Sur le papier, les promoteurs du plan ours envisagent
une cohabitation idéale, pacifique et ... utopique.
La réalité du terrain est bien différente. 10 ans de vains efforts l'ont montré.
Nous en parlons en ici.
Des programmes déconnectés de la réalité
Liberté, responsabilité, loisirs ... quel impact pour les usagers de la montagne ?
Ariège : les dommages d'ours en 2007

Les attaques de
l’ours ne sont que la partie visible de l’iceberg.
Elles ne sauraient
cacher le bilan global désastreux des introductions :
la désorganisation
insupportable de tout le système pastoral pyrénéen
Ours, y est tu ?
Malgré les moyens sophistiqués, les puces
électroniques, les satellites, malgré la trentaine de personnes chargée de
suivre leurs déplacements, ni les maires,
ni les éleveurs ne sont informés
précisément de la localisation des ours. Le répondeur du suivi donne des
informations vagues « commune d’Aston » (plusieurs milliers d’hectares), et
décalées de plusieurs jours. Alors on ne sait jamais où et quand et chez qui la
prochaine attaque aura lieu.
Et puis le berger vous téléphone. « Le
troupeau est complètement dispersé. Non, il n’a rien trouvé pour l’instant.
Oui, il manque des bêtes ».
Il faut tout quitter dans la vallée, alors
que l’été est justement le seul moment de l’année où l’éleveur peut enchaîner
les journées à l’entretien des bâtiments et du matériel, à boucler la
comptabilité, à la préparation du retour des bêtes de l’estive, et surtout à
faire les foins et les rentrer avant que la pluie ne vienne tout détremper. Les
temps ont changé. L’éleveur est seul désormais pour tout faire, le modèle
d’autrefois où la famille entière se répartissait les tâches est révolu. Il faut
s’adapter.
L’estive est rarement accessible en voiture.
Le plus souvent, 2 à 3 heures de marche sont nécessaires pour y accéder, parfois
autant pour rejoindre le lieu de l’attaque. Parfois plus en cas de pluie, de
brouillard. L’équipe technique ours a été prévenue. Un constat va être rédigé
par un garde désigné par le suivi, il servira de base à la décision de l’Etat
d’indemniser ou pas le dommage.
Rêves de papier, réalités de terrain.
Eleveur en montagne, un métier à (re) découvrir.
Les photos que nous publions sur ce site
donnent une idée de ce que les ours, ou plutôt ceux qui les ont introduits,
imposent aux éleveurs. A ces hommes et ces femmes qui n’aspiraient qu’à vivre et
travailler en paix, qui exercent leur métier avec passion, patience, dans
un
respect immense de leurs bêtes et de la montagne.
Il y a 10 ans, on leur a fait croire que
l’ours et les troupeaux pouvaient cohabiter. Des associations qui ne connaissent
rien à l'agriculture ont écrit des brochures qui expliquaient aux éleveurs
comment travailler, sur le papier : des clôtures partout, le jour, la nuit, un,
deux ou trois chiens, un berger de plus, ou deux pour faire … les 3x8, comme à
l’usine ! Ici, en Pyrénées, terre de liberté … Ils ont essayé. Ca n’a pas
marché. L’ours a tout bouleversé. Il continue à roder, à affoler les troupeaux,
à prendre les plus belles brebis, à gâcher ce travail que l’éleveur met des
années à obtenir.
Contrairement à une idée très répandue,
le métier d’éleveur de races "à viande" n’est pas uniquement de faire grossir des brebis pour les
vendre. Son métier, son art, c’est de former « l’outil de production »
qui lui donnera beaucoup d’agneaux, et les plus beaux. « l’outil de production »
n’est donc pas la brebis, mais le troupeau dans son ensemble, dans toute la
richesse des brebis qui le composent, différentes et complémentaires par leur
âge, leurs qualités différentes, leur patrimoine génétique ... Son élaboration
est un souci permanent, un vrai travail de création où l’éleveur, en
sélectionnant, en croisant les meilleures de ses bêtes, va améliorer la qualité
du troupeau tout entier, et sa capacité à produire, donc à générer des
ressources.
Ainsi quand l’ours tue, il tue à chaque fois non pas « une brebis », mais un élément de cet ensemble cohérent et construit qu'est le troupeau. Il ne tue pas une brebis, mais « l'agnelle de telle brebis et de tel bélier », sélectionnés pour donner la plus belle génération possible après eux. Il ne tue pas « une brebis » mais « une mère » qui aurait récompensé l’éleveur de sa patience en lui donnant 1 à 2 agneaux par année, soit 7 ou 8 agneaux sur 5 ou 6 ans. C'est la vente des agneaux - et des brebis réformées - qui constitue le revenu de l’éleveur. Plus le troupeau est tranquille, plus il mange, plus il est libre, serein, plus les brebis donneront de beaux agneaux, qui bien lourds, augmenteront ce revenu.
Quand l’ours tue une brebis d’un an, il
achève dans le sang une lignée de plusieurs générations ; et sa descendance, les
agneaux qu’elle aurait du faire ne naîtra jamais. Bien sûr, il y a un chèque. Au
prix de la viande. Allez donc faire agneler un chèque. Allez dormir en paix avec
un chèque, un jour de brouillard, quand vous savez qu’à tout moment l’ours peut
attaquer … Allez donc envisager sereinement l’avenir, quand les pertes
financières s’accumulent, et menacent la survie de votre exploitation.
On comprend mieux pourquoi les éleveurs dénoncent l’hypocrisie du système d’indemnisation, et leur colère devant l’ignorance de l’Etat et des associations pro-ours qui voudraient faire croire que les éleveurs sont largement indemnisés. Si les indemnisations étaient aussi profitables, on se battrait dans les Pyrénées pour avoir des ours. Ce n’est pas le cas.
On comprend mieux pourquoi les éleveurs dénoncent l'hypocrisie des moyens de protection, et des pseudo-aides vendues avec, qui à 80% ne peuvent être mis en place dans les estives pyrénéennes, trop pentues, trop en altitude, trop rocheuses. Leur généralisation est un non sens, il va à l'encontre des règles de conduite du troupeau, de la viabilité écologique et économique de tout le système pastoral pyrénéen. Le recours systématique à ces mesures est dicté par une poignée d'éleveurs pro-ours (30 environ sur ... 6.000 que compte la chaîne) souvent militants et salariés d'associations largement subventionnées par le plan ours. Comment ne pas mettre en doute l'efficacité de ces systèmes au coût exorbitant quand on voit l'explosion du nombre d'attaques de loup dans les Alpes, de 200 à 2800 brebis tuées par an en 7 ans, alors que le nombre d'alpages équipés et protégés a augmenté exponentiellement ces 10 dernières années.
