L'espagne n'est pas ce paradis des ours, des loups AUQUEL L'ETAT FRANCAIS VOUDRAIT NOUS FAIRE CROIRE.

D'investigations en voyages d'études, de seminaires en rencontres humaines tres enrichissantes,

NOUS DRESSONS ICI UN ETAT DES LIEUX ASSEZ DIFFERENT DES VERSIONS OFFICIELLES ...

T

Paca et Tola, deux ourses dans un parc de vision grillagé,

dans les Monts Cantabriques, aux Asturies.

L'attraction principale et l'image emblématique du "produit-ours" version espagne.

Aux français, il est raconté que "cohabiter" avec les plantigrades est possible.

Chasse au loup autorisée dans les asturies

09/08/2008 Fièvre catarrhale dans les Asturies : conflits sur la gravité de l'épidémie

Fièvre catarrhale dans les Asturies : revue de presse et traductions

Chasse : les associations espagnoles de protection de l'ours reconnaissent la confusion possible sanglier/ours

24.10.2008  L'ourse Hvala attaque un chasseur en Val d'Aran

6 décembre 2008 - Le Val d'Aran fait se rencontrer les montagnes françaises et espagnoles.

01.05.2009 - Analyse du tourisme asturien dans les lieux emblématiques de l’ours : mythe et réalité

10.09.2009 Analyse du tourisme asturien dans les lieux emblématiques de l’ours : suite : le Fapas répond à l'ASPAP,  ... qui répond au FAPAS.

 

09/08/2008 Fièvre catarrhale ovine (langue bleue). Dans les Asturies, conflits sur la gravité de l'épidémie

 

  1. - I n t r o d u c t i o n

    D’après les informations qui me viennent des Asturies, et la presse de la région, la Principauté est sans doute, compte tenue de sa taille, l’autonomie espagnole la plus affectée par l’épidémie.

    Des polémiques internes voient les différents Partis monter au créneau quant à la gestion de la crise. Sur ce plan, nous n’avons bien sûr pas à en juger, c’est aux Asturiens de le faire. Mais les éleveurs eux-mêmes, personnellement ou à travers leurs syndicats et associations, se plaignent de cette gestion comme le montrent les articles que nous traduisons ci-dessous en date du 6 août et des 5 et 6 septembre 2008. Nous y joignons la traduction d’un autre article du 5 septembre, où la Conseillère à l’Environnement et au Développement Rural (équivalent d’un Ministère dans les Autonomies espagnoles) explique la démarche suivie pour tenter de juguler la crise. Ils sont précédés d’un article de la Nueva España, en général mesurée dans ses propos, qui n’hésitait pas à titrer le 15 août en faisant un bilan à cette date: « La langue bleue blesse à mort l’élevage ovin ». 

    Il se trouve que je connais personnellement l’éleveur asturien interviewé dans les deux articles publiés en septembre: Ángel Fernández, vice-président de l’APGOA, le Mouvement de Défense des Eleveurs de l’Est (El Oriente) des Asturies.

    Ángel, on le verra, insiste sur la situation des races autochtones asturiennes face à la crise actuelle. Et  lorsque La Voz de Asturias écrit : « Rien que chez lui, il chiffre à 106 les brebis mortes dans les derniers mois à cause de la langue bleue », il faut espérer que parmi elles ne figurent pas ces brebis xaldas, caractéristiques des Asturies, qui composent une partie de son cheptel.  

Brebis xaldas du troupeau d’Ángel – août 2008 

    Il est surtout un passionné de la cabra bermeya, la chèvre rouge asturienne, dont il possède un important troupeau. Que les chèvres elles aussi soient aujourd’hui atteintes est sans aucun doute pour lui, au delà de la perte financière dont il parle dans l’un des articles, un véritable crève cœur.  Mais davantage, dans les Asturies comme chez nous, c’est une véritable tragédie pour tout le travail de récupération et relance des ces races à petit effectif de tous cheptels, autochtones, rustiques, adaptées au milieu, que les deux massifs ont en chantier depuis plusieurs années : un bouc bermeya, un bélier xalda qui meurent, c’est tout un avenir génétique assombri … 

    L’analyse qu’au nom de l’APGOA il développe à propos de la gestion de cette tragédie pourrait sembler excessive, s’il n’y avait un précédent où les faits ont prouvé que lui-même et son association avaient raison de protester, s’insurger, manifester (pour avoir, contre les loups, rué un peu violemment dans les brancards, ils furent même sous le coup d’une action judiciaire, qui finalement fut annulée). 

    Dans ses montagnes de la Sierra de Cuera, contrefort des Picos de Europa, l’APGOA était déjà en effet à la tête du mouvement de lutte  contre l’extension des populations de loups hors des zones où jusqu’alors elles étaient cantonnées, et c’est à ce titre que j’ai fait sa connaissance. Eleveuses et éleveurs furent alors accusés d’exagération, de mensonge, d’incompétence … jusqu’à ce que, enfin, une enquête objective fût lancée qui vint amplement prouver qu’ils avaient raison : l’APGOA a obtenu que la Sierra soit officiellement déclarée « libre de loups », et des battues ont permis d’en éliminer les prédateurs, près d’une vingtaine là où, au mieux,  le Conseil asturien acceptait de n’en reconnaître qu’un ou deux ! 

    J’ai donc personnellement tendance à faire davantage confiance aux analyses d’Ángel et de l’APGOA qu’à celles des administrations en charge des dossiers. Mais … on verra la suite là aussi … Précisons que, contre les loups, la présence dans le troupeaux de gros « mastins », bien plus impressionnants que nos patous, les clôtures et grillages où le soir Ángel rassemble ses chèvres, tout cet arsenal n’avait jamais suffi à empêcher les attaques très fréquentes et au très lourd bilan. 

    Ajoutons qu’il n’y pas que dans les Asturies que la gestion de cette crise est soumise à critiques. En Ariège particulièrement, les problèmes sont tels qu’une manifestation est organisée ce 11 septembre, les problèmes sont exactement les mêmes que ceux soulevés par l’APGOA : “ Une crise mal gérée”, “La catastrophe économique, « dégât collatéral » de la maladie”, “Le plan de sauvetage : vital et urgent” (extraits de l’appel à manifester). 

    J’étais encore avec Ángel le mois dernier, et j’ai enfin pu réaliser ce que je n’avais jusque là jamais eu le temps de faire lorsque nous nous rencontrons pour discuter des problèmes communs aux Asturiens et aux Pyrénéens,  et des solutions communes à trouver, notamment, mais pas seulement, face aux grands prédateurs et à l’ensauvagement des milieux que l’on voudrait identiquement nous imposer : j’ai eu enfin cette fois le temps de monter avec lui jusqu’à l’une des majadas où il rassemble ses bermeyas. Les photos qui suivent ont été prises ce jour là, sauf les deux à son nom qu’ Ángel m’avait envoyées il y a quelques semaines. 

 

Chevrettes bermeyas devant la majada d’Ángel – août 2008 

Fièvre catarrhale dans les Asturies : revue de presse et traductions

 

 

B) – L a  P r e s s e  a s t u r i e n n e

 

          B-1) L’enquête : une situation et des chiffres … contrastés

 

                    La Nueva España – vendredi 15 août 2008

 

Chronologie de l’épidémie

La langue bleue blesse à mort l’élevage ovin

La Principauté prévoit que des bêtes continueront à mourir dans les prochains mois – Oviedo, M.J.I.

 

 

Un camion-grue collecte les brebis mortes dans un élevage (photo : Carmen Sanmiguel)

 

La langue bleue a blessé à mort le cheptel de l’Est / l’Oriente / des Asturies et se nourrit spécialement des ovins. D’après les informations recueillies par La Nueva España auprès de l’entreprise Proygrasa, chargée de détruire les carcasses à risque, depuis plusieurs jours c’est une moyenne de 60 brebis mortes qui arrivent. La principauté prévoit que des baisses plus importants se produiront au cours des prochains mois dans le cheptel ovin, au moins tant que les conditions météorologiques ne changeront pas, et que le processus de vaccination n’aura pas atteint son point culminant.

Le vice-conseiller au Milieu Rural,Cristino Ruano, a insisté sur la fait que vaccination et désinfection restent à ce jour les moyens les plus efficaces pour éradiquer l’épidémie. La recrudescence de cette maladie du bétail, étroitement liée aux températures élevées de l’été, préoccupe énormément les éleveurs de municipalités comme les deux Peñamelleras, Onís ou Cabrales, où le lait de brebis est la base de la production fromagère.

 

Hier, la Principauté a averti les éleveurs de l’interdiction pour raisons sanitaires d’abandonner en montagne les bêtes mortes de la langue bleue. Cristino Ruano leur recommande de s’adresser aux services techniques pour « résoudre les situations où il ne sera pas possible de collecter les animaux, dans l’objectif de leur offrir une solution ».  Il a ajouté : « il n’est pas possible d’abandonner le bétail mort, alors qu’actuellement les aides en vigueur couvrent les frais de transport et de traitement à Proygrasa ».

Le Conseil à l’Environnement, que dirige Belén Fernández, continue à travailler à la rédaction d’un barème d’indemnisation pour les animaux morts de la langue bleue. Il garantit aux éleveurs qui seraient victimes d’une baisse de leurs effectifs, qu’ils toucheront néanmoins les primes ovines et caprines. Le Gouvernement de la Principauté leur enverra un certificat constatant que la mort est due à la langue bleue.

 

D’autre part, les constats des éleveurs de la zone orientale sont opposés aux estimations du Gouvernement qui, hier même, signalait, au cours de ce mois, une décrue du nombre de décès chez les brebis affectées, notamment dans les premières municipalités où des cas positifs à la langue bleue avaient été signalés. Les mêmes sources indiquent que cette tendance est observée depuis plusieurs jours après le pic d’activité de la seconde quinzaine de juillet.

D’après les estimations de la Principauté, le nombre d’exploitations atteintes n’augmente pas non plus. Sur le total du troupeau ovin des Asturies, les pertes concernent 0,9% des animaux recensés, pourcentage inférieur à celui qu’ont connu d’autres communautés autonomes depuis 2004, quand l’épidémie s’abattit aussi sur l’Estrémadure, l’Andalousie, Castille-la-Manche, Madrid, et Castille et Léon. Selon les sources du Ministère central espagnol de l’Environnement, du Milieu Rural et de la Marine, dans quelques provinces les pourcentages atteignirent alors jusqu’à 30% du cheptel, très au dessus des chiffres actuels dans les Asturies.

 

Novembre 2007 = premier cas détecté de langue bleue.

Février 2008 = première zone de confinement établie à Villaviciosa, Caravia, Colunga, Ribadesella, Ribadedeva, Cabranes, Parres, Peñamellera Baja y Llanes. Villaviciosa, Caravia, Colunga, Ribadesella, Ribadedeva, Cabranes, Parres, Peñamellera Baja y Llanes.

Février 2008 = l’Etat central distribue la première livraison de vaccins dans toutes les communautés autonomes affectées.

Avril 2008 = la zone de confinement et de surveillance est étendue au Nord-Ouest des Asturies

Mai 2008 = début des opérations de vaccinations aux bovins dans les zones de surveillance et de protection

Juin 2008 = renforcement des services d’information aux éleveurs

Juillet 2008 = recrudescence de l’épidémie.

Texte original : http://www.lne.es/secciones/noticia.jsp?pRef=2008081500_63_666439__Mar-y-Campo-lengua-azul-hiere-muerte-ovino

 

            

             B-2) Le point de vue du Conseil Asturien à l’Environnement et au Milieu Rural

             (dans les Communautés autonomes espagnoles, les Conseils sont l’équivalent des Ministères au niveau de l’Etat central. Environnement et Milieu Rural (l’agriculture en tant que telle n’existe donc plus au niveau la plus élevé des instances gouvernementales, elle est noyée dans le Milieu Rural) ont pour Conseillère en titre Belén Fernández, très contestée par éleveurs et agriculteurs.)

 

             La Nueva España – vendredi 5 septembre 2008

 

Le Conseil à l’Environnement double le nombre de vétérinaires chargés de vacciner contre la langue bleue.

Belén Fernández assure qu’il y aura, la semaine prochaine, au moins 150 professionnels pour s’occuper des troupeaux. La Principauté chiffre à 150 les exploitations officiellement atteintes par la fièvre catarrhale ovine – Ovideo, M.J.I.

 

Belén Fernández, à côté de Javier Lucientes, lors de la réunon d’hier (photo: jesús farpón)

 

La gestion politique de l’épidémie continue à susciter des polémiques dans les Asturies, une des régions d’Espagne les plus affectées par la fièvre catarrhale ovine. Belén Fernández, la Conseillère à l’Environnement, n’a pas trouvé d’autre remède hier que d’affronter les critiques du Parti Populaire et des syndicats agricoles COAG et ASAJA. Elle garantit que la semaine prochaine la Principauté doublera le nombre de vétérinaires  qui se consacreront à vacciner les troupeaux. Ils seront au moins 150.

 

Fernández,  qui venait d’assister à la première réunion du comité d’experts sur la langue bleue dans les Asturies, a défendu bec et ongles l’action de son département. Elle assure qu’à l’heure actuelle 140.000 bêtes ont été vaccinées, bien qu’elle ne précise pas s’il s’agit de bovins ou d’ovins et caprins.

La veille, le Directeur Général de l’élevage, Enrique Rodríguez Nuño,  avait affirmé à Madrid qu’étaient déjà vacciné 83% du cheptel. Les données ne concordent pas : il y a 300.000 vaches dans les Asturies.

 

Si mercredi le député du PP Luis Peláez dénonçait le fait que les 60 vétérinaires requis pour vacciner les troupeaux n’étaient pas tous sur le terrain, hier Belén Fernández a annoncé que la semaine prochaine on pourrait compter sur au moins 150 pour mener à son terme la campagne de vaccination.

 

Fernández indique que l’objectif est que la vaccination de tout le cheptel soit une réalité le plus tôt possible afin que l’on puisse “éradiquer l’épidémie”. Elle a ajouté qu’il y a à l’heure actuelle “environ 150 foyers” confirmés et officiellement inscrits au réseau d’alerte sanitaire du Ministère de l’Environnement, du Milieu Rural et de la Marine /Il d’agit ici du Ministère du gouvernement central de l’Etat espagnol/.

La Conseillère n’a pas voulu passer sous silence l’épineuse question des importations de bétail en provenance des pays affectés par la langue bleue. Les éleveurs disent qu’ils achètent ces bêtes à l’extérieur parce qu’ils ne les trouvent pas dans les Asturies. Fernández a réitéré sa recommandation d’éviter d’acquérir des animaux en provenance de ces Etats. La raison en est l’apparition de foyers de langue bleue dans la localité basque française des Aldudes, et un autre en Béarn, confirmés par les autorités sanitaires du département des Pyrénées Atlantiques.

 

Fernández indique qu’il s’agit d’un moyen de prévention responsable et sensé, transitoire en outre tant que l’ensemble du cheptel n’a pas été vacciné. « Je ne retiens pas l’argument selon lequel cette mesure peut avoir une incidence décisive sur l’activité économique alors qu’à la vue des données elle n’a qu’un impact marginal », a dit la Conseillère, qui a ajouté que seul 1,6% des bêtes importées dans les Asturies en 2007 l’avaient été de l’extérieur de l’Espagne, environ 800 animaux en face des 57.000 qui avaient circulé entre les exploitations asturiennes.

 

Le Comité National du Réseau d’Alerte Sanitaire Vétérinaire (RASVE) a décidé, mercredi dernier, d’étendre à toute l’Espagne la vaccination des bovins et ovins contre la langue bleue, par suite du risque d’aggravation de la contagion, notamment dans le nord de l’Espagne.

L’Espagne proposera à Bruxelles que la vaccination soit mise en oeuvre dans tout le territoire communautaire afin d’éviter les situations de risque vécues dans le nord du continent avec le sérotype 8. La Conseillère a assuré hier que pour l’instant aucune vache n’est morte à cause de la langue bleue. L’épidémie est mortelle en particulier pour les ovins et les caprins.

 

Texte original: http://www.lne.es/secciones/noticia.jsp?pRef=2008090500_63_672581__Mar-y-Campo-Medio-Ambiente-duplica-numero-veterinarios-para-vacunar-lengua-azul

 

 

          B-3) Le point de vue des éleveurs  

 

                         a) -  El Comercio digital -  06-08-2008

 

ASAJA fixe le nombre de bêtes mortes de langue bleue à un chiffre plus élevé que celui avancé par la Principauté.

L’association « ne met pas en doute » les efforts de la Principauté, mais transmet l’inquiétude des éleveurs de la zone orientale, laissés « dans un situation de détresse et d’abandon totale » par la Conseillère à l’Environnement - EUROPA PRESS | OVIEDO

 

 L’association d’éleveurs Asaja ( 1 ) a signalé hier que le nombre des animaux morts de la langue bleue dans les Asturies est « très supérieur » à celui officiellement annoncé par la Conseillère à l’Environnement et au Milieu rural de la Principauté.

En ce sens, dans une note de presse, l’Association affirme « ne pas mettre en doute » les efforts de la Principauté pour contrôler le problème de la langue bleue ; elle remercie notamment le président de la Principauté, Vicente Alvarez Areces, « pour sa préoccupation ». Cependant, Asaja pense que l’information transmise au Président par la Conseillère à l’Environnement « n’est pas correcte ».

