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L'AVIS DES SCIENTIFIQUES
La réintroduction d'ours est scientifiquement infondée ! Explications ...

 

André ETCHELECOU,
Président du Comité Scientifique du Parc National des Pyrénées,
géographe,
professeur à l'Université Pau-Pays de l'Adour.
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Jean-Louis ETIENNE,

médecin, explorateur
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Claude ALLEGRE,
physicien,
ancien ministre de la Recherche, de la Technologie
et de l'Education Nationale. 
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Michel CLIN,

ancien président du Comité Scientifique du
Parc National des Pyrénées,
géologue,
professeur émérite à l'Université Bordeaux 3.

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Jean-Pierre DIGARD,
ethnologue,
directeur de recherche au CNRS.
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Yves COPPENS,

paléontologue  
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Corinne EYCHENNE,
géographe,
maître de conférences en géographie à l'Université Toulouse-Le Mirail.

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André ETCHÉLÉCOU,
Président du Comité Scientifique du Parc National des Pyrénées, géographe, professeur à l'Université Pau-Pays de l'Adour.

Quel est l'avenir de l'ours brun dans les Pyrénées ? La lignée pyrénéenne est terminée. C'est ainsi. Il faudra s'y faire. Et, contrairement à ce que l'on entend, l'ours n'est pas en voie de disparition à l'échelle européenne. La véritable question qui se pose maintenant est celle-ci : pour quelles raisons notre société veut-elle des ours dans les Pyrénées ? Pour l'image ? Le tourisme ? La chasse ? Pour moi, la biodiversité n'est qu'un argument puisque la souche pyrénéenne n'existe plus. Une réintroduction, aujourd'hui, doit demander une profonde réflexion. La montagne n'est pas un immense zoo ! [...] . Avec l'ours, on assiste à l'apparition progressive d'une notion floue qui est l'espèce emblématique. Je crains que l'on arrive à terme à la création de secteurs de gestion d'isards ou d'ours. Ils seront créés en fonction des attentes du public. Le risque, c'est de transformer la nature en jardin public. Et c'est inadmissible. Il faut voir comment ça se passe au Kenya ! C'est totalement artificiel. Veut-on reproduire cette situation chez nous ? Propos recueillis par Patrice Sanchez.

Source : Sud-Ouest du 4 décembre 2004 et du 13 mars 2006.  

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Jean-Louis ETIENNE,
médecin, explorateur.

Il est ridicule de vouloir réintroduire des ours dans les Pyrénées.
La quasi-disparition de l'ours dans les Pyrénées n'a pas entraîné un déséquilibre écologique qui justifie sa réintroduction.
L'ours ne fait plus partie de la biodiversité des Pyrénées. L'homme en revanche a pris de la place et cela pose désormais des problèmes de cohabitation et de sécurité. Il est toujours délicat de se mettre à jouer avec les espèces. A une époque, en Albanie, on a réintroduit des serpents. Pour compenser leur expansion, on a amené des hérissons, et pour compenser l'expansion de ces derniers, on a alors augmenté le nombre de rapaces...

Il me semble irréaliste et inconcevable de parquer 600 000 ovins tous les soirs sur l'ensemble du massif pour que 15 ours puissent gambader en toute liberté. On est en train de donner les pleins pouvoirs à des ours. Il faudrait leur accorder un territoire fermé. Or, aujourd'hui, on transforme les Pyrénées en un zoo grandeur nature. Les ours sont incontrôlables.

C'est extrêmement compliqué de réintroduire des espèces parce que, tout d'un coup, ça bouscule un écosystème qui n'est plus familiarisé, qui n'est plus habitué à la présence de l'ours, même l'homme n'est plus habitué à la présence de l'ours.
J'ai l'expérience de cet animal, l'ours brun au Canada et l'ours blanc au Spitzberg. Quand je vois la minutie avec laquelle les populations au Canada sont préparées à vivre avec ou à rencontrer le plantigrade, je me dis que nous, pyrénéens, ne sommes pas prêts à cette rencontre. La réaction d'un ours surpris avec ses petits, par exemple, peut être imprévisible. Et il faut savoir que recevoir un coup de patte d'un ours peut tuer...
Il va falloir repenser toute l'éducation, notamment des promeneurs, faire très attention avec la nourriture... Il faut réapprendre à vivre avec l'ours, c'est un changement radical des comportements.

C'est une reconquête historique. Or, on ne fait pas le futur avec des recettes anciennes. Ce regard vers le passé est très symbolique. On veut retrouver l'insouciance de l'enfance. Je me méfie de cette nostalgie d'une nature originelle qui serait celle de sa jeunesse. On est beaucoup plus dans l'affect que dans le scientifique.
Reconquérir le territoire de l'ours, esthétiquement, intellectuellement, c'est intéressant. Mais le coût humain est exorbitant par rapport au gain écologique !
La réintroduction de l'ours dans les Pyrénées génère des complications qui ne sont plus d'actualité.