Le refus de l’ours dans les Pyrénées n’est
pas une question d’argent. Il est l’expression légitime du droit de ces hommes
et ces femmes à vivre simplement mais dignement, sans prédateurs ni
indemnisations, sans avoir à payer … le prix du sang.
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AVERTISSEMENT :
CES PHOTOS PEUVENT CHOQUER
DES PERSONNES SENSIBLES, OU DES
ENFANTS.
Mais il nous semble important de
montrer la réalité telle
que les éleveurs la vivent au
quotidien, sur le terrain.
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ARIEGE – Commune de Saint Lary –
Estive du Barestet Aout 2007
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Leçon de choses …
La technique opératoire de l’ours est toujours la même. L’ours ne tue
pas pour manger de grandes quantités de viande. Il ne consomme que les
parties riches en protéïnes : les cartilages de la cage thoracique, le
pis riche des protéïnes de lait, le museau.
La légende des
chiens errants qui seraient responsables des attaques ne tient pas
debout. Elle est démentie à la fois par des études scientifiques, et par
les caractéristiques des attaques de l’ours, qu’on ne peut en aucun cas
confondre avec celles d’un canidé |
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Plusieurs brebis sont touchées en général. Certaines iront mourir seules, perdues sur les centaines d’hectares de l’estive. Jamais retrouvées après le passage des renards et des vautours, elles ne seront pas indemnisées.
Cette bête est sauve,
mais gravement blessée. Elle devra être euthanasiée. L’ours dans les
Pyrénées, c’est cela : un éleveur qui a aidé sa brebis à mettre bas, qui
a vu naître une belle agnelle, puis qui doit la tuer lui-même parce que
le vétérinaire ne montera pas à l’estive. Trop loin. Trop difficile.
Trop de travail. |
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La trace des griffes est bien visible
à l’intérieur de la peau. Le diamètre des trous, leur profondeur, leur
espacement sont mesurés et ajoutés au constat de dommage qui comprend
une bonne quinzaine de pages. Cette brebis a été retrouvée quelques heures après l’attaque, quasi intacte. Les vautours, en augmentation exponentielle suite à la fermeture des charniers à ciel ouvert en Espagne, se chargent en quelques heures de faire disparaître les indices de présence d’ours.
Dans ce cas encore, l’éleveur ne
recevra aucune indemnisation. |
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En quelques heures, la brebis a été consommée entièrement par les renards et les vautours.
Son corps décharné porte des traces de l’ours que seul un œil exercé saura reconnaître : tâches sombres sous la peau, laissées par un hématome. Brisure grossière des os du thorax, les dents de l’ours étant beaucoup plus larges que celles des autres animaux. Taille des trous dans la peau. Cassure nette de la colonne vertébrale …
Le constat est parfois
fait par de jeunes vacataires, inexpérimentés, qui ne verront pas ces
signes. L’expérience et la parole de l’éleveur, même à sa 30ème
prédation, ne compte pas. La brebis ne sera pas indemnisée. |
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Dans tous les cas, l’affolement du troupeau est immense. Sur des dizaines d'hectares, des dizaines de bêtes s'éparpillent, terrifiées, elles refusent longtemps de paître là où l'ours est passé, elles restent sourdes aux ordres des chiens qui sont eux aussi, souvent très perturbés.
Il faut des heures, des jours parfois pour rechercher et rassembler les bêtes apeurées, les approcher, les soigner. Une surcharge de travail énorme.
La perte en poids du troupeau stressé,
les brebis mortes de leurs blessures après le constat, les brebis qui
avortent, les agneaux restés seuls sans le lait de leur mère tuée,
l’angoisse des éleveurs,
tout
cela n’est pas indemnisable … |
Et trop d’autres photos à suivre …
Des programmes déconnectés de la réalité
Liberté, responsabilité, loisirs ... quel impact pour les usagers de la montagne ?
Ariège : les dommages d'ours en 2007
L'IMPOSSIBLE COHABITATION
Des programmes déconnectés de
la réalité
Cette
partie de notre site touche au cœur même de la question de l’ours, à savoir
l’incapacité de ceux qui ont porté ces programmes d’accepter la réalité des
Pyrénées telle qu’elle est, de projeter des certitudes, des modèles et des
méthodes qui fonctionnent sur le papier mais qui sont irréalisables sur le
terrain. Depuis la notion de territoire à ours, jusqu’au mode de vie des ours
prétendus herbivores à 70 %, en passant par les mesures de protections qui
marchent à tous les coups …
Nous
vous invitons à nous suivre … dans la vraie vie.
En guise
d’introduction … le Jeu des Différences
Les
différents plans d’introduction ont consisté à importer des ours depuis
Le
plus sommaire examen des vues satellite des deux régions suscite de nombreuses
interrogations …
Quelles sont les caractéristiques géographiques, relief, végétation, milieu ouvert ou fermé
La présence humaine est-elle visible, habitats, enclavement ou axe de
communication, loisirs …
L’agriculture est t’elle présente ? Quel est son impact sur le paysage, sur
l’accès à la montagne …
Laquelle de ces deux régions semble accueillante pour le tourisme : accès,
hébergement, sentiers …
Une
de ces deux régions n’a pas ou presque pas changé ces 100 dernières années.
Laquelle. Pourquoi …
Lequel de ces territoires l’ours semble pouvoir offrir les conditions
d’isolement, de calme, d’altitude et de végétation satisfaisant le mode de
vie de l’ours, ou au contraire le perturbant ?
Un grand merci à Google Earth © , à vous d’essayer de répondre à ces questions …
ZONE à OURS –
MASUN - SLOVENIE

ZONE à OURS –
Vallée d’ORLU, ARIEGE-PYRENEES - FRANCE

Quelques pistes de réponse : la zone à ours de Masun est un territoire sans hommes, ou presque. Il ne sont pas les bienvenus. Une soixantaine d'ours y vit, sous la protection d'un couvert forestier dense et uniforme, et de nombreux gardes ... en uniforme. Les ours pourraient être deux fois plus nombreux, ils sont seuls.
