–ème Conférence internationale sur l’ours brun, tenu dans le
Trentin, en Italie, à l’automne 2005. Même si les ours pyrénéens posaient de
tels problèmes aux éleveurs qu’ils s’en sont débarrassés – il ne faudrait quand
même pas l’oublier ! -, les attaques des ours slovènes sont sans commune mesure
avec celles d’autrefois. Contrairement là aussi à la légende diffusée par
l’ADET, l’ACP et autres, rappelons que les modes de garde étaient alors déjà
très majoritairement ceux de la « semi-liberté » des troupeaux et non pas du
regroupement massif permanent.
Mais ces dégâts causés
par les ours slovènes, on comprend que certains préfèrent les attribuer à une
soi-disant « incompétence » des éleveurs actuels plutôt que de reconnaître,
honnêtement, comme le font ces deux spécialistes, que ce nourrissage a des
conséquences sur le comportement des fauves. Et lorsque l’on sait que l’ourse
transmet à ses petits ce comportement … on peut être très inquiet pour la suite.
« Nourrir ou Ne pas nourrir? - Problèmes posés
par le nourrissage des ours bruns en Slovénie. »
Adamič M, Jerina K–
Université de Ljubljana, Slovénie
« Le nourrissage de ours bruns est une
des activités régulières dans les méthodes de conservations des ours bruns en
République de Slovénie. Ce contexte traditionnel trouve son origine dans les
pratiques des chasseurs depuis deux siècles. Au XIXème siècle les ours étaient
ainsi appâtés dans de vastes domaines privés, et tirés depuis des postes érigés
dans des arbres, en des lieux appelés « Luderplätze » (« place à charognes »).
Les cadavres des chevaux et du bétail y étaient exposés pour appâter les ours.
Après la seconde guerre mondiale, ce nourrissage devint un mode de gestion
régulier des espaces où se trouvaient des ours. On pensait en effet que
distribuer ainsi régulièrement de la viande permettait d’éviter qu’ils ne
sortent du bois, et les tenait à distance des zones habitées et des propriétés.
« A l’occasion
du projet international ours brun en Slovénie en 1993-1999, mais aussi lors du
projet slovène de suivi télémétrique en cours
/années 2003 et suivantes/, des données
ont été collectées concernant la distribution spatiale d’ours équipés de
colliers émetteurs : nous avons trouvé que les sites individuels d’habitat des
ours s’adaptaient à la répartition des places de nourrissage. Nous pouvons
supposer que l’actuelle population d’ours
slovènes est en grande partie conditionnée par ce nourrissage. Les ours
visitent aussi les sites où les sangliers sont nourris par les chasseurs tout au
long de l’année, et où le maïs est utilisé comme complément alimentaire. /…/
« Quoique la quantité de nourriture ainsi
ingérée puisse difficilement être considérée comme essentielle pour la survie
des ours, nous pensons que la répartition des places de nourrissage et cette
supplémentation ont des conséquences
fortes sur la distribution spatiale des ours, comme sur leur comportement. La répartition usuelle
des places de nourrissage conduit les ours à rester dans le voisinage des
territoires occupés par les hommes.
« Le problème posé par ces formes
traditionnelles de supplémentation doit être examiné avec soin. Nous suggérons
de réduire le nombre de sites de nourrissage, et de les éloigner des territoires
occupés par les hommes. Mais nous ne conseillerons pas de supprimer totalement
ce nourrissage, car l’effet pourrait en être négatif pour la conservation de
l’actuelle densité d’ours bruns en Slovénie. »
L’article complet voir ici en page 48-49 (en anglais)
http://www.medvede.sk/pdf/Abstracts_16thIBAconference_updateSept.15.pdf
|
Pourquoi l’Etat ne nous montre t’il pas les Abbruzes en Italie, où ours
et loups sont retrouvés empoisonnés ? Ou l’Autriche, où malgré 22
naissances le nombre d’ours est mystérieusement plus bas qu’avant les
introductions d’ours slovènes ? Nous n’avons encore vu aucun territoire
où la cohabitation existe réellement. Nous demandons officiellement à ce
que la prochaine mission d’étude nous montre un exemple comparable aux
Pyrénées : des ours lâchés dans un territoire immense, avec des espaces
utilisés par de multiples activités économiques, touristiques, rurales,
habité, dans un espace pastoral comparable à nos 580.000 hectares
d’estives, belles, entretenues, réservoirs de biodiversité et d’emploi.