 

L’Association en effet affirme avoir reçu de nombreuses plaintes des éleveurs de la zone orientale des Asturies, l’informant des brebis mortes et des malades de la langue bleue. D’après elle, ces éleveurs sont très préoccupés car ils ne savent pas comment réagir à la situation, et se trouvent « dans un état de détresse et d’abandon total » de la part de la Conseillère.

Comme l’affirme l’Association, ils ne savent pas si  la Principauté va les indemniser pour les animaux morts, alors que le système d’indemnisation n’a pas encore été organisé dans les Asturies, à l’inverse de ce qui se passe dans les autres communautés autonomes.

 

Pour toutes ces raison, Asaja demande à la Conseillère de transmettre au Président de la Principauté « toute la vérité sur ce qui est en train de se produire » dans la zone orientale des Asturies, et de procéder à une vérification de la situation à laquelle se trouve confronté le cheptel ovin, l’Association demande en même temps que le paiement des indemnisations soit organisé.

Elle précise aussi qu’elle est « totalement d’accord » avec la campagne de vaccination en train de se dérouler, mais demande à la Principauté de manifester davantage de sensibilité envers les éleveurs et de mettre en œuvre les moyens nécessaires pour éviter que des troubles et des dérangements ne  viennent s’ajouter à ceux qu’ils subissent déjà à cause de la langue bleue.

Bien que le délai à respecter pour livrer le résultat des analyses soit de 4 jours,  l’Association signale aussi qu’actuellement les retards pour que les prélèvements sanguins soient effectués sont supérieurs à 8 jours après que l’éleveur ait signalé son cas.

Asaja demande donc à la Conseillère à l’environnement et au Milieu Rural de mettre en œuvre en urgence une solution pour résoudre le chaos causé par ce problème.

 

Opinion de lecteur – 6 août 2008, 20 :01:39

Bélen à la porte

ASAJA dépeint un tableau très grave de la situation causée par la langue bleue dans l’Est des Asturies, mais la réalité est encore pire que ce que raconte ASAJA. La Conseillère à l’Environnement ne s’est jamais préoccupée de répondre aux éleveurs qui attribuaient toujours aux loups les dommages causés à leurs troupeaux (c’était la faute de chiens ensauvagés) et aujourd’hui c’est la même chose avec la  langue bleue (tout ça c’est des mensonges). Si Areces veut être cru par les éleveurs (un important réservoir de voix socialistes), il doit dès cette nuit foudroyer Belén Fernández et tous les gratte-papiers de son entourage. Où est Tomasa Arce ( 2 )? Où est Ibo Alvarez  ( 2 )?  Ce n’est pas qu’ils étaient des phénix, mais à côté de ceux d’aujourd’hui ils étaient remarquables.

Alors attention, parce que dans les Asturies ne va pas rester une seule brebis grâce au rôle désastreux de Belén Fernández.

 

Texte original: http://www.elcomerciodigital.com/gijon/20080806/local/asturias/asaja-sube-cifra-animales-200808061908.html

 

 

 

Ángel, ses chèvres et son portable. Comme le dit Izquierdo : « el pastor moderno ! »

 

 

 

                         b) - El Comercio digital -  06-09-2008  

 

Les éleveurs de l’Est des Asturies déposent un recours contre les indemnisations pour la « langue bleue » Agence de Llanes –

 

 L’ Association des Bergers et Eleveurs de l’Est des Asturies (APGOA) déposera un recours contre la résolution de la Principauté qui organise le paiement des indemnisations pour la mort des animaux affectés de la « langue bleue ».

C’est ce qu’annoncé hier dans une déclaration aux médias, Ángel Fernández, vice-président de ce collectif, qui justifie ce recours attendu que la dite résolution « a été prise à la hâte et n’importe comment », et il ajoute : « personne ne sera avantagé, les barèmes ont été calculés à la louche ».

 

Ángel Fernández a assuré que les tables d’indemnisation retenues ne tiennent aucun compte d’aspects comme /la valeur particulière/ des races autochtones. Il a en outre critiqué la valeur fixée pour les chèvres, 54,09 euros: « ils nous les paient en dessous de la valeur du marché, c’est quelque chose qu’on ne comprend pas ». Critiqué aussi qu’il ne soit tenu aucun compte des aides nécessaires dans le futur pour les animaux qui, comme il l’explique : « bien qu’atteints par la « langue bleue », ne meurent pas, mais voient réduite leur capacité reproductive ».

Il a encore alerté sur la perte possible des subventions lorsqu’un éleveur ne pourra pas remplacer les animaux décédés. L’APGOA exprime sa préoccupation devant la possibilité que les indemnisations n’envisagent pas de prendre en compte les animaux décédés en montagne, ni ceux dont la mort n’a pas été certifiée par un vétérinaire.

 

Les plus atteints

« S’ils ne parlent ni des races autochtones, ni de rien des autres problèmes, c’est qu’ils ne paieront pas » souligne Fernández. L’association met en doute les chiffres rendus publics par le Conseil à l’Environnement et au Développement Rural qui fixe à 300 les exploitations asturiennes affectées par l’épidémie. « Ces chiffres n’ont rien à voir avec la réalité. Ils sont beaucoup plus élevés. Rien que pour l’est des Asturies, nous pensons qu’environ 2000 brebis sont mortes et il y aurait environ 300 vaches atteintes ».

 

Courrier des lecteurs - Opinion

06/Sep/2008 | 11:40:54

EAA = Courage éleveurs … Vous avez totalement raison … pourvu que vous obteniez ce que vous demandez … Depuis Xixón (c’est en asturien le nom de Gijon), un salut à tous les éleveurs (et agriculteurs) asturiens.

 

Texte original: http://www.elcomerciodigital.com/gijon/20080906/asturias/ganaderos-oriente-recurren-indemnizaciones-20080906.html

 

 

             c) - La Voz de Asturias - 06-09-2008

 

Guerre des chiffres à propos de la mortalité - Javier J. Caso

 

Les éleveurs de l’est des Asturies récusent les chiffres officiels de langue bleue. Leur association annonce un recours contre l’actuel régime d’indemnisation

L’ Association des Bergers et Eleveurs de l’Est des Asturies (APGOA) a récusé hier les chiffres officiels de la Principauté des Asturies concernant les exploitations : d’après ces chiffres, les animaux morts à cause de la langue bleue seraient environ 300 pour toute la région.

 

« C’est beaucoup beaucoup plus », a déclaré à La Voz de Asturias, Ángel Fernández, qui ajoute que les chiffres de l’Administration régionale « n’ont rien à voir avec la réalité ». Selon les estimations de l’APGOA Fernández calcule que, pour la seule région orientale des Asturies « environ 2000 brebis sont mortes, à quoi il faudrait ajouter environ 300 vaches malades et une cinquantaine de mortes ». Rien que chez lui, il chiffre à 106 les brebis mortes dans les derniers mois à cause de la langue bleue.

 

Et il accuse : « sur aucune on n’a fait des prises de sang, et les causes de la mort n’ont pas été certifiées ». Quant aux bovins, il explique qu’il n’y a pas de données officielles « parce qu’on ne fait pas de prises de sang, mais nous avons la preuve de la mort d’animaux ». Manuel Fernández va dans le même sens : sur ses troupeaux à la Vega de Sebarga (Amieva), il enregistre la mort de trois veaux.

 

En ce qui concerne le paiement des indemnisations, le vice-président de l’APGOA annonce le dépôt d’un recours juridique en désaccord avec les critères retenus par la Principauté. « Les barèmes ont été calculés à la louche » accuse-t-il.

L’APGOA a affirmé, hier, que le Conseil à l’Environnement et au Développement Rural ne tient aucun compte de questions comme celles de /la valeur particulière/ des races autochtones, ni des pertes économiques futures auxquelles tout éleveur peut se trouver confronté. Pour Ángel Fernández en effet, même si quelques brebis réussissent à survivre à l’épidémie, « leur capacité reproductrice en sera affectée, et ces agneaux qu’elles ne produiront pas sont des recettes que l’éleveur perdra ». Les éleveurs ne cachent pas non plus leur inquiétude à propos de ce qui va se passer avec les bêtes décédées en montagne ou celles qui n’ont pas été certifiées par les vétérinaires de la Principauté.

 

Le vice-président de l’APGOA dénonce aussi « l’apparition de nombreuses bêtes positives » dans la région orientale au moment où les éleveurs font les prises de sang lors des transactions : « si elles sont positives, on ne peut pas les vendre ; il faut les vacciner et attendre à nouveau 90 jours avant de pouvoir les vendre », il ajoute que cela entraîne « davantage de frais » pour les éleveurs, et juste à l’époque de l’année où il est traditionnel de vendre les veaux pour conclure la période estivale des pâturages de montagne.

 

Texte original:  http://www.lavozdeasturias.es/noticias/noticia.asp?pkid=443063

 

 

 



 

( 1 ) ASAJA= Asiociación Agraria Jóvenes Agricultores. Née en 1989 de la fusion de trois syndicats agricoles, l’association regroupe plus de 200.000 jeunes agriculteurs et les membres de leurs familles qui collaborent à l’exploitation.

( 2 ) Vétérinaire de profession, estimée des milieux agricoles, Tomasa Arce était Vice-Conseillère à l’Environnement et au Milieu  Rural, en charge des problèmes spécifiquement agricoles. Ses désaccords et mésententes avec la Conseillère Belén Fernández étaient un secret de polichinelle. Elle finit par démissionner le 25 mars de cette année .

Comme le rapporta alors El Comercio digital dans son numéro du 26 mars, tous les syndicats agricoles regrettèrent ce départ :

 « Ils ont qualifié cette décision de «  bien mauvais nouvelle pour le secteur », comme l’indique José Calvo, secrétaire général de UCA. « Depuis le début, elle avait le soutien de tous les collectifs majoritaires dans le domaine agricole, parce que nous savons que c’est une personne qui connaît le secteur au ras du sol », ajoute-t-il.

Pour le COAG, Oscar Sirgo indique que « il s’agit d’une perte importante » à cause de la profonde connaissance du secteur agricole dont elle a toujours fait preuve, une caractéristique que souligne aussi le dirigeant de ASAJA, Ramón Artime.

 

Ibo Alvarez était, lui, Directeur Général de l’Elevage pour la Principauté.

 

 

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16.08.2008 : chasse au loup autorisée dans les Asturies

 

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août 2008, chasse au loup autorisée dans les asturies

 

 

L’article de La Nueva España que nous traduisons ci-dessous marque un moment important dans la gestion des problèmes posés par les loups aux éleveurs asturiens : si le nouveau projet du Conseil à l’Environnement et au Milieu Rural est adopté, et il semble qu’il le sera, il deviendra enfin possible aux éleveurs de se défendre vraiment contre les attaques en augmentation constante de ce prédateur.

 

Chargés de présenter chacun une communication lors de l’Université d’été de Cangas de Onís fin juillet dernier, Marie-Lise Broueilh et moi-même avions été invités à participer à la fête des bergers de la montagne de Covadonga, dans le parc des Picos de Europa, et à suivre l’élection du « regidor de pastos », responsable de l’organisation de ces estives.

La Conseillère à l’Environnement et au Milieu Rural, y avait alors annoncé l’élaboration d’un nouveau plan de gestion des loups qui, disait-elle, devrait répondre aux attentes des éleveurs et des bergers. Ceux d’entre eux qui nous accompagnaient restaient un peu sceptiques, au vu des événements des années précédentes.

 

Il semblerait qu’effectivement, le plan tienne ses promesses, mais nous contacterons dès que possible nos amis asturiens pour plus de précision et pour la suite de l’histoire. Il ne faut pas vendre la peau … etc, air connu !

Je ne reviens pas ici sur la réalité d’ensemble du loup dans les Asturies, on trouvera des informations dans le document que je cite en note 1 à la présente traduction.

 

Dernière remarque : qu’il s’agisse des vautours, à propos desquels le Gouvernement espagnol a depuis longtemps reconnu un changement de comportement et les attaques sur le bétail, qu’il s’agisse ici des loups, dans les deux cas l’on ne peut que constater la grande différence de gestion des problèmes par l’Espagne et par la France : rigidité partisane chez nous où le poids excessif des sectes du sauvage pose quand même un réel problème de gouvernance qu’il faudra bien considérer un jour, souplesse et principe de réalité chez nos voisins.

 

Rien n’y est simple non plus, au contraire même à l’heure actuelle, mais peut-être un passé encore récent y a-t-il rendu plus méfiant et plus attentif aux discours à sens unique, et totalitaires …

 

B.Besche-Commenge – ASPAP/ADDIP

16 août 2008

 

 

 La Nueva España – 15 août 2008

 

http://www.lne.es/secciones/noticia.jsp?pRef=2008081500_40_666275__Oriente-Principado-autorizara-batidas-contra-lobo-todo-incluso-epoca-cria

 

La principauté autorisera les battues contre le loup toute l’année, y compris en période de reproduction. Divers groupes écologistes insistent sur l’incompatibilité de cette proposition avec la législation nationale et plusieurs directives européennes.

 

La polémique est lancée. Le Gouvernement de la Principauté se propose d’autoriser les battues au loup tout au long de l’année, y compris en période de mise bas. C’est ce qu’indique le projet du nouveau plan de gestion de cette espèce, rendu public depuis le 25 juillet dernier par le Conseil à l’Environnement et au Développement Rural.

 

En agissant ainsi, l’Exécutif régional répond aux attentes des éleveurs et du groupe de fonctionnaires et experts qui défendent la thèse du plan « Pastores XXI » ( 1 ). En même temps il fait la sourde oreille aux réclamations des groupes écologistes et d’autres fonctionnaires et experts qui agissent pour que le loup soit classé espèce protégée et pour sa conservation. Plusieurs associations écologistes ont annoncé qu’elles porteraient plainte contre le projet qui contrevient à la législation de l’état et à diverses directives européennes, qui prohibent strictement les battues en période de reproduction.

Le plan proposé maintient l’espèce dans une sorte de limbe puisqu’elle continue à n’être ni protégée, ni cynégétique. C’est précisément sous ce statut de l’espèce que s’abritent les autorités régionales au moment de défendre la légalité des battues en période de reproduction. Comme le propose le Conseil, ces battues seront le mode d’action principal contre le loup, mais d’autres méthodes ne sont pas écartées, comme l’affût et le guet, ou la suppression des portées.

 Une des nouveautés les plus significatives du projet est que, pour la première fois, il ne tient plus compte du calendrier dans les opérations de contrôle de le population de cet animal. Jusqu’à présent, comme le recommandent plusieurs directives de l’Union Européenne, la Principauté interdisait d’agir contre ces canidés lorsqu’il neigeait par exemple, ou en période de reproduction. Sauf improbable changement de dernière heure, le nouveau plan permettra au Gouvernement régional d’organiser des chasses quelle que soit l’époque.

 

D’autre part, la Ministre de l’Environnement, Elena Espinosa ( 2 ), a informé hier le Conseil des Ministres des principales lignes directrices du nouveau plan concernant le réseau des parcs nationaux, dans lequel est envisagée la répartition des compétences entre administrations pour le gestion et la conservation des espaces protégés. Le document sera en vigueur pour une période maximum de vingt ans.

/Non traduit, le dernier § de l’article concerne l’action de la Croix Rouge dans la prévention des accidents de montagne/

 

 

 

Cliché: B. Besche-Commenge

 

25 juillet 2008

Fête des bergers sur la montagne de Covadonga

Interview de Alberto Valle (ancien “regidor de pastos”, aujourd’hui retraité – au centre de la photo) par

la délégation pyrénéenne. A sa main droite, la traductrice, Loli Palomares.

 

 

( 1 ) (Les notes sont du traducteur) Pour ce plan “Bergers du XXI° siècle” voir: LA CONSERVATION DES PICOS DE EUROPA A PARTIR DE LA REPRISE DU PASTORALISME TRADITIONNEL - JAIME IZQUIERDO VALLINA - Introduction et traduction : B. Besche-Commenge.

http://www.pyrenees-pireneus.com/Pastoralisme-Ailleurs-Espagne-Cantabriques.pdf

 

 

( 2 ) Exactement “Ministre de l’Environnement, du Milieu rural et de la Marine”. Il s’agit ici de l’ Etat central espagnol. Au niveau des autonomies, et la principauté des Asturies en est une, le pouvoir est assuré par des Conseils, il l’est par des Ministères au niveau national.

 

 

 

 

 

18.09.2008

 

 

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 Tir accidentel d'un chasseur sur Balou : contrairement à ses homologues françaises, le FAPAS - association asturienne qui défend ardemment l'ours cantabrique - reconnait la confusion possible entre ours et sanglier lors de la pratique de la chasse.

 

COMPARAISON ENTRE LA TAILLE D’UN SANGLIER ET CELLE D’UN OURS ADULTE (images FAPAS)

 

  Ours photographié dans le bois       Sanglier photographié dans le bois Images superposées de l’ours et du sanglier

 

Bruno Besche-Commenge réagit, d'abord personnellement ci-dessous, puis dans le cadre d'un travail qu'il avait réalisé pour l'ASPAP/ADDIP ce printemps. La preuve par l'image ...