A l'inverse, la Vallée d'Orlu est une montagne humanisée, accessible, ouverte à tous, fréquentée, accueillante, vivante économiquement, culturellement et socialement. En l'absence d'ours pendant plusieurs générations, espaces naturels et pastoraux ont composé ensemble une multitude de milieux : prairies de fauche, bois, forêts de feuillus et résineux, pentes herbeuses, taillis, estives, zones humides et zones minérales. Comme tant de vallées d'Ariège et des Pyrénées, Orlu n'est pas seulement un lieu magnifique. Elle est un formidable réservoir de biodiversité.
OURS et pas NOUNOURS … du mythe à
la réalité
Nelly
Olin a appelé son plan d’introduction 2006 … « un conte de fées ».
Sur
le terrain, l’histoire de ces 10 ans d’introduction semble pourtant porter
les
éléments d’un cauchemar : sang des bêtes tuées ou blessées, nuits d’angoisse et
de veille, surcharge de travail, revenus en baisse, inquiétude face à l’avenir,
menaces sur l’économie et les paysages …
Bien
sûr, l’ours slovène est génétiquement un ours brun, celui qu’on décrit dans les
encyclopédies comme « discret, quasi herbivore, et fuyant tout contact avec
l’homme ». C’est oublier un peu vite que la main de l’homme est passée par là,
influençant les comportements de ces ours. Comme celui de tant d’autres populations
européennes (Italie, Espagne …) son mode de vie n'est plus sauvage, mais artificiel.
Du
mythe à la réalité, dans l’ordre de l’alphabet …
Le
nourrissage artificiel des ours en Slovénie est une réalité. Plusieurs documents
irréfutables en font état, notamment le tableau « critère de choix de la
population source » diffusé par le ministère de l’écologie lui-même.
Nous en apportons la preuve
ici, dans un
rapport rédigé par deux spécialistes slovènes pour la Conférence Internationale
de l'ours brun tenue en Italie en 2005.Des
carcasses et des végétaux, notamment du maïs, sont répartis en plusieurs
endroits de la forêt pour attirer les ours et faciliter l’observation, la
chasse.
« Dans la vraie vie », le comportement de ces ours dans les Pyrénées n’entre pas
dans les cadres statistiques idéaux
prévus
par le plan ours. Franska a tué plus de 100 brebis, Hvala une trentaine, Boutxi
attaque parfois 3 fois dans la même semaine … leur comportement s’inscrit dans
le prolongement de leur vie slovène, celui qu’elles ont reçu, et qu’elles
transmettront à leurs descendants …
« Dans la vraie vie », habitués à recevoir de la nourriture imprégnée
de l’odeur de l’homme, ces ours ont perdu leur crainte naturelle
à son égard. Animal
intelligent, l’ours apprend vite et retient tout, même les mauvaises habitudes :
Dans
les Pyrénées, Franska faisait les poubelles d’un restaurant, Boutxi attaque à
quelques mètres d'une balançoire, un autre ours à l'intérieur d'une bergerie. De
très nombreux témoignages, dont l'équipe technique de suivi a connaissance,
montrent des ours de moins en moins farouches, approchant des villages,
traversant les routes nationales, faisant fuir pêcheurs et randonneurs.
Le 25
juin 2007, en Roumanie, une américaine de 31 ans a été attaquée par un ours
adulte d'environ
Quand
l’actualité récente en France montre un chien inoffensif se retourner
mortellement contre son jeune maître, qui peut être certain des conséquences
d’une rencontre entre un homme et l’ours, et notamment une ourse et ses petits.
Qui peut prévoir l’imprévisible ?
Bruno
est le descendant d’une ourse issue de l’introduction slovène dans le Parc d’Adamello
Brenta en Italie, dans le Trentin. Il a été reconnu « atypique » et abattu après
s’être introduit en Allemagne, pourtant signataire comme
Alors qu’on traite les français de râleurs perpétuels, il est intéressant de voir que tout n’est pas rose en Europe, comme on voudrait nous le faire croire.
L’ourse Jurka a été reprise par les
Italiens aussitôt après avoir refranchi la frontière suisse
(illégalement !), et cantonnée … dans le parc d’un monastère catholique !
En Slovénie, on tue les ours qui s’approchent trop près des habitations. En
Roumanie, en 2007, des enfants d’âge scolaire sont affectés à la garde des
troupeaux, comme les enfants Pyrénéens d’autrefois. Dans les Abbruzes, en
Italie, les bergers macédoniens, armés jusqu’aux dents, payés au noir, ont pris
le relais des italiens qui ne veulent plus de cette vie de misère.
4 ours ont été empoisonnés en octobre 2007, est-ce un
signe de bonne acceptation locale ? En Espagne,
l’état organise de grandes battues quand les ours des Cantabriques sortent de
leur « réserve de biosphère » pour descendre vers la mer …
Lesquels Espagnols, associations écologistes en tête, commencent à mesurer avec
10 ans d’avance sur nous les ravages du « tout-prédateurs ». Eux qui ont laissé
le loup vider los Picos de Europa des troupeaux, des éleveurs, de la moyenne
puis petite faune sonnent aujourd’hui l’alerte, désarmés devant le recul de
biodiversité que leur expérience d’apprentis sorciers a engendré, et qu’ils ne
pourront restaurer.
B comme Bruno ... c'est aussi l'artisan au sein de l'Aspap et de l'Addip d'un énorme travail de recherche, d'analyse, de mise en perspective des questions fondamentales dans lesquelles s'inscrit l'écologie, la vraie, bien loin de l'"hélicologie" qui consiste à parachuter des ours de Slovénie : biodiversité agricole et ordinaire, nécessité de sauvegarder les races autochtones comme nous le faisons en Pyrénées (brebis tarasconnaise, castillonnaise, vache gasconne, chevaux de Mérens et de Castillon), évolution de la notion de protection de l'environnement depuis la Convention de Berne aujourd'hui dépassée jusqu'à la Convention de Rio, la Stratégie pour la Biodiversité de 2004, et le récent Grenelle de l'Environnement en 2007 ... sur la forme, le style de Bruno est également inimitable, on s'en rendra compte ici avec cette réponse à l'Adet d'octobre 2007 qui devrait entrer dans l'anthologie de l'épopée Pyrénéenne.
1% de
brebis tuées, 20.000 bêtes mortes chaque année d’autres causes, 73 % des
français pour l’introduction d’ours slovènes etc etc etc …
Les associations
pro-prédateurs inondent leurs
communications de chiffres divers et variés.
La
réalité, c’est que la plupart de
ces chiffres n’ont aucune valeur statistique. Il existe pourtant des instituts
de statistique nationaux, et notamment agricoles sérieux et fiables. Mais la
source principale d’approvisionnement des pro-ours reste … eux-mêmes.