Si le ministère ne peut nous le montrer, c’est qu’il n’existe pas ! |
VU DU CIEL - Saison 2 Pour voir un extrait ... http://programmes.france2.fr/vu-du-ciel/accueil.htm
6 milliards d'hommes à nourrir
Nourrir 6 milliards d'hommes est l'enjeu quotidien des agriculteurs de la
planète.
Pour y arriver, l'élevage et l'agriculture intensive sont apparus il y a
cinquante ans. Mais aujourd'hui, ce système productiviste est dépassé. Trop de
pesticides polluent nos sols et nous avons besoin de temps et de la nature pour
élever correctement les animaux.
Dans cette émission, Yann Arthus-Bertrand nous invite à un voyage en France et
dans le monde pour rencontrer des agriculteurs qui se battent contre ces
dérives. Nous verrons aussi que nous, consommateurs, pouvons changer les choses
en modifiant nos comportements alimentaires. Car notre santé et le développement
durable de nos ressources en dépendent.
Du survol de Paris aux plaines cultivées de la Beauce, des rizières en Camargue
aux Bananeraies des Antilles, en passant par le mont-blanc et l'Alsace, Yann
Arthus-Bertrand poursuit un tour du monde du développement durable et de la
protection de l'environnement. Il nous montre les incroyables richesses de notre
planète et va à la rencontre de ceux qui proposent des solutions pour retrouver
des modèles d'élevage et de culture équilibrés.

Portrait :
PHILIPPE LACUBE, un agriculteur libre, Pyrénées
Intervenant du dernier plateau dans les Pyrénées, il fait aussi l’objet d’une
pastille, son portrait, celui d’ « un agriculteur libre ».
Devenir éleveur en pleine montagne était un rêve de gamin. Aujourd’hui, Philippe
Lacube élève selon la tradition paysanne des gasconnes aux Cabannes, dans les
Pyrénées.
Il prône un élevage naturel proche du Bio, sans pourtant porter la
certification. Ses vaches sont 8 mois dehors, nourries ainsi à l’herbe ; c’est
l’époque de la transhumance. Durant les 4 mois d’hiver, elles sont nourries au
foin.
Afin de sensibiliser les consommateurs à sa cause, Philippe Lacube fait de
l’agro-tourisme, propose des parcours de transhumance, accueille les touristes
dans des gîtes et vend ses produits directement au consommateur.
"Parce que Philippe est un bonhomme exceptionnel, bien qu'il s'en défende, à l'Aspap nous ne sommes pas surpris du choix de Yann Arthus Bertrand. Nous serons nombreux dans ses pas ce mardi soir, à arpenter le plateau de Beille où estivent ses gasconnes. Comme nous étions nombreux dans ses pas, c'est lui qui l'a raconté, quand il est sorti du bois lors du lâcher manqué de l'ourse Palouma, seul face à la ministre Nelly Ollin a qui il a porté le message de colère et de désespoir des éleveurs pyrénéens devant le plan d'introduction d'ours. Un plan que le ministère de l'Ecologie reconnait lui même, aujourd'hui, comme une succession d'erreurs.
Les plus extrémistes des "écologistes de salon", comme Philippe les appelle, hurlent déjà au complot sur les forums internet. Car les opposants à l'ours sont forcément "avinés, rougeauds, violents et stupides et ne connaissent rien à l'environnement"(extrait réel). Non messieurs, de complot point. Seulement un morceau d'histoire entre deux hommes et deux destins exceptionnels qui se sont reconnus, et se sont appréciés. Bienvenue en Pyrénées, pour quelques instants privilégiés auprès de Philippe, paysan libre des Pyrénées ... "