 

" Sur son site, L. Dollo vient d’écrire ceci :

 

«  Que l'ADET-Pays de l'ours joue le rôle de la vierge outragée devient guignolesque surtout en envisageant de porter plainte contre le chasseur. Il suffit de lire le document de leurs amis du FAPAS pour comprendre qu'il est facile de confondre ours et sanglier.

L'ADET, FERUS, le FIEP et le WWF sont très forts pour diffuser du papier. Il serait peut-être judicieux pour eux de s'inspirer de leurs copains du FAPAS…. Tout simplement pour ne pas sombrer dans le ridicule.

Par ailleurs, compte tenu des liens étroits qui les unissent au FAPAS, ils ne peuvent pas dire qu'ils ignorent l'existence de ce document largement diffusé dans les Asturies »

(http://www.pyrenees-pireneus.com/OURS-AriegeTireChasseurs.htm)

 

En fait, c’est encore pire !

L’ADET connaît très bien la réalité, simplement elle ne rend public que ce qui arrange ses tortueux détours. Elle cache les réalités qui la gênent, sans doute y compris à ses propres adhérents (mais il est vrai je participe assez peu à ses assemblées générales …).

 

Sur le FAPAS, l’ADET s’est soigneusement abstenue de mentionner cet épisode de sa glorieuse histoire : un mois avant le « voyage d’étude » à Somiedo organisé fin novembre 2007 par le Ministère français pour tenter de convaincre de la réussite et de la transposition possible du « modèle asturien », l’ADET était allée préparer ce voyage dans les Asturies.

A l’époque comme aujourd’hui, presque un an après, pas un mot sur son site ! Comme si ce voyage avait quelque chose d’un peu honteux, ou secret, à ne pas trop ébruiter, on les comprend les pauvres : en effet sur quel fond, avec que budget, financé par qui, un tel voyage avait-il alors été organisé ? … Y aurait-il deux poids et deux mesures : cette association, financée par le Ministère et donc nos impôts, pourrait ainsi partir en éclaireur en octobre, et puis s’en revenir dans son antre arbasien pour repartir le mois suivant, l’œil clair et la bouche naïve, et « découvrir » avec les autres participants au voyage un terrain qu’elle aurait gentiment bétonné auparavant ? Deux poids et deux mesures, et vive la démocratie, ils sont mignons tout plein  !

 

Heureusement nous avons quelques amis dans les Asturies, et le FAPAS de son côté n’a rien à faire des petites magouilles « ministéro-adetiennes » de notre doux pays. Aussi le FAPAS a-t-il informé les Asturiens de la visite de nos petits éclaireurs assez peu éclairés, et nos amis nous ont à leur tour informé de cette information. Nous avons traduit et mis en ligne l’article du FAPAS (voir ci-dessous).

 

Nous commentions ensuite quelques unes des informations apportées par le FAPAS, et notamment ce passage: « Bien que la situation dans la Cordillère Cantabrique soit différente parce que, pratiquement, il n’y pas de dégâts sur le bétail, mais surtout sur les ruches, nous avons pu expliquer comment nous travaillons avec les apiculteurs pour prévenir les dommages et comment sont protégés les troupeaux ».

A lui seul, ce bien que (aunque) suffit à expliquer le silence de l’ADET : strictement rien de comparable entre la situation de Somiedo et celle des Pyrénées, comme nous le montrions à partir des chiffres officiels du Gouvernement asturiens, plus d’ovins à Somiedo.

Et cette différence, un autre grand protecteur de l’ours asturien, bien connu lui aussi de l’ADET, la souligne de façon encore plus nette : Palomero García est, dans les Asturies, le Président de la Fondation Oso Pardo. Lors d’une de ses tournées de promotion de l’ours, en décembre 2005, devant le Consorcio de Los  Valles, en Aragon, il insistait déjà sur cette différence radicale avec les Pyrénées : « la principale différence entre Los Valles et la cordillère cantabrique est qu’il n’y a pas d’élevage ovin  ».( 1 ). Faux bien sûr pour la Cordillère mais totalement vrai pour l’emblématique Somiedo.

 

Rappeler ce petit épisode magouilleux de la vaillante histoire de l’ADET – un parmi d’autres dans cette épopée de salle de bain, pour rester poli – n’est sans doute pas tout à fait inutile à l’heure où son scribe salarié (on gagne sa vie comme on peut) se répand en bave fielleuse contre les éleveurs frappés par l’épidémie de fièvre catarrhale (c’est la façon dont, chez les scribes, on pratique ce vieil adage: “on ne tire pas sur une ambulance”, mais l’ADET c’est des mercenaires, rien à voir avec une armée régulière), et convoque la ban et l’arrière ban des juges français contre un malheureux chasseur qui n’a jamais été que victime d’une confusion que le FAPAS lui-même explique: c’est là toute la différence entre ceux qui connaissent la nature, et ceux qui s’en servent pour “croûter”, ou pour la promotion de leur petit ego personnel …

 

  

P.S.: là, je m’adresse à la DIREN Midi-Pyrénées, aux Inspecteurs de l’Environnement qui organisèrent le voyage “public” (pour l’autre …) et au Ministère au dessus: j’aimerais bien quand même qu’on m’expliquât d’où sortait le pognon du pré-voyage. De la poche personnelle des touristes  en question? Du budget de leur association de salle de bain, mais qui l’abonde? Et alors pourquoi eux et pas l’ADDIP?

 Bruno Besche-Commenge (je n’engage ici ni l’ASPAP, ni l’ADDIP).

 

Comme nous l'indiquons en tête de cet article,  Bruno Besche-Commenge avait déjà réalisé un travail pour l'ASPAP et l'ADDIP sur la situation dans les Asturies ce printemps. Une population importante d'ours y vit. L'hiver dernier, les ours n'avaient pas hiberné, cherchant leur nourriture sur des territoires et au moment où se pratique la chasse en battue au sanglier. Le voici.

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B. Besche-Commenge – ASPAP/ADDIP

A la fin de l’hiver 2000, le FAPAS (Fonds Asturien de Protection des Animaux Sauvages) publiait ce constat: dans les Asturies, les ours n’hibernaient plus. Affamés faute de nourriture disponible en cette saison, les femelles rôdaient accompagnées de leur petit de l’année, on avait observé une très intense activité des adultes

parcourant les montagnes à la recherche de nourriture. Ajoutons que les journaux asturiens, au cours de l’hiver, avaient même fait état d’ours venus aux portes d’Oviedo, la capitale de la Principauté. Selon le FAPAS, deux problèmes majeurs pour les ours dans ce contexte anormal :

 1) – depuis 2001, suite à la maladie dite “de la vache folle”, en obligeant à retirer et incinérer les cadavres de bétail mort en montagne l’Union Européenne “créait une situation de risque pour la survie des ours, et les obligeait à augmenter spectaculairement les dégâts sur les ruches”: moyenne des attaques annuelles avant 2001 = 35, après 2001 = 117.

2) – l’errance anormale des ursidés les amenait à fréquenter les zones où, à ces dates, les battues au sanglier sont traditionnellement organisées, ce qui « augmentait les risques pour la survie des ours ».

Le FAPAS proposait alors une sorte de document pédagogique montrant comme il était très facile de confondre les deux animaux. Nous traduisons uniquement ce passage de l’article du FAPAS, suivi de l’original en castillan, texte complet à : http://www.fapas.es/notifapas/hoy/2008/20080324_osos_no_invernan.htm

B.Besche-Commenge – ASPAP/ADDIP

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FAPAS aujourd’hui – 24 mars 2008

OURS QUI NHIBERNENT PAS : RISQUE POUR LEUR SURVIE ET DISPARITION DES RESSOURCES ALIMENTAIRES

Un changement de comportement aussi important que de rester en activité tout l’hiver, entraîne des risques graves pour la survie des ours. Normalement en effet, ils restent alors endormis dans leurs grottes et ne parcourent pas montagnes et forêts en cette période d’intense activité cynégétique.

Les zones à ours cantabriques coincident en grande partie avec celles où chaque hiver sont organisées des centaines de battues au sanglier. La présence des ours dans ces zones est considérée comme l’un des risques majeurs pour leur survie : en effet, la possibilité est très grande qu’un chasseur tire sur un ours en le confondant avec un sanglier.

Le FAPAS procède au contrôle de la population d’ours grâce à des appareils photos à déclenchement automatique placés dans les zones où ils vivent ; ce contrôle a permis de découvrir de nombreux aspects ignorés de leur écologie, comme de celle d’autres animaux.

Ours et sangliers se retrouvent sur les mêmes territoires, et bien souvent leur taille est similaire comme on peut s’en rendre compte sur les images captées par nos appareils.

COMPARAISON ENTRE LA TAILLE D’UN SANGLIER ET CELLE D’UN OURS ADULTE

  Ours photographié dans le bois       Sanglier photographié dans le bois Images superposées de l’ours et du sanglier

   

 

 

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24.10.2008 

 

 

 

Après l'attaque sans précédent d'une ourse slovène sur un chasseur espagnol, le gouverneur Frances Boya demande le retrait de tous les ours présents en Val d'Aran.

Le communiqué de l'ADDIP, Association pour le Développement Durable de l'Identité des Pyrénéees

La Déclaracion del Pirineos, par laquelle le Val d'Aran a refusé catégoriquement le programme français d'introduction d'ours slovènes. Traduction B.Besche-Commenge

►La traduction de deux articles espagnols suite à cet évènement 

La brochure " les ours et les gens" : comment se déplacer en sécurité au pays des ours, éditée par les Parcs Nationaux Canadiens.

La revue de presse franco-espagnole suite à cet évènement

 

L'ADDIP communique

Lès, Espagne. Après l’attaque de l’ourse slovène Hvala sur un chasseur, le Président du Conseil Général du Val d’Aran demande le retrait des ours présents sur son territoire.

 

Le Conseil de l’Environnement de l’autonomie de Catalogne a déploré l’attaque d’ours dont a été victime un chasseur ce jeudi 24 octobre à Lès, commune du Val d’Aran située à quelques kilomètres de la frontière française. Le conseil indique qu’il s’agit de l’ourse Hvala, femelle slovène lâchée à Arbas en France en mai 2006, identifiée par son émetteur satellite.

 

Lluis Turmo, 72 ans, témoigne : « j’étais silencieux, en poste avec mes chiens. Un grand ours brun est passé devant moi, à quatre mètres à peine de distance. Il s’approchait et j’ai crié pour l’effrayer. L’ours n’a pas eu peur. Il s’est jeté sur moi, j’ai protégé mon visage mais ses griffes ont traversé mes vêtements et je suis tombé à terre. J’ai tiré deux coups de feu en l’air alors que l’ours me mordait la jambe à travers ma botte ; il a alors lâché prise et s’est éloigné ». Alertés par le bruit, les 4 autres chasseurs ont accouru au secours de leur ami : conduit à l’hôpital, il s’en sort avec 15 points de suture au bras et au mollet, et un plâtre à l’avant-bras.

 

Côté français, l’Etat s’est toujours montré confiant en « la crainte naturelle de l’ours brun envers l’homme » : « si vous rencontrez un ours à courte distance (- de 50 m), éloignez-vous progressivement, en vous écartant du trajet qu’il pourrait emprunter dans sa fuite ... sans courir ». « On peut par contre, se faire identifier, tout simplement en parlant. L'ours quittera ainsi le secteur. »

 

La population du Val d’Aran, et plus globalement des Pyrénées devra-t-elle apprendre la langue slovène pour que chasseurs, promeneurs, éleveurs, habitants et tous les usagers de la montagne puissent parler poliment aux ours slovènes importés par la France ?

 

Côté français, pour l’ADDIP-Coordination Pyrénéenne (2)  qui n’a de cesse d’alerter l’Etat, ce troisième accident en trois mois seulement n’est pas une surprise :  août 2008, collision entre un ours et un minibus en Ariège ; septembre 2008, un accident de chasse blesse l’ours Balou ; octobre 2008, une ourse attaque un chasseur. L’Etat français a choisi de faire des Pyrénées une grande réserve, en refusant de reconnaître qu’elles sont un territoire ouvert, humain, très fréquenté : plus le nombre d’ours augmente, plus les problèmes vont se multiplier.

 

- Sait-on du côté espagnol des Pyrénées que la France vise « une population d’ours viable », que les scientifiques estiment à 150 ours minimum ?

 

- Sait-on en Espagne que dans son rapport « 2007, conservation et gestion de l’ours brun en Slovénie » le ministère slovène de l’Ecologie constatait :  « les cas de dommages causés par les ours, et le nombre de conflits avec les humains augmentent. La perception de l’espèce est donc en train de devenir négative. Ces dernières cinq années, plusieurs incidents sérieux ont été enregistrés concernant des attaques d’ours sur des personnes, suivies de graves blessures ».(2)

 

- Sait-on en Espagne que malgré un soulèvement populaire sans précédent d’un bout à l’autre des Pyrénées françaises, le ministère de l’Ecologie a lancé en 2008 un « groupe national ours » pour étudier une nouvelle introduction d’ours slovènes en 2009 ?

 

En Espagne, l’accident prend une dimension nationale : le Ministère central de l’Environnement à Madrid a du organiser un rendez-vous d’urgence la semaine prochaine avec les autorités catalanes et aranaises.  La presse se fait l’écho de vives critiques vis-à-vis du plan d’introduction d’ours slovènes de l’Etat Français, qualifié de « fracaso » (échec).

 

Ainsi Carlos Barrera, ancien syndic (président) du Conseil Général du Val d’Aran s’est exprimé après avoir  rendu visite au chasseur malheureux, mais bien conscient d’avoir échappé au pire : « que se serait-il passé si au lieu d’un chasseur il s’était agi d’un cueilleur de champignon ou d’un randonneur ? Il faut localiser l’ourse puis la renvoyer en Slovénie. Une autre option serait de la lâcher ... sur les Champs Elysées à Paris”.

 

Francès Boya, député du parlement de Catalogne et nouveau Président du Conseil Général « rappelle que jusqu’alors les ours réintroduits par l’administration française avaient attaqué essentiellement des brebis et des animaux de ferme. Mais aujourd’hui, il y a un grand changement, et cette attaque doit conduire à reconsidérer la poursuite de ces réintroductions, et à retirer les spécimens qui sont en liberté ». Rappelons que le Val d’Aran avait en 2006, dans sa «Déclaration des Pyrénées», exprimé son opposition catégorique à la réintroduction de l’ours brun dans les Pyrénées. (3)

 

Quant à l’ADDIP, coordination pyrénéenne(2), sa motion « pour des Pyrénées Vivantes et Préservées » continue à recueillir des signatures dans tous les départements des Pyrénées.

 

Le Conseil Général du Val d’Aran  ne compte pas en rester là. Il prépare une motion qui sera soumise mardi prochain à la population. Et dans laquelle il devrait demander des comptes, et des résultats, à l’Etat français. Une opération « Hvala » est tentée aujourd’hui, avec l’appui logistique de la Généralité de Catalogne (hélicoptère et forces humaines) pour tenter de localiser l’ourse et éventuellement de la capturer.

 

La France, « l’exception française », par sa surdité chronique a été le seul pays d’Europe à récidiver après une première introduction d’ours qui s’est révélée un échec humain, social et économique. Elle s’expose aujourd’hui, en même temps que l’augmentation du nombre d’ours franco-slovènes, à voir « la guerre de l’ours » française traverser la frontière aussi facilement et rapidement que Hvala et ses congénères.

 

 

 

(1) La Coordination Pyrénéenne – ADDIP  regroupe sur tout le versant français les associations, élus, syndicats agricoles et structures opposées au plan d’introduction d’ours slovène. Refusant l’ensauvagement programmé des territoires au moyen de l’ours et du loup, l’ADDIP défend des Pyrénées humaines, préservées et vivantes, pour « une biodiversité à visage humain ».

ASPAP 09 Association pour la Sauvegarde du Patrimoine d’Ariège-Pyrénées 06 30 29 90 86

ADIP 31 Association pour le Développement de l’Identité des Pyrénées 06 19 65 17 47

ASPP65 Association pour la Sauvegarde du Patrimoine Pyrénéen : 06 26 81 29 53

FTEM 64 Fédération Transpyrénéenne des Eleveurs de Montagne : 06 08 57 41 46

 

(2) Voir, la traduction du document slovène, original en anglais, « The brown bear conservation and management in Slovenia (Long version) »  dans  le Bilan à mi-parcours de l’ADDIP à propos du plan-ours, page 31 : « « Les cas de dommages causés par les ours, et le nombre de conflits avec les humains augmentent. La perception de l’espèce est donc en train de devenir négative. Ces dernières cinq années, plusieurs incidents sérieux ont été enregistrés concernant des attaques d’ours sur des personnes, suivies de graves blessures ».

http://www.aspap.info/contenu/addip.htm?#bilan-addip

 

(3) Déclaracion de los Pirineos à télécharger ici

 

Plus d’information sur les sites

 

http://www.aspap.info

http://www.aspp65.com

http://www.pyrenees-pireneus.com/Ours_des_Pyrenees.htm

http://www.pyrenees-pireneus.com/OURS-Espagne-Aran.htm

 

 

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revue de presse

Attaque de Hvala en Val d'Aran : toute le presse espagnole s'est donnée rendez-vous en Val d'Aran

Plus d'articles ici ... sur le site ami de l'Aspap pyrenees-pirineus

http://www.elperiodico.com/default.asp?idpublicacio_PK=46&idioma=CAS&idnoticia_PK=555650&idseccio_PK=1050

 

24/10/2008 – 20h 50 – Attaque dans le bois de Les

 

LA GÉNÉRALITÉ DE CATALOGNE COLLABORERA À LA CAPTURE DE L’OURSE QUI A ATTAQUÉ UN CHASSEUR

Toute la journée les agents ruraux du Val d’Aran ont participé à des battues qui reprendront demain avec l’appui d’un hélicoptère

 

 

Video du chasseur attaqué

 

EFE/LERIDA

 

Le département de l’Environnement de la Généralité a confirmé qu’il collaborerait demain  avec le Conseil Général d’Aran à la capture de l’ourse Hvala qui a attaqué hier un chasseur dans le bois de Les, le blessant à un bras et à une jambe. Le chasseur, Luis Turno, 72 ans, a eu plusieurs points de suture. Des sources du Conseil catalan à l’Environnement ont expliqué que le Conseil travaillerait à cette capture en coordination avec le gouvernement du Val d’Aran, dans le seul but de connaître l’état sanitaire de l’ourse.