Ainsi
les moyens de protection feraient baisser de 92 % le taux de prédation. Qui a
mesuré cela ? l’Association pour
Ainsi
des milliers de bêtes mourraient sous l’orage, la grêle, les attaques de chiens
errants et autres calamités … aucun outil statistique ne permet de mesurer cela.
Avant l’ours, un troupeau de 1200 bêtes perdait à l’estive 5 ou 6 brebis
maximum. Nous en faisons le constat. Nous ne l’érigeons pas en vérité absolue.
Quand on voit l’hostilité et la difficulté du relief des montagnes ariégeoises,
cela inspire le respect.
…
Ainsi 300 ou 400 brebis seraient croquées par l’ours, un nombre tellement faible
en rapport du nombre total de bêtes à l’estive nous disent ces défenseurs de la
nature !
Réduire la question de l’ours au pourcentage des prédations est
une négation des
immenses dégâts collatéraux que génère la présence de l’ours, comme du loup.
Reconnaître et prendre en compte globalement le droit de ces hommes et ces
femmes à travailler, sans ours, ni loups, ni indemnisations, n’est autre que
dire au-delà des chiffres que nous sommes civilisés, et en fin de compte, que
nous sommes humains.
Sur le papier, le ministère de l’environnement avait tout prévu. Les éleveurs seront indemnisés en cas d'attaque de l'ours.
Ainsi, pour une brebis « viande » de 1 à 7 ans, la somme de 120 €, plus 10€ % de "manque à gagner", est versée à l'éleveur. En gros le prix de la viande.
Une prime de dérangement est versée au berger (plus rarement à l'éleveur). Cette somme de 115 € est forfaitaire, quelle que soit la logistique à mettre en oeuvre, le temps nécessaire à la recherche et aux soins, qu'une ou 10 brebis soient tuées.
Les additions et multiplications simplistes des associations pro-ours ne
correspondent pas à la réalité des indemnisations. Sait-on que les bêtes perdues,
ou mourant des suites de leurs blessures, ou dévorées par les
vautours effaçant les traces de l'ours, ne sont jamais
indemnisées ?
Dans
la vraie vie donc, que l’ours attaque ou qu’il sème la panique dans les
troupeaux, l'essentiel du préjudice causé à l'éleveur n'est ni évalué, ni
indemnisé : Comment accepter que des associations pro-ours qui ne connaissent
rien au métier de l’élevage s’étalent en conseils aux éleveurs sur des brochures
payées … par le contribuable ? Comment réagiriez-vous si un organisme totalement
extérieur à votre secteur professionnel , quel qu’il soit,
dénigrait
publiquement votre travail sans rien y connaître ? Ou venait vous apprendre de
quelle façon travailler ? Ou pire, mettait en œuvre des moyens
de casser votre outil de travail … exploitation, bureau, usine, école,
atelier …
Le retour de l’ours et du loup dans les Pyrénées, c’est exactement cela :
la
casse d’un outil de travail, créé, bâti, affiné, travaillé pendant des
années : le troupeau.
La surcharge de travail du
berger due à la présence du prédateur : perturbation dans le déroulement des
parcours de pacage, une mission déjà difficile dans les espaces escarpés
d'Ariège. Dispersion du troupeau sur des dizaines d'hectares au seul passage de
l'ours, difficulté de calmer les bêtes affolées, désorientées. Logistique de la
mortalité : recherche des cadavres, des bêtes égarées, démarches, expertises.
Quand une journée moyenne de berger dure déjà de 10 à 15 heures, l'ours prend du
temps dont le berger a besoin pour les soins aux bêtes ou l'entretien du
matériel. Tout cela n'est pas indemnisable.
La
surcharge de travail pour
l'éleveur, qui pendant que le troupeau estive doit en quelques semaines couper
et rentrer tout le foin nécessaire pour passer l'hiver, préparer les bâtiments,
installer les parcs de demi-saison, réparer le matériel pour que tout soit prêt
au retour du troupeau, soigner les bêtes restées à la ferme, continuer la vente directe,
sans parler des contraintes administratives à gérer dont le volume s'est
multiplié par 10 ces dernières années. Les éleveurs sont appelés en renfort par
les bergers de plus en plus souvent, un temps précieux qui désorganise
complètement l'important travail indispensable à réaliser sur l'exploitation et
qui ne peut être reporté à plus tard. Tout cela n'est pas indemnisable.
Perte de productivité :
la
bonne alimentation des bêtes est gravement perturbée. Stressées, elles sentent
de loin la présence de l'ours, et refusent de pacager aux endroits où il est
passé. Le nombre d'avortement en estive s'est considérablement accru ces 10
dernières années, il était marginal avant les introductions d'ours. Les
pertes d'agnelage ne sont pas indemnisées. Une année de travail perdue, des
revenus en moins, cela ne compte pas. Pas plus que le manque à gagner sur
tous les agneaux que ne produiront pas les bêtes tuées. Citons le
cas d'un éleveur d’Orlu. Il a perdu 93 bêtes cet été. 30 autres brebis ont
avorté, et ne donneront pas d'agneau pour cette année. De plus 30 agneaux ont
perdu leur mère dans l'attaque. Les plus grands
survivront en broutant l'herbe, profiteront peu, se vendront mal. Les
plus jeunes mourront. Rien ne remplacera le lait de leur mère. Tout cela n'est
pas indemnisable.
Perte de capital génétique
: une brebis n'est pas égale à une brebis ! le métier de l'éleveur est un
travail de création, de sélection génétique sur plusieurs générations qui ont
permis la sauvegarde de nos races rustiques (vache gasconne,
brebis castillonnaise et tarasconnaise, cheval de Mérens ...). Citons le
cas d’un éleveur à Goulier. Son métier est de produire des mères et des béliers
reproducteurs, des bêtes exceptionnelles, très recherchées. En un été il a perdu
le travail de plusieurs années, l'ours a choisi ses plus belles brebis, et un
bélier. Un capital irremplaçable. Mais cela n'est pas indemnisable.
Nous pourrions continuer
longtemps, ou étendre la liste des préjudices aux autres victimes de l'ours, par
exemple, les communes. Après avoir investi ces 10 dernières années et réussi le
pari d'un pastoralisme modernisé et porteur d’avenir, elles subissent
aujourd'hui la dépréciation des terres de présence de l'ours, alors qu'elles
tirent de la location des estives une ressource essentielle à leur équilibre
financier.