Le pastoralisme est la meilleure façon d'entretenir les montagnes. Chaque perte est vécue comme un deuil par les bergers. Les compensations financières prévues ne pourront jamais combler tout le préjudice.
Je comprends que cela énerve les éleveurs. Ce qui me peine, c'est cette division entre pyrénéens, [...], plus préjudiciable encore que la disparition de l'ours. Puisqu'il a été engagé, il faut aller au terme de ce programme de réintroduction, en dédramatisant... et arrêter.

Extraits de déclarations (réorganisées par thèmes), d'après les sources suivantes : France 2, « On a tout essayé » Laurent Ruquier du 20 mars 2006, Le Figaro du 26 mai 2006, La Dépêche du Midi du 4 juin 2006, correspondance privée du 29 avril 2006. Jean-Louis Etienne, grand défenseur de l'environnement, natif de Castres (81), s'est illustré ces 20 dernières années en tant qu'explorateur, notamment lors d'expéditions vers les régions polaires.

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Jean-Pierre DIGARD,
ethnologue, directeur de recherche au CNRS.

Aujourd'hui, le citoyen urbain est mu par un sentiment «animalitaire», décalque de l'humanitaire, nourri de culpabilité. Il est omnivore, il mange de la viande. Pour assumer en toute conscience l'abattage de millions d'animaux domestiques vaches, cochons, volailles, les citadins modernes ont besoin de porter au pinacle d'autres animaux, dans deux catégories opposées : l'animal familier, chien, chat, plus choyé que jamais, et, à l'autre extrême, l'animal sauvage. Celui-ci est le parangon de la nature, un animal que l'on croit vierge de l'action humaine, réputée mauvaise. Cette représentation de la nature est majoritaire et donc «politiquement correcte». Les politiques n'y sont pas insensibles, soit parce qu'ils la partagent, soit par opportunisme électoral. [...] .

Pour eux [les éleveurs], la menace n'est pas seulement affaire de symbole. Ils vivent une crise de l'élevage extensif dans laquelle l'ours représente une nouvelle source de dégâts potentielle. [...] . 

L'ours brun n'est pas une espèce menacée. Et la protection ou la réintroduction d'une espèce n'est pas forcément bénéfique pour la biodiversité. Les loups, dans les Alpes, ruinent les efforts de réintroduction du mouflon de Corse. Il faut préserver les espèces sauvages menacées car la pression humaine est de plus en plus forte. Mais la coexistence n'est pas toujours possible : il n'y a souvent d'autre choix que de créer des sanctuaires. En Inde, les éleveurs coexistent avec les derniers lions asiatiques qu'ils ont toujours connus. Il en serait différemment s'il s'agissait de les réintroduire. Il faut protéger les espèces avec discernement. Mais la «liste rouge» des espèces menacées impose une même protection urbi et orbi. Ainsi, une espèce protégée devient une nuisance en puissance. Tel le cormoran, une plaie pour la pisciculture en Ile-de-France.

Propos recueillis par Corinne BENSIMON. Source : Libération du 6 mai 2006 « Protégeons avec discernement ».
Après avoir travaillé sur les sociétés d'éleveurs nomades, Jean-Pierre Digard a étudié les relations à l'animal dans les sociétés développées et publié des essais sur cette question, notamment Les Français et leurs animaux (Hachette).  

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Claude ALLÈGRE,
physicien, ancien ministre de la Recherche, de la Technologie et de l'Education Nationale.  

 L’homme doit vivre en équilibre avec sa planète, faute de quoi il se détruira lui-même. D’autres espèces qui ont régné sur la Terre, parfois pendant des millions d’années, ont disparu, faute d’avoir su s’adapter aux changements. Mais, sauf à défendre une conception résolument religieuse, il faut admettre que l’homme est lui-même un élément de la biosphère, un produit de son évolution géologique et, comme toutes les espèces, il se préoccupe de ses intérêts dans la dure compétition de la nature. Si l’évolution lui a donné cet extraordinaire instrument qu’est le cerveau « intelligent », il doit l’utiliser au profit de la survie de son espèce. Intelligent, l’homme sait que celle-ci dépend aussi de l’ensemble de la biosphère et qu’il ne doit pas recourir à une stratégie du comportement strictement égoïste. [...] .

 J’invite aussi chacun à examiner sereinement ces deux « fronts écologiques » des Alpes et des Pyrénées, où s’affrontent les tenants de la réintroduction du loup et de l’ours, et les petits éleveurs. Rien, écologiquement, ne demande que l’on introduise des loups ou des ours en France - ailleurs que dans des parcs nationaux clôturés.

 Ceux qui agissent ainsi se font une idée fausse de l’écologie. Ils s’attaquent alors à des paysans aux revenus modestes qui n’ont pas les moyens financiers de se défendre. Ils mettent en péril l’agriculture de montagne, élément essentiel de l’équilibre ville-campagne.