Le gouvernement catalan n’a pas indiqué ce qu’il ferait ensuite de l’animal. Les techniciens de l’Environnement craignent que l’ourse ne soit blessée, ce qui expliquerait l’attaque, alors que le programme de réintroduction de l’ours dans les Pyrénées catalanes est en marche depuis 12 ans et qu’aucune attaque n’avait jamais eu lieu.

 

On recherche deux oursons

 

En outre, la Généralité voudrait voir si deux oursons, Pollen et Bambou, ne se trouveraient pas à côté de Hvala, une ourse slovène âgée de 6 ans, qui pèse environ 100 kilos, et a été réintroduite en 2006.  Les mêmes sources ont expliqué : « Nous collaborerons à sa recherche, et quand nous la trouverons nous l’endormirons, mais nous ignorons ce que nous en ferons ensuite ».

 

Réunion prévue lundi prochain

 

L’avenir de l’ours se décidera lundi prochain, lors d’une réunion qui regroupera des représentants de la Généralité, du Ministère espagnol de l’Environnement, et le Syndic d’Aran, Francesc Boya, à la demande de ce dernier.

Boya a demandé hier au parlement catalan que tous les ours soient retirés du Val d’Aran pour éviter de nouvelles attaques. Toute la journée, les agents ruraux du Département de l’Environnement du Conseil Général d’Aran ont travaillé à chercher l’ourse, les recherches reprendront demain avec l’appui d’un hélicoptère.

D’après ce que prévoit ce Département,  une quinzaine de personnes pourraient participer aux recherches, agents ruraux de l’Aran, de la Généralité, et techniciens du gouvernement français.

 

 

Commentaires à l’article - 127 commentaires

 

/Comme en France, les partisans des réintroductions interviennent avec le même argumentaire, ces deux exemples recoupent toutes les interventions:

 

« Pourquoi ne font-ils pas une battue contre les chasseurs et ne laissent-ils pas en paix cette pauvre bête qui n’a fait que se défendre, chez elle, d’une agression avec arme à feu ? »

 

« Ceux qu’on devait sortir du bois, ce sont les chasseurs et tous ceux qui font du mal à la faune. Qu’ils laissent tranquilles l’ourse et toutes les bestioles. Elles, elles ne sont pas remontées contre nous. Dehors les chasseurs ! Qu’est-ce que tu ressens à tuer des animaux sans défense ? »

 

Et, pour les autres :

 

« Mon message s’adresse à une grande partie d’entre vous, parce que, pour ce que j’ai lu, aucun de vous n’a le cran de dire qu’il n’habite pas le Val d’Aran. Alors c’est facile de dire une telle quantité d’ânerie sans connaître le territoire ni les façons de vivre des gens sur ce territoire.

Tenez compte de ce que nous sommes, et un peu moins du Canada, de Barcelone, et de trucs qui épatent, c’est tout ce que vous savez écrire. Le seul ours que vous ayez vu, ça a été le matin, au saut du lit, dans votre miroir, avant de courir attraper le métro ».

              

« Moi, je demanderai au gouvernement français qu’ils lâchent des ours au Tibidabo, et des loups au Parc Güell, parce qu’au Moyen-Age il y en avait » / Tibidabo : parc d’attraction et point le plus élevé de Barcelone, très belle vue sur la ville et le port.  Parc Güell : réalisé par Gaudí, le plus célèbre des parcs de Barcelone est aujourd’hui inscrit par l’UNESCO au patrimoine mondial de l’humanité/

 

«  Flanquer l’ours sur les ramblas de Barcelone, c’est là qu’il y a la jungle, et laisser les gens du pays tranquilles. J’aimerai voir la photo d’un « pixapin » /sobriquet donné aux Barcelonais/ dans la bouche d’un petit ours »

 

« J’ai honte en lisant certaines opinions de lecteurs. Et si on lâchait un ours chez vous, en plein Barcelone, quelle opinion auriez-vous de votre gouvernement chéri ? C’est ce qui s’est passé au Val d’Aran. Nous ne sommes pas contre l’ours. Ce qui nous semble mal, c’est que tu ne puisses pas te promener dans le bois à la recherche de champignons par peur d’être attaqué. Vous, quand vous vous promenez sur le Maremagnum, à la Ciutadella etc. si vous vous trouviez nez à nez avec un ours on verrait si vous écririez les commentaires sur l’espèce en extinction, les chasseurs ivres etc. »

 

« Qu’ils capturent l’ours, qu’ils se le reprennent en France, et qu’ils se le mettent où ils veulent. Il ne faut pas oublier que l’ours vivait tranquillement en Slovénie, que les Français l’ont capturé, et l’ont ensuite abandonné dans les Pyrénées pour qu’il morde les Catalans. Chasseur mordu : attaque la France en justice pour voir ce qu’ils disent »

 

 

TRADUCTION : B.Besche-Commenge – ASPAP/ADDIP

 

 

25/10/2008 – 17h 17 –BATTUE DANS LE BOIS

Au Val d’Aran, les gardes forestiers localisent l’ourse qui a attaqué un chasseur

 

http://www.elperiodico.com/default.asp?idpublicacio_PK=46&idioma=CAS&idnoticia_PK=555923&idseccio_PK=1021

Des forestiers préparent la carabine avec la flèche

anesthésiante Photo : Nurya Pujol

 

Un récepteur électrique avec une puce d’identification a permis de délimiter la zone de recherche. Quand l’ourse sera capturée, elle sera transportée au centre de protection de Arties ou de Vallcalent.

 

Dans le but de capturer l’ourse Hvala un garde forestier charge une arme avec un anesthésiant Photo : EFE/Laurent Dominique

 

EFE – Barcelone

 

Les gardes forestiers ont réussi à localiser l’ourse Hvala qui a attaqué un chasseur jeudi dernier dans un bois du Val d’Aran, et se préparent à la capturer au moyen d’une flèche anesthésiante ou d’un piège.

Selon des sources de l’Environnement, une trentaine de gardes forestiers de la Généralité de Catalogne et du Conseil Général d’Aran ont participé à cette battue, coordonnés par un biologiste, et avec l’appui d’un hélicoptère qui a survolé le bois de Portet où l’attaque s’est produite.

L’ourse a pu être localisée grâce à la puce d’un récepteur électrique qui a permis de délimiter le périmètre dans lequel elle se déplace, mais des heures et même des jours peuvent passer avant qu’on ne réussisse à la capturer au moyen d’une carabine qui tire des flèches d’anesthésiant ou d’un piège. Elle sera ensuite transportée au centre de protection d’Arties (Val d’Aran) ou de Vallcalent (comarque de Segria), dans la Province de Lerida.

 

 

 

 

Le Syndic d’Aran demande qu’elle soit retirée

 

Dans ses déclarations à la presse, Francesc Boya, le Syndic d’Aran, a bien précisé : « il ne s’agit pas d’une battue parce que les chasseurs n’y participent pas », et il a rappelé que la capture est placée sous le contrôle d’une équipe technique. Boya a insisté sur la nécessité d’expulser du Val d’Aran les ours réintroduits dans les Pyrénées en 1996 parce que, pour lui : « ils attaquent les gens et génèrent un sentiment de crainte dans la population ». De fait, un groupe de chasseurs du Val d’Aran avaient menacé de s’occuper eux mêmes de cette capture si les autorités ne s’en chargeaient pas.

Une fois qu’ils auront capturé Hvala, les techniciens de l’Environnement étudieront les raisons pour lesquelles elle a attaqué le chasseur, et si cette agression ne s’explique pas par le fait qu’elle ait été blessée.

 

TRADUCTION: B.Besche-Commenge – ASPAP/ADDIP

 

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Déclaration des Pyrénées

 

Le Gouvernement du Val d'Aran s'est opposé vivement au programme d'introduction d'ours slovènes en 2006. Après un premier travail de fond avec les associations d'éleveurs et les représentants des populations du Val d'Aran, le gouverneur a tenu à associer le versant français des pyrénées à cette déclaration solennelle. L'ASPAP était présente, il nous semble important de vous faire connaître aujourd'hui ce document qui prend d'autant plus de valeur et d'acuité à la lumière des derniers évènements en Val d'Aran.

 

LA DECLARATION DES PYRENEES

 

( Traduction – Original en castillan)

 

A télécharger ici en pdf

 

Les soussignés, représentants élus des territoires, entités locales, entités des Assemblées de Vallées, élus d’associations locales comme d’associations d’éleveurs, manifestent leur accord avec la présente «Déclaration des Pyrénées», qu’ils signent au Val d’Aran, dans le cadre de la «Journée de travail sur la présence et la réintroduction de l’ours brun dans les Pyrénées»:

 

1 - Nous exprimons notre opposition catégorique à la réintroduction de l’ours brun dans les Pyrénées, réintroduction organisée par les Gouvernements français, espagnol et andorran.

 

2 - Nous tenons aussi à critiquer la complicité du Gouvernement espagnol et des Gouvernements des Communautés autonomes pour avoir accepté les nouvelles réintroductions d’ours slovènes. Nous dénonçons le fait qu’ils agissent en cela contre les intérêts des Pyrénéens, et font preuve d’un manque total de respect à l’égard des institutions des représentants élus du territoire, des professionnels de l’élevage et des autres secteurs socio-économiques.

 

3 - En liaison directe avec les articles précédents, nous exigeons que soient créés des mécanismes de participation réelle de tous les représentants élus du territoire pyrénéen, afin de traiter de toutes les questions ayant pour cadre notre massif.

 

4 - Nous dénonçons le comportement du Gouvernement français qui, lors des premières réintroductions d’ours, a caché la situation sanitaire. Cette situation pose de sérieux problèmes de santé publique à la fois pour les hommes, et pour les races d’animaux domestiques et la faune sauvage autochtones qui sont les véritables valeurs de la biodiversité pyrénéenne. Nous ne connaissons qu’une partie de cette situation sanitaire, mais nous exigeons de connaître toute la vérité scientifique.

 

5 -  Nous exprimons notre intention d’engager la responsabilité juridique de l’Etat français, propriétaire des ours slovènes réintroduits, responsabilité qui s’étend aux autres administrations qui coopèrent à ces réintroductions: Etat espagnol, Communautés autonomes, Andorre et Europe.

 

6 – Nous tenons à réaffirmer publiquement que, sans la volonté des habitants des Pyrénées, aucun programme ne sera viable, qu’il concerne la préservation, la conservation, et, à plus forte raison, la réintroduction des ours.

Les premières réintroductions ont déjà été un échec social; sans la volonté ni l’acceptation des populations, il en sera de même de celles actuellement prévues. Le massif pyrénéen exige un véritable accord au niveau institutionnel, qui s’engage à respecter la légitime propriété dont jouissent ses habitants sur leur territoire, expression de notre identité, notre personnalité et notre culture: une souveraineté authentique qui implique notre propre gestion de notre territoire.

 

7 - Nous en appelons aux organismes politiques et institutionnels transfrontaliers des Pyrénées, afin qu’ils reconnaissent les authentiques  protagonistes et représentants des territoires.

 

8 – Pour défendre ces positions et pour donner une forme concrète à ces exigences des Pyrénéens, nous décidons de constituer comme mouvement de base une “Entité permanente de travail”, dont le siège est fixé au Val d’Aran, avec pour mission de mettre en forme et de réaliser des actions communes.

 

Val d’Aran, le 31 mars 2006

 

SIGNATAIRES  /Page suivante, encadré rouge, les représentants français de l’ASPAP 09/

 

 

 

 

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Brochure sécurité ours

 

 

Les Parcs Nationaux Canadiens ont édité une brochure à l'intention du grand public amené à se déplacer "au pays des ours"

(Texte reproduit plus lisiblement ci-dessous)

La liste des recommandations appelle de nombreuses questions :

Les habitants des Pyrénées doivent t-ils au quotidien se soumettre aux mêmes règles de sécurité ?

Nous invitons tous les vacanciers et amoureux des pyrénées à consulter ce document,

et à nous donner leur sentiment par mail ici ...

... à la fois sur ce vous attendez de votre séjour dans les Pyrénées, 

sur ce que vous inspire une rencontre potentielle avec l'ours ...

Téléchargez la version imprimable ici ...

Voici le texte de cette brochure ...

1) Les attaques par les ours sont rares

Les attaques par les ours sont rares. En général, les animaux sauvages préfèrent éviter les êtres humains, et les ours ne font pas exception à la règle. La plupart des rencontres fâcheuses entre les ours et les êtres humains surviennent lorsque l'ours transforme son comportement naturel, qui consiste à éviter l'être humain, pour devenir agressif, et ce, pour les raisons suivantes :

  1. Il a été surpris.
  2. Il protège ses petits ou sa nourriture.
  3. Il a été attiré par l'odeur de nourriture ou d'autres odeurs semblables.
  4. Il a été provoqué par un chien.
  5. Il s'est habitué à l'être humain de sorte qu'il en a perdu sa crainte naturelle.

Nous vous présentons ici des lignes directrices sur la sécurité au pays des ours. Il est difficile de prévoir le comportement de lours parce qu'il s'agit d'un animal complexe. Les ours sont tous différents, et ils réagiront différemment dans des situations différentes. Les renseignements qui suivent vous permettront de savoir ce qu'il faut faire pour éviter une rencontre fâcheuse avec un ours et comment il faut réagir si une de ces rencontres se produit.

Parcs Canada recommande de transporter un vaporisateur à gaz poivré en tout temps.

Vaporisateur à gaz poivré

Les résultats de recherches indiquent que les vaporisateurs peuvent être efficaces lorsqu'ils sont utilisés adéquatement. Si vous comptez vous munir d'un tel dispositif, sachez que le vent, la distance de l'animal, la pluie et la durée de conservation du produit peuvent tous agir sur son efficacité. Lisez attentivement les instructions de la canette et gardez-la à portée de la main. Le meilleur moyen de vivre en sécurité au pays des ours consiste encore à éviter tout contact avec eux.

2) La meilleure chose à faire... ÉVITER les rencontres

L'activité humaine produit un grand effet de stress sur les ours. Vous pouvez aider à protéger ces animaux en évitant toute rencontre avec eux.

Faites du bruit!
Soyez à l'affût des signes de la présence récent d'un ours
Tenez votre chien en laisse en tout temps
Déplacez-vous en groupe
Ne vous approchez jamais d'un ours. (Tenez-vous toujours à une distance d'au moins 100 mètres.)

  • Faites du bruit! Avertissez les ours de votre présence. Parlez très fort, tapez des mains, chantez - surtout près des cours d'eau, dans des zones de végétation dense, dans les régions où les baies sont abondantes, dans les secteurs venteux et dans les endroits où la visibilité est faible. (Des études révèlent que le bruit des clochettes ne suffit pas à éloigner les ours.)
  • Soyez à l'affût des signes de la présence récent d'un ours des empreintes, des excréments, des mottes de terre retournées, des troncs d'arbre déchiquetés et des roches déplacées sont tous des signes indiquant qu'un ours a traversé un secteur. Quittez le secteur si vous voyez des traces fraîches.
  • Tenez votre chien en laisse en tout temps ou laissez-le à la maison. Les chiens peuvent amener un ours à adopter un comportement de défense.
  • Les grands groupes risquent moins d'avoir une rencontre malencontreuse avec un ours. Il est recommandé de se déplacer en groupe serré de quatre personnes ou plus. Ne laissez jamais vos enfants s'éloigner de vous.
  • Empruntez les parcours et les sentiers balisés et déplacez-vous lorsqu'il fait jour seulement.
  • Si vous trouvez sur votre passage des carcasses de gros mammifères, quittez le secteur immédiatement et signalez votre découverte aux gardes de parc.
  • Déposez les déchets de poisson dans des cours d'eau au débit rapide ou dans la partie profonde d'un lac, et non sur la rive.

 

3) Si vous RENCONTREZ un ours

Demeurez calme.
Prenez votre vaporisateur à gaz poivré.
Parlez à l'ours.
Éloignez-vous lentement à reculons.
Il ne faut JAMAIS courir.