Comment évaluer l'impact
psychologique des attaques, (voir la rubrique "le prix du sang") sur ces hommes
et ces femmes dont le métier est d'élever le mieux possible leurs animaux.
Bien sûr le sort de leurs bêtes est tôt
ou tard d'être consommées. Pour autant est-il supportable de voir des bêtes que
l'on a vu naître, que l'on a soigné, veillé quand elles sont malades, dont on
connaît souvent tout l'arbre généalogique, sur lequel on fonde l'espoir d'une
jeune génération belle et qui profite bien ... massacrées ?
Quel est le prix de
ces images qu'aucun éleveur n'oublie jamais, et qui font vaciller la voix des
plus solides gaillards : des animaux éventrés, qu'il faut désenchevêtrer dans
une odeur pestilentielle, les agneaux cassés en deux, les animaux parfois
morts-vivants, blessés, pis et mamelles arrachés que lui et le berger n'ont
d'autre choix que d'euthanasier, car aucun vétérinaire ne montera à 5 heures
de marche pour le faire ?
Tout cela n'est pas indemnisable ...
F comme financement des
associations pro-ours ...
Faites nous parvenir vos témoignages, vos idées, votre avis, par mail
en
cliquant ici
Des programmes déconnectés de la réalité
Liberté, responsabilité, loisirs ... quel impact pour les usagers de la montagne ?
Ariège : les dommages d'ours en 2007
Augmentation de la population d'ours : quelles conséquences pour les usagers de
la montagne ?
En un siècle, la montagne autrefois hostile et d'accès limité à de rares hommes,
est devenue un espace de découverte et de loisirs parcouru et apprécié par des
milliers de promeneurs, randonneurs, chasseurs, pêcheurs, sportifs, skieurs ...
Ainsi ces
pelouses traversées par les sentiers le résultat
de milliers d’années de transhumance. Cette flore qui semble
naturellement si bien fixée et typique de chacune de nos vallées, de
chacun des plateaux est une flore qui est née et qui se maintient grâce
à la présence, chaque année répétée, de troupeaux d’animaux domestiques
qui viennent y pacager.
Le patrimoine agricole, économique, paysager et culturel que représente l'élevage de montagne, les paysages qu'il a façonnés, ont été un formidable levier du développement du tourisme dans les Pyrénées. A la lumière des réussites plus ou moins grandes qu'ont connu les alpes avant eux, les Pyrénéens ont fait le choix d'un tourisme à visage humain, souvent basé sur une complémentarité entre les activités traditionnelles et l'accueil touristique, et dans tous les cas respectueux des paysages.
Des villages accueillants, une véritable activité économique rurale qui n'est pas du folklore, mais le travail des hommes qui se voit et se partage : troupeaux en transhumance, saison des foins, visites de fermes, randonnées en estive ... Ce sont cette qualité de vie, ces rapports humains, ce patrimoine vivant, cette nature tranquille et préservée que des milliers d'amateurs de nature et d'authenticité savent trouver dans les Pyrénées.
Et dont l'emblème serait plutôt une montagne de liberté qu'une montagne grillagée de parcs en tout genres, envahie de chiens patous, parcourue de troupeaux affolés, au nom d'ours slovènes que personne ne semble pressé de rencontrer, quoi qu'en disent les spécialistes du marketing de l'ours.
Et pourtant ...
Les incertitudes du plan ours
:
préparent une gestion des problèmes engendrés par la présence de l'ours dans des
territoires très fréquentés au cas par cas, qui a fait la preuve de son
incohérence et de son inefficacité.
La présence de l'ours présente t'elle un danger pour l'homme ?
"L’Ours brun a généralement peur de l’homme. Il est capable de repérer la
présence humaine à très longue distance".
(source les Pyrénées
avec l'ours -
ministère de l'écologie) : l'état
semble beaucoup compter sur le caractère naturel
discret de l'ours pour éviter les rencontres.
L
|
Le
25 juin 2007, en Roumanie, une américaine de 31 ans a été attaquée par
un ours adulte d'environ |
Dans les Pyrénées, Franska
faisait
les poubelles d'un restaurant, avant de mourir d'un accident de la
circulation sur une 4 voies, Boutxi attaque à quelques mètres d'une
balançoire, un autre ours à l'intérieur d'une bergerie. De très nombreux
témoignages, dont l'équipe technique de suivi a connaissance, montrent
des ours de moins en moins farouches,
approchant des villages, traversant les routes nationales, faisant fuir pêcheurs
et randonneurs. Une tendance inquiétante que connaissent toutes les régions
d'Europe où vivent les ours.
Les éléments d'une catastrophe annoncée sont malheureusement en place :
Malgré nos alertes, au delà du drame humain que représenterait une attaque,
l'état ne semble pas conscient des conséquences catastrophiques qu'elle
engendrerait pour l'avenir du tourisme dans les Pyrénées.
En cas d'attaque, suis-je couvert ?
Les maires pyrénéens, chargés par la loi d'assurer la sécurité des biens et des
personnes sur leur commune, avaient obtenu en 2006 que l'état assume ses
responsabilités en cas d'attaque, notamment suivie de blessures ou d'un décès.
La circulaire ministérielle, prévue fin 2006, n'a jamais été publiée.
|
Les 3 plus grands groupes d'assurances français, interrogés sur les
droits des victimes d'une attaque d'ours sont unanimes : en
l'absence de tiers responsable, l'animal n'ayant aucune personnalité
juridique, aucune indemnisation n'est prévue. Ni pour les frais de
secours, ni pour les soins non remboursés par |
Les citoyens pyrénéens, qui paient déjà l’impôt sur le revenu pour financer le
plan ours qu’ils subissent, devraient selon les préfets assumer également le
coût de l’information sur les dangers de l’ours : il appartiendrait ainsi aux
communes de financer l’affichage en mairie, sur la commune, les panneaux
d’information en estive, sur les sentiers, le personnel municipal pour leur
installation et leur entretien … Chacun de nous doit solliciter le maire de sa
commune pour qu’il oblige l'état à assumer seul toutes les conséquences des
introductions qu'il a mené seul, exemples à suivre ici :
http://www.pyrenees-pireneus.com/OURS-ResponsabiliteMaires.htm#4
Puis-je continuer à circuler librement dans les Pyrénées ?
Le retour de l'ours, surtout dans des vallées où il était absent depuis des
générations, suscite émotion et inquiétude chez les résidents permanents comme
chez les vacanciers, habitués à profiter sans réserve de leur environnement
proche.
En présence de l'ours sur leur commune, notamment d'une ourse avec ses petits,
les maires peuvent être amenés à restreindre l'accès à certaines zones.