  • Demeurez calme et n'alarmez pas lours en criant ou en faisant des mouvements brusques. Votre calme peut le rassurer. Il arrive que les ours se défilent en faisant semblant de charger, pour battre en retraite au dernier instant. Il se peut aussi qu'ils soient sur la défensive et qu'ils grognent, qu'ils grondent, qu'ils claquent la mâchoire et qu'ils tendent les oreilles vers l'arrière. Si un ours réagit de cette façon, il importe que vous demeuriez calme, même si cela est difficile. Un cri ou un mouvement brusque pourrait l'inciter à attaquer.
  • Parlez à lours. Faites en sorte qu'il entende votre voix - parlez d'une voix calme et ferme pour qu'il sache que vous êtes un être humain et non une proie. Si l'ours se dresse sur ses pattes arrière et quil semble humer l'air, cest parce qu'il tente de vous identifier.
  • Éloignez-vous lentement à reculons et résistez à l'envie de courir! En courant, vous pourriez inciter lours à vous poursuivre. L'ours court aussi vite que le cheval, à la montée comme à la descente.
  • Rendez-vous moins vulnérable - prenez les petits enfants dans vos bras et demeurez en groupe.
  • Ne déposez pas votre sac à dos à terre. Il pourrait servir à vous protéger.
  • Donnez toujours à l'ours une issue possible.

Le personnel des centres d'accueil peut vous indiquer les endroits où des ours ont été aperçus récemment et les secteurs d'accès interdit, vous transmettre les derniers avertissements et vous donner des conseils pour accroître votre sécurité.

4) Si un ours vous ATTAQUE

La plupart des rencontres entre les êtres humains et les ours se terminent sans blessures. Vous pourriez avoir de meilleures chances de survie en suivant les lignes directrices ci-dessous. En général, deux types d'attaques peuvent se produire :

DÉFENSE

  • Comportement de l'ours
    L'ours se nourrit, protège ses petits ou est surpris par votre présence. Il vous attaque parce qu'il voit en vous une menace.
  • Servez-vous de votre vaporisateur à gaz poivré.
  • Si l'ours entre en contact avec vous : FAITES LE MORT!

FAITES LE MORT. Mettez-vous face contre terre, les jambes écartées et croisez-vous les mains sur la nuque. Vous vous protégerez ainsi le visage, la tête et la nuque, et il sera plus difficile à l'ours de vous retourner. Demeurez immobile jusqu'à ce que vous soyez sûr que l'ours a quitté le secteur.

Ces attaques durent généralement moins de deux minutes. Si l'attaque se poursuit, il se peut que l'ours ne se défende plus mais qu'il cherche plutôt une proie - défendez-vous!

PRÉDATION

  • Essayez de fuir, de préférence vers un bâtiment, une voiture ou un arbre.
  • Si ce n'est pas possible, NE FAITES PAS LE MORT.
  • Vaporisez l'ours de gaz poivré et défendez-vous!

DÉFENDEZ-VOUS! Essayez d'intimider l'ours : criez, frappez-le à l'aide dune branche ou d'une pierre. Faites tout ce qu'il faut pour que l'ours comprenne que vous n'êtes pas une proie facile. Ce genre d'attaque est très rare, mais elle peut avoir des conséquences très graves, car elle signifie souvent que l'ours cherche de la nourriture et qu'il veut faire de vous sa proie.

La vérité? Il est très difficile de prédire la meilleure stratégie à adopter en cas d'attaque. C'est pourquoi il est si important de bien réfléchir et de faire tout en son possible pour éviter de rencontrer un ours.

5) Camping dans l'arrière-pays

Pour que vous puissiez assurer votre sécurité tout en protégeant la faune et la flore, deux objectifs doivent dicter votre conduite dans l'arrière-pays : limiter les impacts en évitant des conflits et s'occuper de la nourriture, des odeurs et des déchets.

  • Campez dans les endroits désignés là où il y en a. Si vous faites du camping sauvage, préparez vos repas, mangez et rangez vos provisions à au moins 100 mètres de votre tente, dans la direction du vent. Installez-vous là où la visibilité est bonne, de sorte que les animaux ne puissent pas s'approcher sans que vous les voyiez. Évitez de camper, cuisiner ou manger près de cours d'eau, de fourrés épais, de pistes d'animaux ou de buissons de baies.
  • Éliminez toutes les odeurs, sur votre corps et dans votre emplacement de camping. Enlevez toute nourriture et boisson de votre tente et faites en sorte que votre sac de couchage, votre tente et les vêtements que vous portez pour dormir ne dégagent pas d'odeur.
  • Laissez vos produits de beauté parfumés à la maison entreposez vos articles de toilette et vos effets personnels avec votre nourriture.
  • Servez-vous de contenants à l'épreuve des ours pour ranger votre nourriture et vos déchets. Leur usage est obligatoire dans certains parcs nationaux du Nord pour quiconque séjourne dans l'arrière-pays.
  • Rangez votre nourriture, la nourriture de vos animaux et vos déchets loin de votre tente. Suspendez le tout entre deux arbres à au moins 4 mètres du sol et 1,3 mètre des branches et du tronc.
  • Nettoyez et rangez vos plats et ustensiles tout de suite après les repas. Filtrez l'eau de vaisselle pour en enlever les restes de nourriture et rangez ceux-ci avec vos déchets. Jetez l'eau de vaisselle dans les endroits désignés ou à au moins 100 mètres de l'endroit où vous dormez.
  • Ramenez vos déchets ne les brûlez pas et ne les enfouissez pas. Rangez-les comme vous le faites avec votre nourriture.

Les perches à ours dans l'arrière-pays assurent que les provisions et les déchets demeurent hors de la portée des ours et des autres animaux.
Emplacement de camping de l'arrière-pays
© Parcs Canada

 

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06.12.2008

Plusieurs associations travaillent activement  à la "récupération"

du patrimoine musical chanté et dansé traditionnel d'ARAN. Partagé avec le village des plus jeunes jusqu'au anciens,

cet héritage vivant se renouvelle par la création de nouvelles chansons, et crée un nouveau patrimoine ...

Ici la fête de Sant Joan, où Eth Haro embrase le ciel pyrénéen, au solstice d'été.

Cliquez pour lancer la vidéo.

 

Samedi 6 décembre 2006 Les, Pyrénées Espagnoles. Le Val d'Aran fait se rencontrer les montagnes espagnoles et françaises.

 

Après l’attaque de l’ourse slovène Hvala subie par un habitant d’Aran, le Syndic (gouverneur) d’Aran  fera se rencontrer les montagnes de France et d’Espagne le Samedi 6 décembre à Lès.

 

Opposés dès 2006 au plan d’introduction d’ours français, les autorités du Val d’Aran, en Espagne, lanceront une plateforme de travail transfrontalière le samedi 6 décembre à Lès, près de la frontière française.

 

Depuis que l’ourse Hvala, femelle slovène introduite en France, y a blessé un chasseur le 23 octobre, cette petite commune fait les feux de l’actualité dans toute la presse espagnole.

 

C’est à Lès que Francès X. Boya, Syndic d’Aran, a choisi d’inviter les associations, dont l’ADDIP et nos 4 associations pyrénéennes,  les élus et représentants des deux versants des Pyrénées « à défendre ensemble un projet d’avenir qui nous soit propre, qui ne peut en aucune façon être basé sur une régression de nos montagnes à l’état sauvage ».

 

 A l’issue de la réunion, les habitants de Les se retrouveront pour une manifestation, à laquelle participera une délégation venue des départements pyrénéens français.

 

 Un manifeste sera signé par tous les représentants, scellant notre cause commune : des deux côtés de la frontière, au delà de la question de l’ours, ou du loup, c’est bien le devenir des territoires de montagne qui est en  jeu. Le voici ci-après dans son intégralité. Il sera lu devant la population, en français et en aranais (l'occitan est parlé au quotidien par la population du Val d'Aran).

 

        

INFORMATIONS PRATIQUES :  Réunion à partir de 10 h 00, salle des fêtes de Lès.

-  La commune de Lès se situe sur la N230 (prolongement de la N125 française), 5km après la frontière du « Pont du Roy ». Accès : direction Luchon, puis direction Llérida. Votre itinéraire ici

- un car est organisé au départ de l'Ariège. Renseignements et inscriptions (12€) pour le Couserans au : 05 61 04 97 91 et pour la Haute-Ariège au : 05 61 05 69 40

 

MANIFESTE de Les, Val d'Aran.

NOUS, QUI VIVONS DANS LES PYRÉNÉES, NOUS ADOPTONS CE MANIFESTE :

1) - Depuis des centaines d’années les éleveurs et les habitants de ces montagnes ont modelé le paysage : vallées dessinées par les prés, forêts façonnées depuis des temps immémoriaux par le travail anonyme de nos ancêtres. Ils nous ont légué cet héritage : une biodiversité qui est le fruit de la culture pastorale, et du travail des femmes et des hommes de ces montagnes.

2) - Dans le premier Manifeste des Pyrénées, signé à Vielha le 31 mars 2006, nous avons déjà dénoncé les plans de réintroduction de l’ours et autres grands prédateurs qui nous ont été imposés sans aucune concertation, ni le moindre respect pour la volonté des habitants de ces vallées.

Depuis leur lancement en 1996, ces plans ont entraîné la réintroduction d’espèces animales qui ont affecté gravement l’activité dans ces montagnes. Ce faisant, on a oublié de prendre les mesures réelles et concrètes pour assurer la survie de secteurs d’activité qui sont, eux, aujourd’hui, les grands menacés de disparition dans les Pyrénées.

3) - Aux portes du XXI° siècle, à l’entrée du troisième millénaire, nous, habitants des Pyrénées, nous manifestons notre ferme conviction de vouloir continuer à exister dans des montagnes où l’homme, comme il l’a fait pendant des siècles, occupera toute sa place dans un projet de vie digne et respectable. Nous ne voulons pas disparaître.

4) - Nous voulons continuer à oeuvrer à la conservation de nos montagnes, mais nous voulons que cette conservation soit aussi celle de notre façon de vivre, celle de notre culture et de nos traditions. Car en effet, sans la présence active de leurs habitants, de leurs éleveurs, de leurs troupeaux, de leur culture, les Pyrénées seraient irrémédiablement conduites à perdre leurs caractéristiques essentielles.

5) – Depuis des temps immémoriaux, là où on trouvait un berger et son troupeau, le loup et l’ours sont arrivés. Mais jusqu’à l’apparition de l’actuelle législation moderne de l’environnement, les bergers ont toujours su et pu défendre leurs bêtes contre les attaques des ours et des loups. Les règles actuelles nous laissent les mains liées pour contrer ces attaques, et le paiement des dommages, unique alternative que l’Administration Publique nous propose, ne peut devenir une solution définitive. Si son action se limite simplement au paiement des dommages, alors l’Administration aura contribué à transformer l’ours et le loup en prédateurs exclusifs des troupeaux.

D’autre part, les incessants dommages de ces grands prédateurs sur le bétail, non seulement déstructurent les troupeaux et rendent invivable le travail pastoral du berger, mais ils découragent les éleveurs. Aussi nous demandons que l’Etat français et ses complices des gouvernements espagnol, catalan et andorran, mettent un terme à ces programmes de réintroduction de grands prédateurs, car ils sont incompatibles avec notre élevage extensif.

6) - Pour exister, les Pyrénées ont besoin de leurs éleveurs et de leurs habitants, elles doivent alors continuer à être une montagne vivante, dynamique, capable d’intégrer la modernité sous tous ses aspects.

Transformer les Pyrénées en un sanctuaire de quelques espèces animales en éradiquant des montagnes bergers et activités humaines, est une agression contre toute une culture vieille de milliers d’années qui a contribué à ce qu’un équilibre s’établisse assurant la biodiversité de la flore. Cette culture a créé les pâturages et les paysages qui, aujourd’hui, permettent le développement d’une industrie touristique devenue vitale pour de nombreux secteurs économiques de nos territoires.

7) - En ce début de XXI° siècle, après des décennies d’oubli, alors que l’ensemble de nos sociétés modernes montre de l’intérêt pour des modes de production agroalimentaire plus sains, les Pyrénées offrent la possibilité de produire ces aliments de qualité, à partir d’une relance de leurs races autochtones, de leurs produits, et de leurs savoirs.

Nous savons entretenir nos forêts, nos prés, éviter l’embroussaillement qui prolifère et génère les incendies, nous voulons continuer à le faire pour maintenir nos montagnes et nos pâturages d’altitude dans de bonnes conditions, et pour cela nous demandons l’appui des Administrations publiques.

8) – Comme nous l’avons prouvé pour la préservation d’autres espèces, nous nous sommes toujours impliqués dans la conservation de la montagne, depuis toujours cette attitude caractérise notre façon de vivre.

Mais nous ne voulons pas vivre en permanence comme de simples survivants. Nous voulons, dans les Pyrénées, un avenir pour nos enfants. Nous voulons continuer à voir des éleveurs et des troupeaux, mais pas dans les conditions actuelles d’abandon ni avec le manque de considération dont nous sommes l’objet.

Nous voulons contribuer à maintenir vivantes et à conserver les Pyrénées, parce que, plus que tout, c’est le paysage de nos ancêtres et, aujourd’hui, le nôtre.

POUR CELA, NOUS VOULONS ET NOUS DEMANDONS :

1) – Nous voulons et demandons que les Administrations publiques utilisent les ressources publiques pour mettre en oeuvre des projets garantissant la présence des éleveurs et des activités traditionnelles dans nos montagnes, en tenant compte des facteurs sociaux et humains qui en dépendent.

2) – Nous voulons et demandons qu’à l’avenir les principes de la biodiversité soient abordés dans une perspective globale de la réalité de nos montagnes, en tenant compte des facteurs environnementaux, sociaux, et économiques, afin d’assurer un développement durable sous tous ses aspects, et pas uniquement sous l’angle d’espèces emblématiques.

3) – Nous voulons et demandons qu’au lieu des groupes de travail spécialisés « ours et loups », soit créé un groupe de travail qui envisage comme une totalité le problème de la conservation de nos montagnes : en tenant compte des aspects environnementaux, économiques, professionnels, et sociaux ; en associant des chercheurs et spécialistes de ces divers domaines et des acteurs représentatifs de l’ensemble du territoire.

4) – Nous voulons et demandons que, compte tenu de l’échec social du programme Life, les Administrations responsables récréent dans nos montagnes les conditions qui prévalaient avant le début des opérations initiées en 1996, afin que, de façon définitive, soient écartés les effets négatifs qui pèsent actuellement sur nos économies et sur le développement durable de nos territoires.

Institutions publiques, représentants élus des populations, éleveurs, groupements économiques et associations, signataires de ce manifeste, nous le portons devant les diverses autorités de l’Union Européenne, de l’Etat espagnol, de l’Etat français, de la Généralité de Catalogne, du Gouvernement d’Andorre, et devant toutes les personnes et institutions concernées.

Fait à …. Le …..

Les signataires.

 

Ci-dessous La remarquable intervention de Paco Boya dans la manana, quotidien espagnol : "Ne masquons pas notre mauvaise conscience sous une photo médiatique et une image bucolique. Soyons cohérent avec la vérité, et honnêtes avec les ours et avec notre territoire. "

Une page complète d'information sur le Val d'Aran à lire ici sur pyrenees-pireneus.com

 

turismoles.com, rendez vous à Les en cliquant ici

 

 

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30.11.2008

 

Frances X. Boya, Syndic d'Aran, Député du Parlement Catalan

"Ne masquons pas notre mauvaise conscience sous une photo médiatique et une image bucolique.

Soyons cohérent avec la vérité, et honnêtes avec les ours et avec notre territoire."

 

"Paco" Boya réagit  dans la presse après l'attaque d'un habitant de Les par Hvala, ourse slovène importée par la France en 2006.

http://www.prensaescrita.com/diarios.php?codigo=S&pagina=http://www.lamanyana.es

La Manyana – Lerida 1° novembre 2008

 

Francés Boya – Syndic d’Aran

 

Avant tout, et pour tous ceux qui cherchent toujours dans ce que l’on dit d’autres raisons que celles strictement liées aux convictions personnelles, je veux préciser que je ne suis ni chasseur, ni éleveur. Je ne parle donc pas dans la situation compréhensible d’une personne très agacée de voir son loisir de fin de semaine menacé, ou qui a vu ses brebis ou juments éventrées par l’ours.

 

La chronologie des faits et de la prise de décision du programme Life est une chronologie tissée de maladresses et de visions simplistes de la complexité, qui a mésestimé la réalité de toutes les Pyrénées pour satisfaire une opération politico-médiatique sans précédent. Une opération destinée à créer une image de sensibilité environnementaliste qui contraste avec les expériences nucléaires et autres projets peu explicables de la fin du XX° siècle.

 

L’ours est arrivé dans les Pyrénées sans aucun allié dans ce territoire : ni les administrations locales, ni la population  en général n’ont vu de bon gré cette réintroduction. Les raisons sont multiples, elles vont des conséquences profondes dont les éleveurs ont souffert, activité déjà à l’agonie dans notre territoire, à la peur atavique d’un animal qui a toujours  appartenu à un imaginaire où s’exprimait son combat avec l’homme, ou encore à la crainte d’un effet négatif sur le tourisme en général. A quoi il faut ajouter, et ce n’est pas le moindre, l’absence de mesures pour contrôler l’espèce de la part des administrations.

 

La réalité est pourtant assez éloquente : l’évolution des Pyrénées a radicalement changé les habitats sauvages de cette région. L’Aran en est un exemple frappant. Plus de 400 kilomètres de pistes forestières à travers vallées et montagnes,  l’accès à ce milieu pour des centaines de milliers de personnes qui, sous différentes formes,  jouissent de la nature : ce sont là des évidences assez irréfutables.

Réintroduire l’ours sur la base d’une opportunité politique, dans des zones déprimées du sud de la France, frontalières avec des vallées développées comme la nôtre, a été, simplement, une manifestation d’opportunisme incompréhensible.

 

L’ours est devenu aujourd’hui une icône de l’incompréhension, une caricature qui exhibe sa lutte pour la survie dans une société, présentée comme primitive, ne sachant pas apprécier la valeur de la diversité naturelle. Une vision qui pousse les classes dirigeantes à accepter n’importe quel projet pourvu qu’il ne contrarie pas l’opinion majoritaire qui se meut à partir de la compassion, certes légitime et partagée par les habitants de cette région, pour cet animal si chèrement chéri.

 

La réalité est tout autre. Totalement différente et très nette.

 

Cette réalité montre que ce que nous faisons avec ce programme de réintroduction, c’est condamner l’ours à une situation de conflit permanent avec les communautés de montagnes qui vivent avec beaucoup de difficulté, dans des équilibres démographiques très délicats, et avec leurs propres choix de développement économiques situés dans le tourisme comme alternative ultime et désespérée.

 

Quelqu’un a décidé que l’ours devait sortir des bois slovènes pour arriver dans les Pyrénées, cela montre bien à quel point ces décisions sont injustes pour les Pyrénées, et pour l’ours en particulier. L’histoire de l’ours Balou dans les vallées voisines de l’Ariège est un exemple de cette tragédie. Avec un coup de feu à la patte droite, et un collier (outil destiné à le contrôler) qui l’asphyxiera inévitablement dans quelques mois, il montre comment l’orgueil de l’homme peut conduire à des situations d’une stupidité ignorante.

 

Les ours slovènes ont leur habitat chez eux, pas dans les Pyrénées. Et les Pyrénées ne peuvent revenir à la situation d’il  y a 100 ans quand elles avaient une population stable d’ours,  à moins d’envisager un exode massif de leurs habitants. Les administrations travaillent pour que cela ne se produise pas, du moins celles qui comme nous ont la responsabilité d’un territoire. Elles le font avec beaucoup de difficultés, et sans toujours obtenir les résultats voulus.

 

 Peut-être l’heure est-elle venue de cesser de regarder la réalité pyrénéenne depuis les lointains bureaux métropolitains, et de dépasser les visions irréelles et fausses de « Pyrénées de fin de semaine ». L’heure d’être juste avec les Pyrénées et juste avec les ours, de placer au centre de nos préoccupations leurs habitants qui aujourd’hui encore n’ont pas tous les avantages des autres, qui n’ont aucune garantie d’équité dans l’accès aux services publics, et, en même temps, l’heure de laisser vivre les ours dans un espace où ils puissent le faire avec dignité, sans collier qui les étouffe ni coup de feu qui les persécute.

 

Ne masquons pas notre mauvaise conscience sous une photo médiatique et une image bucolique. Soyons cohérent avec la vérité, et honnêtes avec les ours et avec notre territoire.

Traduction :  B.Besche-Commenge ASPAP/ADDIP

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LES

 

     

photo 1, Francès "Paco" Boya et Robert Zonch au balcon de l'ajuntament (mairie) / photo 2 : les aspapiens sous le flash des médias/   photo 3 : une journée sous les bonnes étoiles d'Aran ...

 

Val d'Aran, samedi 6 décembre 2008. Plus de 50 élus, institutions, groupements et associations de France et d'Espagne ont signé le Manifeste des Pyrénées : Lès, première pierre d'un  travail transfrontalier commun : "Enes pirineos volem decidir". Oui, dans les Pyrénées, nous voulons décider" :

 

S'il est une qualité qui ne peut  être reniée aux montagnards pyrénéens, c'est bien la persévérance. Et ce samedi 6 à Les, français et espagnols en ont partagé les fruits avec près de 700 participants (comptés par la guardia civil) venus de toutes les Pyrénées, dont plus de 100 ariégeois.

 

Elus, représentants du secteur agricole des deux versants, associations, et une très forte implication des associations locales : pêcheurs, chasseurs, randonneurs, associations culturelles, ont défilé au son de l'accordéon et des musiques traditionnelles du Val d'Aran et des Pyrénées. Nous avons choisi de vous livrer quelques extraits de la presse qui s'est fait l'écho  lors de cet évènement, et comme jamais auparavant, de nos difficultés, et de notre vision d'espoir et d'avenir pour les Pyrénées.

 

Dépassant l'image habituelle d'anti-ours rétrogrades, les médias régionaux et nationaux français et espagnols se sont appuyés sur le manifeste des Pyrénées, et sur les témoignages très nombreux qu'ils ont recueillis, et ont montré notre combat sous son jour légitime, solidaire et constructif. Les a posé la première pierre d'un travail "qui sera long et difficile" comme l'a souligné Francès Boya, syndic d'Aran, à l'issue de la plateforme transfrontalière.

 

Depuis Robert Zonch, qui représentait Augustin Bonrepaux pour le Conseil Général de l'Ariège, jusqu'au maire de Bruges venu des Pyrénées atlantiques, du représentant de toutes les chambres d'agricultures pyrénéennes aux chasseurs des communes transfrontalières, en passant par tous les représentants d'associations et habitants des deux versants : tous doivent être remerciés pour leur participation active à ce grand moment. Nous voulons adresser notre reconnaissance  particulière aux très nombreux éleveurs qui étaient des nôtres : en cette fin d'année très difficile, en pleine vente des animaux retardée par la FCO, en pleine période de rentrée en grange, nous mesurons leur effort, il est considérable. Citons seulement  cet ami éleveur de gasconnes qui la veille au soir, à minuit, sous la pluie, a achevé de planter ses piquets de clôture pour prendre le car à 6H30 avec nous. Et  également le représentant de 5 organismes des Alpes, qui a fait spécialement le déplacement. La persévérance disions nous ...

 

Aux portes du XXI° siècle, nous continuerons à exister dans ces montagnes. Nous allons travailler à un projet durable pour les Pyrénées, digne et respectable pour ses habitants. Les, en Val d'Aran, restera la journée symbole de notre résistance et de notre ténacité. S'il est une qualité qui ne peut être reniée aux montagnards pyrénéens, c'est bien ... oui, c'est bien la persévérance.

 

Vivez cette journée comme si vous y étiez !  Les images et interviews réalisées par Lourdes-info en ligne ici ... (bas de page)

 

 

 

 

 

                                     

 

Bruno, travailleur infatigable et Paco Boya.                                 Monique, Martine, fidèles des fidèles ... et Christophe, notre ami alpin.

 

 

REVUE DE PRESSE ...

 

 

 

La dépêche du Midi : L'article présentant l'action en Val d'ARAN, paru la veille de la plateforme/manifestation

 

Ours : le Manifeste des Pyrénéens

La Dépêche du Midi - Vendredi 5 décembre 2008
Par Bernadette Faget

Val d'Aran. Pyrénéens espagnols et français se donnent rendez-vous demain, à Les.

Les, en vallée de Bosost, qu'affectionnent les ours.
Les, en vallée de Bosost, qu'affectionnent les ours.

Samedi matin, en bus et par covoiturage, une forte délégation d'Ariégeois rejoindra le Val d'Aran. Comme d'autres Pyrénéens du versant nord de la chaîne, ils ont rendez-vous avec élus, éleveurs, associations aranaises qui, à 10 heures, organisent une plate-forme de travail. Elle sera suivie d'une manifestation dans les rues du village de Les.

Initiateur de cette rencontre transpyrénéenne : le syndic d'Aran (gouverneur), député au parlement de Catalogne, Francès Boya. Le 1er novembre dernier, à Lerida, Francès Boya a alerté la presse espagnole sur une affaire qu'elle a amplement relayée à l'échelle de la péninsule ibérique : « l'affaire du chasseur de Les blessé par un ours ». Un peu plus tard, le député aranais portera cet ancien problème « de la réintroduction des ours à la française » à la tribune de Barcelone.

Il y a dénoncé « la chronologie des faits et de la prise de décision du programme Life, tissées de maladresses et de visions simplistes de la complexité ; décision qui a mésestimé la réalité de toutes les Pyrénées pour satisfaire une opération politico-médiatique sans précédent. » Il parle de « l'ours, devenu aujourd'hui, une icône de l'incompréhension » et évoque une situation « injuste pour les Pyrénées et pour l'ours slovène ». Poursuivant : « la réalité montre qu'avec ce programme de réintroduction, c'est condamner l'ours à une situation de conflit permanent avec les communautés de montagne. » Il conclut : « Assez, des visions irréelles de Pyrénées de fin de semaine… Il est l'heure d'être juste avec les Pyrénées et honnêtes avec les ours ; d'être cohérent avec la vérité ».

Francès Boya continue là, le combat engagé par son prédécesseur, le syndic Carlos Barera qui, en 2006, s'était opposé aux « introductions d'ours à la française » et avait interpellé le gouvernement français. Les Aranais ont travaillé avec les représentants français de l'Association de développement de l'identité des Pyrénées (ADIP), dont les Ariégeois de l'ASPAP. Ces réunions transfrontalières ont abouti à un manifeste que Pyrénéens espagnols et français sont invités à signer, samedi matin, à Les. Un manifeste pour défendre « la culture pastorale qui a créé les pâturages et les paysages » et mise sur « un XXIe siècle qui relance les races autochtones, les produits de la montagne et les savoir-faire, ainsi que l'entretien des forêts ». Le développement durable est aussi cheval de bataille de l'autre côté des Pyrénées.

Le texte envoyé à l'UE et à trois gouvernements

Le manifeste que les Pyrénéens des deux versants de la chaîne sont invités à signer, samedi, à Les sera ensuite adressé aux autorités de l'Union Européenne, de l'État espagnol, de l'État Français, de la Généralité de Catalogne, du gouvernement d'Andorre.

Il demande, premièrement : « que les administrations publiques utilisent les ressources publiques pour mettre en œuvre des projets garantissant la présence des éleveurs et des activités traditionnelles dans nos montagnes ».

Deuxièmement : qu'à l'avenir, les principes de la biodiversité soient abordés dans une perspective globale de la réalité de nos montagnes, en tenant compte des facteurs environnementaux, sociaux et économiques, afin d'assurer un développement durable sous tous ses aspects et pas uniquement sous l'angle d'espèces emblématiques ».

Troisièmement : « qu'au lieu des groupes de travail spécialisés « ours et loups », soit créé un groupe qui envisage comme une totalité le problème de la conversion de nos montagnes ».

Quatrièmement : « compte tenu de l'échec social du programme Life, que les administrations responsables recréent dans nos montagnes les conditions qui prévalaient avant le début des opérations initiées en 1996, afin que soient écartés les effets négatifs qui pèsent actuellement sur nos économies ».

* Lire l'intégralité du discours de Francès Boya et le texte du manifeste sur www.ladepeche.com

* Bus pour le Val d'Aran. L'ASPAP affrète un bus pour Les. Départ demain à 6h30 d'Ax-les-Thermes, arrêts à Foix, à 7h, à St-Girons, à 8h. 12€. Résa Couserans: 0561049791; Haute Ariège : 0561056940.

Le silence de Kosciusko-Morizet

Silence, on observe ! C'est la politique que suit actuellement Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'État à l'Écologie, sur la question de l'ours. Pas question pour elle de monter en première ligne pour l'instant. « Elle délègue, explique-t-on dans son entourage. Une des fortes revendications des acteurs locaux, c'était de se réapproprier le sujet, C'est pour cela que nous avons mis en place le groupe ours. Nathalie Kosciusko-Morizet ne veut intervenir que si cela s'avère nécessaire, mais elle reste attentive à la situation. »

La secrétaire d'État n'a pas l'intention de participer à la réunion du groupe ours le 18 décembre. « Nous verrons comment cela se passe, affirme-t-on à son cabinet. La secrétaire d'État interviendra ensuite si les choses se gâtent. Notre objectif est d 'amener à la table des discussions ceux qui n'en sont pas. » Dans ce contexte flou, Kosciusko-Morizet n'entend pas se prononcer sur l'opportunité de nouveaux lâchers d'ours en 2009. « C'est encore trop tôt », déclare-t-on dans son entourage.



La dépêche du Midi - article publié le 07/12/2008  Jean-Jacques Dard

Espagnols et Français unis contre l'ours


Val d'Aran. Espagnols et Ariégeois dans les rues de Lès

Les Pyrénéens ont affirmé leur volonté de décider eux-mêmes de leur avenir. Photo DDM, J.C. « Il y a l'ours. Mais on sait que le loup arrive. Quelle place, demain, pour l'Homme ? »
Les Pyrénéens ont affirmé leur volonté de décider eux-mêmes de leur avenir. Photo DDM, J.C. « Il y a l'ours. Mais on sait que le loup arrive. Quelle place, demain, pour l'Homme ? »

Placa der Haro, au pied de l'église San Juan de Lès, on parle la langue des Pyrénées : aranais, castillan, catalan, gascon de l'Ariège, de Bigorre, du Béarn et même basque. Ceux qui sont là sont affublés du qualificatif « d'antiours » Sans doute, « l'oso » stigmatise-t-il la colère. Mais la lutte contre le plantigrade n'est jamais qu'un symbole. Francès Boya que tous appellent, ici, « Paco », syndic du Val d'Aran, député de Catalogne, à l'origine de ce rassemblement explique : « On a une culture que l'on veut défendre. On ne veut pas qu'on décide pour nous de ce que l'on veut faire en montagne depuis Barcelone, Madrid ou Paris. Aujourd'hui on rassemble toutes les Pyrénées. On réclame des solutions. Nous voulons revenir aux conditions qui étaient les nôtres avant 1996. »

C'est-à-dire avant les premières réintroduction de l'ours. Les Aranais ont été peu bavards, peu vindicatifs jusqu'à présent. Alors on se demande ce qui pousse Paco Boya et toute la vallée à se mobiliser désormais. « On a attendu pour voir, aujourd'hui on peut juger. »

Sur ce territoire de 9 communes où vivent 10 000 habitants, qui accueille 1,2 million de visiteurs par an on dénombre 11 ours, « ceux qui ont été lâchés en France et leurs petits. La protection des troupeaux, des ruchers des apiculteurs, la mise en place d'équipes de suivi de l'ours etc. nous coûtent 450 000 euros par an. » Alors l'ours…

journée symbolique

Le cortège de 700 manifestants (selon la guarda civil) remonte la rue principale. Au coude à coude élus français ceints de leur écharpe tricolore, et espagnols marchent derrière une banderole : « Enes pirineos volem decidir ».

« Oui, dans les Pyrénées nous voulons décider », affirme Francis Ader. Il représente les chambres d'agriculture du massif Pyrénéen. « Cette journée est plus que symbolique. Cinquante associations aranaises, des élus, des syndicalistes des différentes régions des deux versants de la chaîne viennent de signer le manifeste de revendications et de propositions. C'est déterminant. L'Europe va constater que la problématique se pose sur deux pays européens. Au niveau des chambres, à quoi peut nous servir d'engager des financements, de travailler sur des productions de montagne, des plans de dévelopement si tout doit être anéanti par des prédateurs ? »

La manifestation s'achève. Au balcon de la mairie, Paco Boya parle aux Pyrénéens. « On ne peut décider, ailleurs, notre futur. Aujourd'hui nous mettons en place une organisation pour un projet de vie dans notre montagne. Le combat sera long et difficile. »

Dans la foule, il manque un homme, Luis Turmo, ce chasseur, âgé de 72 ans agressé et blessé par l'ourse Hvala le 23 octobre dernier au-dessus du village. Les volets de sa maison devant laquelle on est passé sont clos. On s'inquiète de son état. Marie Hélène, sa fille, qui est dans le cortège confie : « Il a encore mal. Lundi il doit passer un scanner. Il a été très affecté par le fait que certains disent qu'il aurait menti. Mais on ne veut pas polémiquer. On veut, juste, pouvoir vivre dans nos Pyrénées. »

« Long, difficile. » Tout à l'heure Placa der Haro, à deux pas du brandon que l'on brûle pour la San Juan, Paco nous a glissé : « Il y a l'ours. Mais on sait que le loup arrive. Quelle place, demain, pour l'Homme ? ».

« On a une culture que l'on veut défendre. On ne veut pas qu'on décide pour nous depuis Barcelone, Madrid ou Paris ».

 

AFP, agence France Presse - relayé par l'ensemble des médias français (plusieurs dizaines), et certains médias limitrophes (suisse, belgique notamment)

6 décembre 2008.

Manifestation anti-ours franco-espagnole dans les Pyrénées

LES (Espagne) - Quelque 400 personnes de nationalités espagnole et française ont manifesté samedi à Lès (Val d'Aran), près de la frontière franco-espagnole, contre la réintroduction de l'ours dans les Pyrénées et les politiques de la montagne menées par leur pays respectif, a constaté un journaliste de l'AFP.