Dans les faits, n'étant que tardivement
ou pas du tout informés de la présence de l'ours, les maires ne peuvent
prévenir la totalité de la population. Les territoires communaux sont
en effet
traversés par des dizaines
de sentiers, passant rarement devant la mairie !
A leurs risques et périls également,
les
chasseurs sont parmi les plus exposés à une rencontre avec l'ours. La
pratique de la chasse peut même être suspendue, avec l'accord des fédérations
locales. Mais comment profiter de la chasse avec sérénité quand on sait
l'acharnement juridique dont font l'objet les chasseurs ayant tué un ours, même
en état de légitime défense ?
|
Le cas du chasseur René Marquèze est édifiant : il a été relaxé en première instance pour avoir tiré en 2004 sur l'ourse Cannelle, en état de légitime défense.
Poursuivi à nouveau en justice par ... 18 associations de "défense de l'environnement" et leur armada d'avocats, il a été relaxé à nouveau en 2008. La justice a fait son travail, mais entre les insultes qu'il a reçues, les menaces de mort ... on ne souhaite à personne de vivre l'enfer quotidien que les extrémistes de l'Ecologie ont fait de sa vie.
|
Les Pyrénées, une montagne de liberté
Quand les troupeaux
"Quand les troupeaux seront tous partis, nous dit un ancien, pour que la montagne soit belle on fera venir des engins à moteur, des broyeurs, des faucheuses. Dans le bruit et l’odeur d’essence, ils râcleront, arracheront, piétineront ces espaces que les troupeaux entretenaient pour nous tous. Les loups tueront aussi les marmottes, les isards. Les ours feront les poubelles des villages. Les touristes regretteront les troupeaux, on regardera des photos, des films et des livres sur la transhumance. Il sera trop tard."
L'avenir
du pastoralisme pyrénéen se joue aujourd'hui.
Comme des centaines d'amoureux des Pyrénées, randonneurs, chasseurs, pêcheurs, natifs de nos vallées ou d'ailleurs, vous vous êtes retrouvés dans la vision d'avenir de l'Aspap. Vous pouvez vous informer, nous soutenir, nous rejoindre ... pour en savoir plus sur la vie de l'association ... cliquez ici, pour adhérer ... cliquez ici
Des programmes déconnectés de la réalité
Liberté, responsabilité, loisirs ... quel impact pour les usagers de la montagne ?
Ariège : les dommages d'ours en 2007
L'ARIEGE au premier rang des attaques d'ours
Antras, Ascou, Aston, Audressein, Auzat, Bethmale, les Bordes sur Lez, Boussenac, Couflens, Garanou, Gesties, Goulier, Larcat, Lassur, Lercoul, Mérens les Vals, Miglos, Mijanès, Orgeix, Orlu, Pech, Perles et Castelet, Rouze, Saint Lary, Savignac les Ormeaux, Seintein, Seix, Sentenac d’Oust, Siguer, Vèbre, Vicdessos etc …
Nous le constatons régulièrement sur nos stands d'information, pour ceux qui passent leur vacances en Ariège, c'est une grande surprise de découvrir la carte des attaques. Les personnes en famille surtout sont étonnées d'avoir randonné à quelques pas du lieu d'une attaque, surtout sur des chevaux ou des bovins, sans jamais avoir été informées qu'elles se trouvaient en plein territoire de l'ours. Cette notion de territoire est au coeur de la crise de l'ours dans les Pyrénées. Dans aucun pays d'Europe, on n'a lâché ainsi des ours au milieu de zones très fréquentées, sans autre information que quelques dépliants disponibles ... en mairie, quand nos petites mairies d'Ariège sont parfois ouvertes 2 heures seulement par semaine. Espagne, Italie, Etats Unis même : les consignes de sécurité en zone à ours sont draconiennes. Nous avons alerté à plusieurs reprises l'Etat du risque que ces carences faisaient courir aux populations peu informées, en vain.
La fréquence des attaques surprend également le grand public, qui a peu souvent l'occasion de connaître les véritables chiffres. Nous donnons ci-après un extrait de deux semaines du tableau des prédations 2007. Toutes ces attaques ont été imputées à l'ours directement, ou après avis de la commission dommages.
Ariège - Attaques imputables à l'ours - 1ère quinzaine de juin 2007
|
Date |
Lieu |
Dommage ours |
|
1er juin |
Garanou |
1 ruche |
|
2 juin |
Les Bordes sur Lez |
2 brebis mortes |
|
4 juin |
Larcat |
1 vache morte |
|
6 juin |
Couflens |
1 brebis morte |
|
6 juin |
Merens |
1 brebis morte |
|
8 juin |
Gesties |
1 agneau mort |
|
10 juin |
Ascou |
1 brebis morte |
|
14 juin |
Seintein |
3 brebis et 2 agneaux morts |
|
16 juin |
Mijanès |
1 taureau mort |
Parmi
L
|
Prédations 2007 |
OVINS |
BOVINS |
EQUINS |
RUCHES |
AUTRES |
|||
|
Tués |
Blessés |
Tués |
Blessés |
Tués |
Blessés |
|||
|
348 prédations
Indemnisées directement ou en commission |
273 |
20 |
12 |
9 |
8 |
1 |
23 |
2 |
|
6
prédations Non
indemnisables |
1 |
1 |
4 |
|
|
|
|
|
|
79 constats pour 354 dommages déclarés |
274 |
21 |
16 |
9 |
8 |
1 |
23 |
2 |
Car en cas d'attaque l'éleveur n'est jamais gagnant, malgré les dédommagements prévus par le plan ours. Sait on que seules les brebis retrouvées sont indemnisées ? Pour la seule estive de Saint Lary, où l'ourse Hvala a élu domicile avec ses deux oursons, plus de 80 bêtes manquent à l'appel à la descente d'estive. La perte, énorme, n'est pas indemnisée. Avant l'ours, un troupeau perdait moins d'une dizaine de bêtes en transhumance, dont la plupart étaient retrouvées et identifiées. En cas d'attaque l'affolement du troupeau est total. Les bêtes, surtout blessées, se dispersent sur les centaines d'hectares de l'estive. Malgré les recherches, des jours durant, des éleveurs, du berger, les amis venus en renfort elles iront mourir seules dans un endroit inaccessible, à plusieurs heures de marche du lieu de l'attaque, et seront dévorées entièrement par les vautours, les renards et les rongeurs en quelques heures. Il faut l'avoir vu pour le croire, rien ne reste, pas même la peau ; les os aussi sont emportés, à part quelques miettes disséminées dans l'herbe, le plus souvent indécelables. Les photos d'une des attaques de Saint Lary ici.