La manifestation, à laquelle participaient plus d'une centaine de personnes venues de plusieurs départements pyrénéens français, avait notamment pour but d'interpeller les autorités des deux côtés de la frontière afin d'exiger la prise en compte de la volonté des populations locales du massif pyrénéen.

Les responsables du rassemblement, élus du Val d'Aran et de localités françaises et dirigeants d'associations espagnoles et françaises opposés à la réintroduction de l'ours, ont signé à cette occasion un manifeste transfrontalier sur le devenir des territoires de montagne pyrénéens.

"Depuis leur lancement en 1996, les plans de réintroduction d'espèces animales ont affecté gravement l'activité dans ces montagnes. Ce faisant, on a oublié de prendre les mesures réelles et concrètes pour assurer la survie de secteurs d'activité qui sont, eux, aujourd'hui, les grands menacés de disparition dans les Pyrénées", affirme le texte.

"Transformer les Pyrénées en un sanctuaire de quelques espèces animales en éradiquant des montagnes bergers et activités humaines est une agression contre toute une culture vieille de milliers d'années qui a contribué à ce qu'un équilibre s'établisse, assurant la biodiversité de la flore", souligne le manifeste, qui doit être remis aux gouvernements espagnol et français et à l'Union européenne.

"On est là pour dire à nos administrations qu'on ne veut pas qu'elles prennent de décisions sans nous écouter, loin de nous. On veut être écoutés, on veut participer à la gestion de nos territoires", a expliqué Francès Boya, président du conseil du Val d'Aran.

Plusieurs responsables d'associations et élus locaux français ont dénoncé la politique d'"ensauvagement" de la montagne pyrénéenne, à la faveur de la réintroduction de l'ours. "On ne veut pas être transformés en Indiens", s'est exclamé Bruno Besche-Commenge, estimant que, plus que l'ours, "c'est le berger pyrénéen qui est une espèce menacée.

"Non à l'ours", "Les Pyrénéens veulent décider", "Ni ours, ni indemnisation, Les Pyrénées vivantes et tranquilles", "Réintroduction de l'ours au bois de Boulogne", déclaraient, en différentes langues, les pancartes et banderoles des manifestants.

Ceux-ci ont défilé au son d'un accordéon et de cloches de troupeaux dans la localité, dont un habitant avait été attaqué et blessé en octobre dernier par un ours, probablement l'ours slovène Hvala, lâchée dans les Pyrénées françaises en 2006.

Quatre femelles et un mâle slovènes avaient été lâchés dans les Pyrénées françaises, entre le 25 avril et le 22 août 2006, dans le cadre d'un plan de restauration et de conservation décidé par le ministère de l'Ecologie et très fortement critiqué par des éleveurs et des élus locaux.

(©AFP / 06 décembre 2008)

 

TF1 - journal télévisé de 20H00 samedi soir ... Une heure d'audience exceptionnelle, qui ramenée au montant de notre budget communication,  proche de zéro ... prend encore plus de sens.

"ils manifestent contre la réintroduction des ours" cliquez pour voir la vidéo

Le reportage indique "un chasseur s'est dit attaqué", reprenant les propos d'Alain Reynes, directeur de l'ADET qui a contredit, au delà de la parole du chasseur blessé, les versions officielles avérées par les gouvernements espagnol et français. Le journaliste de la Dépêche du Midi qui a relayé, à tort a t'il reconnu devant nous, les propos d'Alain Reynes a mené à Les un travail complémentaire d'investigation. Il détient les preuves de la réalité de cette attaque d'ours, il va sans doute les publier pour lever toute ambigüité, dont Luis Turmo nous a t'il dit, s'est trouvé très affecté. Nous savons que deux enquêtes ont été menées en Val d'Aran par les autorités. Leurs conclusions confirment qu'il s'agit d'une attaque d'un ours, vraisemblablement Hvala que son émetteur a localisé très précisément à cet endroit le jour de l'accident.

D'autres articles de la presse espagnole sont en cours de traduction ...

 

FRANCE3 SUD - la volonté d'en finir avec l'ours est plus que jamais d'actualité

Samedi 6 décembre

Curseur : 1 mn 40 s

cliquez ici pour voir la vidéo, de nombreux témoignages : promeneurs, éleveurs, élus ...

 

01.05.2009

 

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Analyse du tourisme asturien dans les lieux emblématiques de l’ours : mythe et réalité

B. Besche-Commenge – ASPAP/ADDIP  - mai 2009

 

Source : Sistema de Información Turística de Asturias (SITA) - El Turismo en Asturias (A -note en fin de document)

 

 

I) – Introduction

 

Le SITA (Système d’Information touristique des Asturies) publie chaque année un bilan de l’activité touristique de l’année précédente. Les données sont recueillies et analysées par l’Université d’Oviedo. Pour 2008, ce bilan n’est pas encore en ligne. Nous ferons ici référence aux bilans disponibles des trois dernières années: 2005, 2006, 2007.

Ces bilans permettent de mesurer très concrètement l’attractivité des lieux les plus symboliques de l’ours sur le comportement des touristes. 

 

Le SITA reprend pour son analyse le découpage classique des Asturies en trois régions géographiques : Ouest (« Occidente), Centre, et Est (« Oriente »). J’envisagerai particulièrement les deux dernières.

 

- « L’Oriente » est depuis longtemps la partie la plus connue des Asturies : le Parc des Picos de Europa et la basilique de Covadonga sont des lieux d’attraction touristique majeurs. Mélange de légende et de faits historiques, la bataille de Covandago, menée par le roi Pelayo en 718,  est le point de départ de la « reconquista », reconquête des royaumes musulmans de la péninsule ibérique par les rois chrétiens. L’histoire ou la légende là encore raconte que son fils, Favila, fut tué par un ours lors d’une partie de chasse.

Site marial, la basilique de Covadonga et sa grotte, perchées et coincées dans une falaise abrupte, sont le « Lourdes » des Asturies. Le lieu en lui-même est impressionnant : il réussit à conserver un caractère relativement « sauvage », voire austère, malgré les constructions et la fréquentation. Il a un aspect un peu magique, produit aussi de toute son histoire.

 

 

- Dans la zone Centre, les concejos voisins de la « Maison de l’ours » à Proaza, dont l’emblématique Somiedo, ont construit leur produit d’appel touristique sur l’image de l’ours, image censée se refléter sur l’ensemble de la Principauté.  La Senda del Oso (le sentier de l’ours), qui unit les concejos de Proaza, Quirós, Santo Adriano et Teverga, en est un élément majeur.

On trouve en outre à Proaza le « cercado osero», vaste parc solidement clôturé, où vivent deux ourses, baptisées « Paca » et « Tola », enfermées depuis qu’elles furent recueillies oursonnes alors que leur mère avait été tuée. On peut les voir en logeant les grilles ou en empruntant des passerelles surplombantes. 

Le 18 mai dernier, le journal El Comercio Digital, sous le titre « les ours attirent les touristes », consacrait un article au fait que, depuis 2001, le nombre de logements touristiques avait doublé dans les concejos voisins de la Maison de l’ours, nous les avons isolés dans la carte ci-dessus. Que l’offre double est une chose, que le développement suive en est une autre. C’est d’ailleurs ce que soulignait un lecteur en réaction à cet article : après avoir cité une de ses phrases, « Les normes d’urbanisme évitent les excès », il ironisait : « mais Somiedo a davantage de places de logement touristique que d’habitants. Quel cynisme !  Bla, bla, bla … y a de quoi crever de rire ».

 

Ce scepticisme est souligné plus fermement encore dans d’autres réactions d’habitants de Somiedo à divers articles ou enquêtes des journaux asturiens. Ainsi, le 6 octobre 2006, dans La Nueva España, dans la cadre d’un appel au lecteur sur l’avenir de leurs concejos, F. S. G. écrivait : « Le principal problème de Somiedo est le dépeuplement. Les jeunes partent en ville et ne reviennent pas pour créer de la richesse une fois qu’ils sont formés. Et cela en grande partie à cause de l’absence des services de base et de l’éloignement qu’implique la route sinueuse qui communique avec les vallées centrales »

Le 8 du même mois, E. A. A. indiquait, elle: « je crois que le principal problème de Somiedo est l’absence d’avenir pour les jeunes, l’incapacité à fixer la population, et surtout le fait de ne pas écouter ceux qui aiment et connaissent Somiedo, mais uniquement ceux qui vivent sur le dos de Somiedo. »

La saignée démographique et le vieillissement continu de la population de tous ces concejos « de l’ours », confirment hélas cette réalité.

 

Or, les données recueillies par le Système d’Information touristique des Asturies permettent effectivement de se rendre compte que, sur le plan touristique, les lieux magiques où l’ours est censé être un produit d’appel irrépressible restent irrémédiablement au fond du fond du trou des destinations touristiques réelles : en continu il sont parmi les lieux les moins visités. A l’inverse, les villages montagnards de l’Oriente, les lieux historiques de Covandonga, juste au dessus d’eux les Lacs et les paysages des Picos, très humanisés dans cette partie de la chaîne, leurs troupeaux,  leurs « majadas » (estives) restent parmi les principaux attracteurs asturiens.

Cette sous fréquentation du « produit-ours » avec tout ce qu’il charrie comme image de « nature préservée », est d’autant plus étonnante que, par ailleurs, ces données indiquent que, pour les touristes,  la qualité du « Milieu naturel » est l’une des principales raisons qui les conduisent à choisir les Asturies comme destination. Mais, nous allons le voir, le paradoxe n’est qu’apparent, la « nature », au sens de « nature sauvage », en fait occupe une place très secondaire lorsqu’on interroge les touristes sur ce qu’ils ont préféré lors de leur séjour,  et cette distorsion correspond parfaitement au fait que les lieux symboliques de l’ours (Somiedo, Proaza) sont parmi les moins visités !

 

Les bilans annuels distinguent deux types de touristes en fonction du type de logement choisi : « alojamiento colectivo » qui rassemble tous les bâtiments spécifiquement dédiés au tourisme (Hôtels, gîtes ruraux, auberges rurales etc …), et « alojamiento turístico privado », qui regroupe résidences secondaires, accueil en famille ou chez des amis, et, plus marginales, locations d’appartements non spécifiquement dédiés au tourisme. Pour le camping par contre, en baisse de fréquentation continue, les enquêtes de motivation ne sont apparemment pas effectuées puisqu’elles ne figurent pas dans ces bilans.

 

Nous reprenons chaque fois en un seul tableau les données figurant dans les bilans des trois dernières années, en cliquant sur la date le lecteur aura accès à chacun d’eux: 2005, 2006, 2007.

 

II) Tableaux et analyse

 

A) Choix des lieux visités

 

A1) Locations en logements touristiques

(« alojamiento colectivo » = Hôtels et toute location spécifiquement dédiée au tourisme rural : gîtes ruraux, auberges etc …, sauf camping)

 

Zone

géographique

Lieux les plus visités

% de visites

Zone

géographique

Lieux les plus visités

% de visites

2005

2006

2007

2005

2006

2007

 

 

 

Oriente

Covadonga

35,4

40,1

48,6

 

 

 

Centre

Gijon

37,8

45,5

49,4

 

Les Lacs

26,5

30,1

35,3

Oviedo

32,5

38,1

41,5

Villages des Picos de Europa

15,8

17

24,7

Somiedo

3

3,2

4,2

Routes des Picos de Europa

16,3

15,5

15

Senda del Oso

1,8

2,6

3,3

 

A2) Logements touristiques privés

(« alojamiento turístico privado » = résidences secondaires, en famille ou chez des amis, plus marginalement locations de maisons ou appartements non spécifiquement touristiques)

 

Zone

géographique

Lieux les plus visités

% de visites

Zone

géographique

Lieux les plus visités

% de visites

2005

2006

2007

2005

2006

2007

 

 

 

Oriente

Covadonga

25

28,7

30,2

 

 

 

Centre

Gijon

56,6

56,1

57,9

Les Lacs

14,8

17,6

17,9

Oviedo

49,3

44,8

46,2

Villages des Picos de Europa

6,8

10,9

9,9

Somiedo

4

3,3

2,3

Routes des Picos de Europa

6,8

8,5

7,6

Senda del Oso

1,6

3,5

3,6

 

Somiedo, Senda del oso : le « produit » ours n’occupe qu’un très faible pourcentage dans les choix de visites à l’inverse des zones où nature, histoire et pastoralisme se mêlent pour faire de Covandago et des lacs des Picos un pôle d’attraction. Paradoxalement, dans le Centre, auréolé de l’image de l’ours, ce sont les sites les moins naturels qui sont les plus visités: Oviedo, la capitale des Asturies, et Gijon et son port ! Et pour la zone Centre, pas de différence entre les touristes majoritairement ancrés dans le milieu par leur résidence (tableau A2, le seul type de location pris en compte reste marginal), et ceux qui n’ont d’autre choix que de louer parce qu’ils n’ont pas de point de chute local (A1).

 

Les enquêtes de motivation dans le choix des Asturies comme destination touristique, semble donner une vision inverse de cette réalité. Nous verrons ensuite comment cet apparent paradoxe n’en est pas un du tout, et comment les enquêtes en fin de séjour confirment le faible attrait réel de la nature sauvage.

 

B) Enquêtes de motivation en amont

 

Raisons du choix des Asturies comme destination touristique en %

« alojamiento colectivo »

Occidente (Ouest)

Centre

Oriente (Est)

2005

2006

2007

2005

2006

2007

2005

2006

2007

Connaître de nouveaux endroits

32,6

17,9

22,5

32,7

26,5

20,9

19,6

19,8

19,9

Recommandation

8,6

7,2

8,2

11,2

11,5

9,4

7,3

7,1

8,6

Expérience antérieure

13,4

14

12,6

14,3

8,6

16,2

14,2

8,6

13,5

Milieu naturel (« Entorno natural »)

18,1

21,4

23,9

14,3

19,5

20,2

25,1

27,1

28,6

Patrimoine culturel

2,8

3,1

2,1

4,7

5

4,5

5,3

4,4

3,8

Tranquillité

7,5

7,3

4,7

3,6

3,2

3

6,3

7,4

2,8

Gastronomie

5,6

9,9

9,1

5,7

8,2

9,4

9,3

9,6

11,1

Proximité géographique

2,5

5,2

4,2

4,7

6,3

6,2

5,9

5,3

5,5

Racines asturiennes

3,8

3,7

2,7

3,3

3,3

2,2

1,8

1,2

1,1

Douceur du climat

3,7

7,7

7,6

2,5

5,3

4,2

3,1

6,9

3,5

Chasse/pêche

0,8

0

0,2

0

0

0

0,1

0,4

0,2

Autres

0,6

2,5

2,4

3,1

2,5

3,9

2

2,1

1,5

 

Raisons du choix des Asturies comme destination touristique en %

 

« alojamiento turistico privado»

2005

2006

2007

 

Connaître de nouveaux endroits

16,9

10,5

9,4

 

Recommandation

12,3

17,3

14,4

 

Expérience antérieure

18,3

13,1

14,5

 

Milieu naturel (« Entorno natural »)

14,6

15,3

13,3

 

Patrimoine culturel

4,7

2,9

2,6

 

Tranquillité

4,6

4

3,1

 

Gastronomie

3,3

7

8,7

 

Proximité géographique

2,5

2,4

5,3

 

Racines asturiennes

2,3

19,2

20,3

 

Douceur du climat

15,5

4,9

3,3

 

Chasse/pêche

0,2

0,2

0,2

 

 Autres

4,9

3,3

4,7

 

(La ventilation par région touristique n’est faite que pour les résidents en « alojamiento colectivo »)

 

Le « milieu naturel » vient donc en 1° ou 2° dans les motivations qui ont conduit à choisir les Asturies.

 

Mais il faudrait savoir ce que les personnes interrogées mettent sous ce vocable. En effet, c’est justement pour la zone Centre, celle du « produit-ours » supposé attractif, que la réponse « Milieu naturel » est toujours la plus faible et, nous l’avons vu en A,  ce produit est l’un de ceux qui attire le moins de visites; par contre, la réponse « Milieu naturel» est toujours la plus forte pour l’Oriente où c’est en fait une nature humanisée, pastorale aux deux sens du mot : des pâturages et un sanctuaire, que plébiscitent les touristes, alors que, dans le Centre, ce sont les deux grandes villes asturiennes qui concentrent les visites.

Sous l’étiquette « Milieu naturel », on est ainsi aux antipodes de ce que l’on pourrait entendre par « nature », et de ce que, en France, les promoteurs de l’ours essaient de faire croire en écrivant que l’ours et le « sauvage » attirent les touristes (ce faisant, ils sont en outre totalement inconséquents : si beaucoup de touristes, de moins en moins de « sauvage » ! les vrais partisans du sauvage le leur reprochent d’ailleurs).

 

Pour éviter un contresens, ce que les touristes mettent alors sous cette expression « Milieu naturel », ce à quoi ils pensent, doit être recherché dans leurs réponses lorsque, en aval de leur séjour, ils sont interrogés sur ce qu’ils ont préféré des Asturies.