Nous dénonçons l'injustice flagrante du système d'indemnisation. Pour n'importe quel autre sinistre survenu sur le sol français aux biens et aux personnes (accident, catastrophe naturelle, agression vandalisme etc ...) le préjudice total est évalué : blessures, perte de travail, de chiffre d'affaire, precium-doloris (douleur physique ou morale) etc ... Le préjudice global d'une attaque d'ours n'est jamais évalué, et encore moins indemnisé. Une brebis est tuée, une brebis est remboursée au prix de la viande. Temps perdu, perte de productivité, perte de patrimoine génétique, rien de tout cela n'est considéré. Nous l'expliquons en détail ici. Si vous ne l'avez déjà parcouru, vous apprendrez beaucoup sur le métier d'éleveur en montagne, la façon dont il produit et obtient ses revenus, dans ce chapitre.
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Ariège : les dommages d'ours en 2007
La diffusion de la localisation, qui incombe à l'équipe technique de l'ours basée à Villeneuve de Rivière, près de Saint Gaudens (31), montre de graves dysfonctionnements. Le répondeur n'est pas mis à jour en temps réel, mais plusieurs jours après le relevé des indices ou l'expertise d'une attaque. Plus grave encore, certaines informations sont fausses ou délibérément cachées au grand public. Le plus récent exemple est la descente de Balou dans la plaine Ariégeoise. Signalé sur le répondeur jusqu'au 9 avril 2008 comme étant présent à Aulus les Bains, il était pendant cette semaine pourchassé aux portes de Foix par une dizaine de techniciens de l'équipe de suivi de l'ours, assistés d'un avion et de forces de gendarmeries conséquentes, dans le plus grand secret ...
Un secret levé par l'Aspap, grâce aux informations que nous avons recueillies en direct des habitants de cette zone. Une fois de plus, l'Etat n'a prévenu aucun des éleveurs sur le terrain, ni les maires des communes limitrophes de celle où ils avaient pourtant bien repéré Balou. Heureusement la chaine de solidarité a joué encore une fois et nous avons pu alerter les éleveurs, généralement les premiers touchés. Mais qu'en est-il des particuliers, de habitants, des promeneurs ? Comment peuvent-ils être informés si même leur maire ne l'est pas ?
La mise à jour de notre liste de localisation repose sur la vigilance et la solidarité de chacun, n’hésitez pas à appeler l’Aspap pour signaler tout indice de présence, attaque, ou mouvement important de véhicules de l’ONCFS. Chacun peut nous appeler également pour connaître ces informations, seule la localisation sera communiquée, et le respect des personnes assuré, tout en apportant des informations précieuses pour tous.
L’ASPAP a également réalisé un aide-mémoire à destination des éleveurs, particuliers, bergers victimes d’une attaque présumée de l’ours. . Enfin s’il le souhaite, chaque éleveur, chaque berger, chaque président de Groupement Pastoral peut être accompagné lors des expertises par un des bénévoles de l’association. Pour tout signalement, conseil ou toute question, appelez nous au 06.30.29.90.86.
Pour télécharger la version "de poche" imprimable du mémento en cas d'attaque, cliquez ici
« experts » et « expertises »
Vous avez été victime ou pensez avoir
été victime d’une attaque d’ours : sachez que, quelque soit le comportement des
experts, vous êtes une victime et non un coupable. A ce titre, vous méritez
l’attention, voire la compassion de tous les agents travaillant pour le
programme ours qui sont, ce jour là, à votre disposition
Ces « experts des dommages d’ours» n’ont d’expert que le nom.
Ils
sont issus
de l’ONCFS, de l’ONF ou, plus stupéfiant encore, de
l’ADET, association militante pro-ours dont on a vu à plusieurs reprises,
qu’elle n’avait pas beaucoup d’état d’âme pour minimiser les conséquences des
prédations de l’ours. Pour ce qui est des prédations dans le cœur du Parc
National (en Hautes-Pyrénées et Pyrénées Atlantiques) ou la future zone d’adhésion (zone périphérique), les « expertises »
sont assurées par des gardes du Parc National.
Au cours de l’été 2006, plusieurs conflits sont nés entre éleveurs et
« experts » du fait, le plus souvent, d’un comportement suspicieux de la part de
ces personnels. Certains sont même allés jusqu’à refuser de remplir le moindre
dossier, d’examiner la carcasse, de prendre des photos.
Il est évident qu’un tel comportement est inadmissible et ne doit pas être
accepté. Mieux encore, il doit être immédiatement dénoncé par l’éleveur sous la
forme d’un dépôt de plainte auprès de la gendarmerie la plus proche.
Ces conseils sont donnés à titre indicatif. Ils doivent être adaptés à chaque
cas particulier selon les lieux, les circonstances, les conditions du moment,
etc….
Le constat de dommages d'ours
a.
Comme pour un accident
de personnes, donner ou faire donner l’alerte le plus rapidement possible au
numéro de téléphone dont vous disposez.
b.
Si ce numéro est
indisponible (hors horaires de travail d’une administration tel que soir, WE et
jours fériés), laisser un message sur le répondeur téléphonique s’il existe et
informer la gendarmerie la
plus proche
c.
Noter le numéro de
téléphone, le nom de la personne qui vous a répondu et l’heure précise d’appel.
d.
Fournir le ou les lieux précis de la prédation, le nombre de carcasses, de bêtes
blessées retrouvées, ainsi que le nombre de bêtes disparues lorsque c’est
possible (au moins une approximation)
e.
Prendre immédiatement
rendez-vous, pour le plus rapidement possible (le jour même ou le lendemain
matin à la première heure) avec les « experts ».
a.
Recouvrir les carcasses
d’un plastique bleu, type sac poubelle, tenu par des pierres : cela protègera la
carcasse des prédateurs et permettra de la repérer de loin pour l’expertiser.
b.
Prendre des photos des
prédations (bêtes mortes et blessées), de préférence numériques ou avec un
téléphone. Pour situer le lieu, les conditions de l’attaque et la position des
carcasses, penser à prendre une photo de situation générale montrant les
carcasses et/ou les bêtes blessées.
c.En
cas de refus d’expertise rapide ou d’impossibilité de joindre l’organisme en
charge des expertises, déposer une main courante à la gendarmerie et
éventuellement une plainte pour refus d’expertise entraînant la disparition des
preuves matérielles.
a.
Les agents assurant
l’expertise sont assermentés. Ils ne sont pas officiers de police judiciaire.
L’expertise n’est pas une enquête criminelle. La présence de tierces personnes
sollicitées par l’éleveur ne peut pas être interdite et l’éleveur peut se faire
assister de toutes personnes de son choix.
b.
Noter le nom et prénom
de « l’expert » et son administration de rattachement
c.
Poser des questions sur les ours : localisation, nombre, ce qui se passe sur les
autres estives, etc…. Les informations circulent mal. Elles sont donc toutes
bonnes à prendre pour vous et pour les autres.
4 -
La presse et les photos
La presse ou toute autre personnes peuvent être présentes et prendre des photos.
Il faut simplement respecter quelques règles pour ne pas effacer et faire
disparaître malencontreusement des indices.
De même, tout documents peut lui être transmis. Les constats et les photos
peuvent parfaitement être diffusés sur Internet.
5 - Comportement individuel de l’éleveur :
a. Agir de manière professionnelle. L’éleveur et le berger sont des professionnels de l’élevage et du milieu naturel disposant d’une expérience incontestable.
b.
Etre le plus précis
possible
c.
Etre
sur de soi, ne pas se laisser impressionner, garder son sang froid, rester poli
et correct vis-à-vis des agents d’expertise.
6 -
Le carnet « ours » et informations diverses
Il s’agit d’un document personnel et officieux sur lequel vous faites vos
propres observations. C’est une sorte d’aide mémoire qui, plusieurs mois après,
peut vous aider à apporter des précisions.
A chaque fois que vous montez à l’estive vous y indiquez : la date et l’heure
des observations, le temps (pluie, orage, brouillard….), le comportement du
troupeau, les rencontres faites, etc….
La procédure d'indemnisation débute en même temps que l'expertise elle-même. La façon dont le dossier d'expertise va être complété par le garde de l'Office national de la chasse, ou le technicien de l'équipe de suivi, sont déterminantes.
Le dossier d’expertise
Commençons par expliquer comment est composé et rempli un constat d’expertise.
En effet, à notre grande surprise, même les services de l’Etat (DDAF et
Préfecture) semblent ignorer comment les choses se passent sur le terrain.
Le dossier à remplir est constitué de 2 parties
Une première partie
composée d’un feuillet intitulé « déclaration de dommages au cheptel formulaire
éleveur ou berger »
Sur ce formulaire, l’éleveur ou le berger mentionne la date, le nom de l’estive,
le nombre de bêtes mortes ou disparues, le nom des propriétaires des animaux,
ses observations particulières et le fait qu’il a demandé un constat tel jour à
telle heure.
Ce document est signé seulement par l’éleveur ou le berger.
Une deuxième partie
composée de 9 pages intitulé « constat de dommages au cheptel- formulaire
expert »
Uniquement rempli par l’expert (et en général mal rempli, des rubriques entières
restant vides notamment toutes celles qui concernent la localisation des ours)
ce formulaire contient les rubriques suivantes : coordonnées de la victime, date
du dommage, examen des animaux expertisés, autres causes possibles du dommage,
localisation des dommages, nature du bétail blessé ou tué, indices d’ours à
proximité, indices d’ours dans le secteur à la même période, des renseignements
complémentaires liés à l’estive (nombre et type de bêtes, téléphone,
gardiennage, présence de chiens de conduite et de protection) et enfin d’autres
informations telles que météo, remarques du propriétaire ou du berger, et enfin
les conclusions de l’expert.
Nulle place n’est prévue pour noter le nombre et l’angle des photos prises
(comme ça, l’expert joindra à son rapport seulement celles qui étayent sa thèse)
Ce document est signé par le seul expert.
5
Bien souvent, lors de l’expertise, l’expert prend des notes sur un carnet ou sur
une feuille volante. Il va ensuite remplir son rapport, parfois loin des
carcasses, parfois même le lendemain, dans la vallée, comme en attestent les
dates mentionnées sur ces rapports.
L’éleveur ne connaîtra le contenu du dossier de l’expert et la suite donnée à
son affaire, qu’une quinzaine de jours après, quand la DDAF lui adressera copie
du dossier de l’expert et le verdict qui lui est associé.
Difficile alors, pour lui, d’aller recueillir des preuves, de prouver que
certaines photos manquent, de faire expertiser l’affolement du troupeau,
difficile tout simplement de se défendre.
Si cela ne lui convient pas, il pourra alors faire appel dans les 2 mois auprès
de la commission « dommage d’ours » qui n’aura pas non plus d’éléments et de
méthode fiable pour trancher.
Nous contestons
Cette méthode de travail ou plutôt cette absence de méthode de travail sur un
sujet aussi douloureux pour les victimes. L’Etat qui adjuge des moyens
pharaoniques à des pseudos-associations pro-ours serait plus avisé de consacrer
ses deniers à une juste estimation et réparation des dégâts de l’ours.
Depuis plusieurs années, le « dossier d’expertise » a été fortement remis en
question sans que la DIREN ait jugé utile de le modifier. Certaines rubriques,
jamais remplies ou remplies de manière fantaisiste ou n’ayant rien à voir avec
l’attaque, doivent être supprimées.
D’autres, notamment concernant le comportement du troupeau, élément important
lors d’une attaque, doivent être ajoutées.
Comme dans toute procédure officielle, les pièces justificatives doivent être
décrites et numérotées (photos, témoignages, etc…)
Des choses très simples, qui auraient dues être mises en place de puis longtemps
pour préserver les droits des victimes :
-
que les experts soient
indépendants et non salariés d’une administration d’Etat ou d’une association
subventionnée par l’Etat
-
qu’un constat
contradictoire, daté, rempli par l’éleveur et l’expert et co-signé par eux, soit
établi au plus vite, sur le lieu même de la prédation
-
que ce rapport
mentionne l’ensemble des éléments de preuves (nombre de photos faites, relevés
d’indices, témoignages, comportement du troupeau, passages d’ours à proximité,
etc…)
-
qu’un double en soit
remis immédiatement à la victime ou à son représentant
Une négociation doit s’engager au plus vite avec l’Etat sur ces bases, faute de
quoi, la seule méthode pour faire valoir nos droits sera le recours à la justice
qui saura nous dire si elle estime que, dans cette opération menée par l’Etat,
les droits des victimes ont été équitablement préservés.
Des programmes déconnectés de la réalité
Liberté, responsabilité, loisirs ... quel impact pour les usagers de la montagne ?