 

C) - En aval : ce qui a plu lors du séjour

 

Ce qui a plu le plus dans les Asturies en %

« alojamiento colectivo »

Occidente (Ouest)

Centre

Oriente (Est)

2005

2006

2007

2005

2006

2007

2005

2006

2007

Tout

31

14,4

15,3

24,6

17,7

26,1

18,6

16,5

41,9 ( ?)

Les gens

10,9

10,4

9,3

13,8

15,2

8,8

8

7,5

5,2

Le climat

7,7

8,5

2,7

7

5,5

4,3

3,4

6,6

2,9

La nature (Naturaleza)

4,4

4,4

10,5

3,4

4

3,4

8,8

6

5,1

Le paysage, le cadre général

(« Paisaje/Entorno/Ambiente »)

35,9

43,7

50,1

33,7

36,2

30,5

40,2

40,8

22,4 ( ?)

Le calme, la tranquillité

1,7

4,8

4

1,4

2,3

2,2

2

3

2,1

La gastronomie

3,4

5,1

3,5

5,3

7,8

8,5

4,3

6,3

5,4

Le cidre

1,2

2,6

0,4

2,1

1,4

1,2

1,9

1,5

2,6

Activités culturelles et de loisir

0

0

0

0,4

0,5

0,4

0,2

0,2

0,2

Routes touristiques et de montagne

0

0,2

0

0,1

0,2

0,5

0,3

0,2

0,2

La montagne

0,8

0,9

0,4

0,8

1,1

0,6

4,5

3

3,3

Les plages et la mer

2,2

3,3

2,9

3,8

3,6

6,6

6,4

4,7

6,3

L’artisanat

0

0,3

0,2

0

0

0

0,1

0

0

L’architecture en général

0,2

0,3

0

1,2

1,3

1

0,3

1

0,2

Les « horreos »

0

0

0

0,1

0,1

0,1

0,1

0

0

Autres

0,6

1

0,6

2,5

3

5,9

0,9

2,2

1,8

(« Horreos » =  bâtiment rural typique du massif; greniers surélevés souvent peints et décorés – Dans le tableau « alojamiento colectivo », en 2007,  pour l’Oriente les chiffres ont très certainement été inversés entre « Tout » et « Le paysage/le cadre général », on retrouve pour les 3 années des chiffres similaires pour tous les autres item, rien n’explique que pour ces deux là tout s’inverse. Il faut donc sans doute lire : « Tout » = 22,4% et « Paysage/Cadre général » = 41,9%)

 

 

                           Ce qui a plu le plus dans les Asturies en %        

 

 

« alojamiento turistico privado»

2005

2006

2007

 

 

Tout

25,1

16,7

27,3

 

 

Les gens

13,1

13,2

10

 

 

Le climat

4,3

7,6

3,6

 

 

La nature (Naturaleza)

4,5

4,9

5,3

 

 

Le paysage, le cadre général

(« Paisaje/Entorno/Ambiente »)

30,5

34,3

27,3

 

 

Le calme, la tranquillité

1,7

2,7

2,6

 

 

La gastronomie

7,4

7,3

8

 

 

Le cidre

2,6

3,8

2,1

 

 

Activités culturelles et de loisir

0,2

0,3

0,8

 

 

Routes touristiques et de montagne

n.c.

n.c.

n.c.

 

 

La montagne

1,7

1,8

1,3

 

 

Les plages et la mer

5,2

3,6

6,1

 

 

L’artisanat

0,2

n.c.

n.c.

 

 

L’architecture en général

0,8

0,6

0,9

 

 

Les « horreos »

n.c.

0,2

n.c.

 

 

Autres

2,8

3

4,5

 

 

« alojamiento turistico privado»

2005

2006

2007

 

 

                           Ce qui a plu le plus dans les Asturies en %        

 

 

 Lorsque, en aval du séjour cette fois, est demandé aux touristes ce qu’ils ont préféré dans les Asturies, c’est le paysage, le cadre de vie, le milieu ambiant en général pas limité à la seule nature, qui vient très largement en tête : entre 36 et 50% pour la réponse « Paisaje/Entorno/Ambiente », avec cependant des pourcentages plus faibles dans … le Centre là encore.

Par contre, la réponse « nature » (« Naturaleza »), elle, atteint toujours des scores très inférieurs pour les trois régions, voire très faibles (entre  3 et 5% ; une seule réponse atteint les 10%). Et c’est une fois de plus dans le Centre, que les pourcentages sont les plus bas (+/- 3%), similaires aux faibles taux de visite à Somiedo et à la Senda del Oso, alors qu’à l’inverse, c’est dans ce même Centre que « les gens » (« Gente ») sont notés comme les plus agréables.

 

Au fond, on ne peut mieux dire que le font ces enquêtes ceci : au delà de l’image publicitaire de l’ours et du « Paradis naturel », ce qu’aiment les touristes dans les Asturies lorsqu’ils ont fait l’expérience des lieux, n’a rien à voir avec des symboles, c’est un cadre de vie global (« Paisaje/Entorno/Ambiente »). Et ce choix, cette fois en aval du séjour, permet mieux de comprendre ce que ces mêmes touristes entendaient par « nature » lorsqu’on leur demandait pourquoi, en amont, ils avaient choisi de venir dans les Asturies. Ce « Milieu naturel » (« Entorno Natural ») que les touristes classaient au 1° ou au 2° rang des raisons de leur choix, n’est pas réductible à l’image que l’ours est censé véhiculer, au contraire très concrètement il l’exclut : entre 1,8 et 4% seulement de visites à Somiedo et La Senda del oso, les faits sont les faits, on peut bien sûr ensuite raconter ce qu’on veut.

Comme dans les Pyrénées, c’est effectivement un paysage, un « entorno » (à la fois cadre, environnement, ambiance) humanisé car fabriqué par l’homme qu’offre le massif cantabrique ; et lorsque la question posée n’associe plus « entorno » et « natural » comme elle le faisait en B, en aval du séjour, mais les sépare comme en C,  l’illusion « naturaliste » retombe. Ce n’est pas cela que le touriste venait chercher, pas cela qui l’a véritablement retenu et qu’il a aimé.

 

Dans une interview au journal El Mundo suite à la publication de son dernier livre « Asturias, región agropolitana: las relaciones campo-ciudad en la sociedad posindustrial », le chercheur Jaime Izquierdo, spécialiste des problèmes de développement rural, répondait ainsi à une question lui demandant s’il y avait encore une nature vierge en Espagne :

 

« En Espagne, la rupture du monde rural traditionnel s’est produite à partir des années 60 avec le départ de la main d’œuvre pour les centres industriels, et aussi comme conséquence des nouvelles méthodes agricoles. On a abandonné ces lieux où l’intensification ne pouvait s’appliquer. Et aujourd’hui, ces espaces qui ont été abandonnés, nous les confondons avec la nature. Nous nous mettons à les appeler espaces naturels alors qu’il faudrait les appeler espaces d’économie paysanne en voie d’extinction.

En Espagne, ce qu’il y a c’est la campagne. Et c’est dans cette campagne que vit la nature. Ce qui se passe alors c’est que pour que la nature vive dans la campagne celle ci doit être bien conservée ou, pour mieux dire, bien entretenue ! »

 

C’est aussi ce que nous disent les bilans annuels du SITA sur l’activité touristique asturienne.

 

 

B.Besche-Commenge – ASPAP/ADDIP – Mai 2009

 

 

(A) On trouvera à la fin des bilans du SITA, toutes les informations sur la méthodologie des enquêtes.

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10.09.2009

Analyse du tourisme asturien dans les lieux emblématiques de l’ours : suite

Bruno Besche-Commenge réagit à la réponse du FAPAS (Fonds Asturien de Protection des Animaux Sauvages) : « Le FAPAS répond aux anti-ours pyrénéens : l’ours est bien un moteur de développement dans les Asturies - mercredi 9 septembre 2009 »

B.Besche-Commenge ASPAP/ADDIP - 10 septembre 2008

 

A) – Accord et désaccord

 

Je vais étonner : mais sur de nombreux points je suis d’accord avec M. Hartasanchez, président du FAPAS, qui a sans doute lu trop rapidement les articles que j’ai consacrés à l’ours supposé « moteur de développement économique » dans les Asturies. Cette attribution n’est d’ailleurs pas de moi, mais de la Direction Régionale de l’Environnement Midi-Pyrénées (DIREN) reprise par l’ADET.

 

D’abord nos points d’accord : même si des éleveurs de la région de Cangas del Narcea nous ont à diverses reprises fait part des problèmes que leur posaient non seulement les loups bien sûr mais aussi les ours pour diverses raisons, je n’ai jamais écrit que les Asturiens rejetaient leur espèce emblématique, cela aurait été faux, ici pas de désaccord entre nous. Pas davantage sur ceci à quoi j’adhère totalement et que j’ai très souvent écrit sous des mots différents : « Les ours ne sont pas des jouets de foire que des milliers de touristes peuvent venir voir dans leur habitat naturel, comme s’il s’agissait d’une relique ».

 

Mais c’est à partir de ce point que la lecture trop rapide (ou mal inspiré par ses commanditaires français) de M. Hartasanchez le conduit à ce que dans une copie d’élève on appellerait un hors sujet : après avoir bien résumé le problème que je soulevais (« la présence de l’ours comme base de dynamisation des territoires où il habite dans les Asturies »), il embraye sur cet aspect que je n’avais absolument pas posé, au contraire puisque, je le répète, la présence de l’ours dans les Asturies ou ailleurs doit être autre chose qu’un vaste Dysneiland : « Les arguments de M.Besche pour dévaloriser l’importance de la présence de l’ours dans les Asturies révèlent une profonde méconnaissance de l’écologie de cette espèce et des stratégies de sa conservation ».

M. Hartasanchez, d’où sortez vous cette accusation ?  Pas un mot sur ces deux points dans mes analyses qui ne se demandent pas davantage « combien de gens viennent voir des ours » ainsi que vous me le reprochez (il y aurait pourtant de quoi dire, je pense à la polémique de mai 2008 à propos des visites organisées par le tour-operator Naturtrek, à l’article du même mois rédigé par plusieurs associations environnementalistes asturiennes qui critiquaient diverses opérations immobilières et ouvertures de pistes à Somiedo et s’achevait ainsi :  « pour beaucoup, le Parc Naturel de Somiedo a depuis des années perdu une bonne partie de l’esprit, si souvent porté aux nues, dans lequel il naquit ».)

 

A partir de deux sources indubitables, j’ai simplement montré comment, de fait, à l’inverse de ce que la DIREN et ses associations satellites voulaient nous faire croire, l’ours n’était pas un « moteur de développement économique ». Touristiques ou générales, les statistiques asturiennes comme espagnoles sont remarquablement mises à la disposition du public d’une façon efficace et simple dont la France devrait d’ailleurs s’inspirer. Elles sont aussi très riches.

 

B) Ce que j’ai dit

 

Sur la plan touristique, elles montrent simplement comment les produits spécifiques créés autour de l’ours (il ne s’agit pas du tout de « voir des ours » dans leur milieu naturel) ne  sont qu’un très faible attracteur à l’inverse des zones comme celles des Picos où l’heureux mariage entre ce que nature permet et les savoirs agropastoraux des éleveurs ont créé des milieux ouverts, aujourd’hui menacés pour diverses raisons : ce qu’ont été pendant longtemps les politiques agricoles (et je suis là aussi d’accord avec vous), et ce dont vous avez par contre ici « oublié » de parler alors que vous avez à ce propos écrit des choses remarquables :

« la nécessité d’une gestion du  loup qui, en accord avec la réalité agro-écologique et historique d’un territoire lié au pastoralisme laitier et aux petits ruminants, empêcherait l’installation permanente des loups sur le versant nord du massif. »

 

Sur le plan démographique, les chiffres aussi sont redoutables, je l’ai montré dans un autre article que vous « oubliez » là encore de mentionner, et comme le savent mes amis asturiens (j’aime beaucoup votre petit pays M. Hartasanchez) je ne m’en réjouis pas du tout, cette situation n’est agréable nulle part lorsqu’elle existe: en continu, jusqu’au dernier recensement disponible, celui de 2008, les consejos asturiens de l’ours sont de ceux où la perte démographique et le vieillissement de la population sont les plus forts sans que les coûteuses opérations de promotion engagées depuis des années autour de l’ours ne réussissent à inverser cette tendance.

Il y a mieux comme réussite pour un « moteur de développement économique ». Et si je comprends tout à fait la réaction des Maires qui devant cette situation cherchent par tous moyens à freiner cette saignée en choisissant de mettre en avant l’image de l’ours, vous « oubliez » de dire que c’est en 2004 déjà qu’ils choisirent de se regrouper sous l’étiquette  « Valle del Oso », que depuis la saignée continue voire empire, et que le point commun autour duquel ils se réunirent, la « Senda del Oso », continue aussi à n’attirer obstinément que moins de 4% des touristes venus dans les Asturies.

Les statistiques asturiennes, je n’y peux rien, sont très bien faites je le répète.

 

C) … et ce que M. Hartasanchez  « oublie » de dire

 

Il était déjà question d’oublis ci-dessus, mais d’autres me paraissent beaucoup plus intéressants à relever.

Je viens de rappeler ce que M. Hartasanchez écrivait en 2006 à propos des loups en train d’envahir les Picos : contradictoire «  avec la réalité agro-écologique et historique d’un territoire lié au pastoralisme laitier et aux petits ruminants ». Or il sait très bien que pour l’ours, la situation pyrénéenne n’a rien à voir avec celle des zones historiques de l’ours asturien et tout à voir avec celles des Picos : l’absurdité est la même, ici pour l’ours et là-bas pour les loups. Mais, comme l’écrivait déjà Blaise Pascal : « Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au delà ».

M. Hartasanchez déclarait en octobre 2007 à l’ADET venue subrepticement préparer pour son compte le voyage officiel dans les Asturies organisé par le Ministère français de l’Environnement : «  la situation dans la Cordillère Cantabrique /est/  différente parce que, pratiquement, il n’y pas de dégâts sur le bétail, mais surtout sur les ruches ». Et si le FAPAS a honnêtement rendu compte de ce voyage, on attend toujours que l’ADET en fasse autant.

Au même moment, l’autre défenseur de l’ours asturien, G. Palomero, Président de la Fondation Oso Pardo (FOP), soulignait dans El Diario Montañes du  28 octobre 2007 : « En général, dans la Cordillère Cantabrique  l’ours est bien toléré parce qu’il ne tue que peu de bétail. Il y a davantage de conflits dans les Pyrénées, où le fait qu’il attaque les vaches entraîne un grand rejet social. »

En fait, il attaque aussi et surtout les ovins, ce que G. Palomero reconnaissait en décembre 2005 dans son intervention lors des « 3° journées de l’environnement » organisées par le Consorcio de Los  Valles, en Aragon. Il indiquait alors que, pour faire accepter l’ours, entre les zones à ours des Monts Cantabriques et Los Valles la différence c’est « qu’il n’y a pas d’élevage ovin ».

 

Plus intéressant encore, c’est le FAPAS lui même qui écrivait sur son site le 17 avril 2008 à propos de la mort de l’ourse Cannelle et des importations d’ours slovènes :

« Il semble bien que nous sommes en train d’être témoins de la fin de la population d’ours pyrénéens. De toute façon, peut-être faut-il cesser de dramatiser cet aspect de perte génétique, en effet une récente étude scientifique vient de montrer clairement que, sur le plan génétique, aussi bien la population cantabrique que la pyrénéenne sont identiques à celle du reste de  l’Europe.

La grande perte est plutôt morale et éthique car nous n’avons pas su conserver cette population relictuelle. Quant à la réintroduction, bien qu’elle soit faite correctement sur le plan technique, en réalité elle montre bien que les stratégies de conservation menées en dernière extrémité et à coups de millions investis pendant tant d’années, se sont achevées sur un échec. »

 

D) Restons calmes

 

Sur les déclarations parfois à géométrie variable du FAPAS, ses conflits de fonds de commerce avec l’autre association en défense des ours asturiens, la FOP, il est sans intérêt de s’étendre ici même si délicieux exemple dans l’article intitulé « Los olvidados del FAPAS » (« les oubliés du FAPAS », encore un « oubli », mais d’une autre nature !). Je n’ai nulle envie de polémiquer sur ces point avec le Président du FAPAS.

D’autant moins pour les raisons suivantes : j’avais prévu de passer Septembre dans les Asturies, là bas comme chez nous, c’est sans doute le mois le plus beau. La situation des attaques de tous ordres sur le front des ours slovènes importés m’oblige à retarder ce voyage à mon grand regret. Je comptais justement, par l’intermédiaire de connaissances communes, contacter alors M. Hartasanchez pour pouvoir discuter avec lui. C’est partie remise.

Car je pense que, sur le fond même du problème (qui dépasse la seule situation de telle ou telle espèce ici ou là), tel que j’avais eu l’honneur de pouvoir l’exposer dans les deux journaux asturiens « La Nueva España» et « El Comercio digital » en  août 2007, nous ne sommes pas si éloignés l’un de l’autre que sa réponse à mes articles pourrait le laisser croire.

En postulant que, sur ce fond, nous fassions l’un et l’autre preuve d’honnêteté intellectuelle …

 

B.Besche Commenge ASPAP/ADDIP 10 septembre 2008