 Que se passerait-il si l’on proposait de réintroduire en Beauce le criquet pèlerin ou le charançon sous prétexte qu’ils ont été éliminés par l’homme ? Les gros céréaliers - qui, eux, ont les moyens de se défendre - ramèneraient très vite tout le monde à la raison. Nos écologistes feraient mieux de s’attaquer au repeuplement de nos rivières en truites, ablettes, brochets, sandres ou perches, car leur destruction progresse de manière inéxorable ! S’occuper des ours est plus gratifiant médiatiquement.

 Alors, combien de temps encore va-t-on tolérer les incartades de citadins désabusés qui, pour donner un sens à leur vie, détruisent avec application le monde rural qu’ils ne connaissent pas et qu’en fait ils jalousent ?

Source : l’Express, 25 mai 2006. La chronique de Claude Allègre : « Gêneurs des alpages : Vouloir réintroduire le loup ou l’ours, c’est se faire une idée fausse de l’écologie ».  

Un seul sujet provoque chez quelques-uns de nos lecteurs des réactions d'une grande violence : les loups dans les Alpes et les ours dans les Pyrénées. Il est vrai que je me situe clairement dans le camp des éleveurs de montagne, auxquels je suis attaché. Parmi les auteurs de lettres furieuses figurent surtout des citadins. Aucun villageois de montagne ne m'a jusque-là écrit. Instruit par une longue expérience pédagogique, je sais que le bon sens finit toujours par l'emporter. Je persévère donc et, en même temps, je précise ma pensée. 

 Je suis persuadé, depuis longtemps, qu'il faut économiser notre planète et protéger la biodiversité, facteur d'équilibre général essentiel. [...] . Je sais que les grands mammifères sont utiles pour ces équilibres. Leur développement, ou non, est un indicateur écologique important par application des principes de hiérarchie de l'écosystème [...]

 Aussi, je suis avec intérêt les efforts du gouvernement indien pour protéger les 3 000 tigres qui restent en Inde, avec la création de réserves dont sont exclus les villages. Je suis aussi, avec ferveur, les efforts déployés pour interdire les filets dérivants, en Méditerranée notamment, afin d'éviter les hécatombes de dauphins, animaux dont la proximité avec l'homme est étonnante. Je ne comprends pas bien, en revanche, la démarche qui consiste à réintroduire des ours dans les Pyrénées ou des loups dans les Alpes, quand ces opérations se font à l'intérieur de territoires où existent une agriculture et un élevage de montagne. Si on veut poursuivre cette politique, il faut mettre en place des réserves naturelles, avec des barrières qui les séparent des territoires où vivent et travaillent des hommes [...]

 Source : L'Express du 13/07/2006. La chronique de Claude Allègre : « Biodiversité, biopriorités : avant de réintroduire loups et ours, il est urgent de retrouver nos truites, nos mésanges, nos hêtres... ».

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 Michel CLIN,
ancien président du Comité Scientifique du Parc National des Pyrénées, géologue, professeur émérite à l'Université Bordeaux 3.

Le projet de programme de restauration et de conservation de l'Ours Brun dans les Pyrénées est perçu de manière plutôt positive par une majorité de la population française. Toutefois, le bilan des réunions de concertation qui se sont déroulées particulièrement dans les vallées béarnaises fait émerger des positions exacerbées avec une large majorité apparente – en Béarn – défavorable au projet. 

 Le Comité Scientifique du Parc National des Pyrénées souligne, à la lumière de l'histoire des 25 dernières années, et à la lumière des données scientifiques acquises, l'importance toute particulière à accorder à l'acceptation sociale de tout projet de réintroduction.

 Source : Avis du Comité Scientifique du Parc National des Pyrénées du 22 juin 2005.

Lors de la mort de l'ourse Cannelle en 2005, un effet d'annonce engagea le Ministère de l'Environnement et du Cadre de Vie dans une procédure ambitieuse de « restauration » de la population ursine par réintroduction programmée d'individus importés. La suite des évènements est connue : aujourd'hui, une décision est prise, qui doit être mise en oeuvre, et qui rencontre une opposition locale réelle. Et chacun dans l'opinion (hormis les valléens intéressés) de se poser, avec quelque candeur, la question de savoir s'il faut être « pour ou contre l'ours », oubliant que la décision est politique, et qu'elle a des implications économiques et aussi éthiques. Ainsi la fronde des éleveurs va-t-elle bien au-delà d'une simple mesure de compensation financière des dommages. 

 On observera que le Comité Scientifique du Parc National des Pyrénées, consulté en aval de la décision de réintroduction annoncée, a rappelé la finalité du programme, celle de l'instauration d'une population viable d'ours à l'état sauvage, soulignant que le maintien de cet état est une exigence éthique et définissant en ce sens un principe d'action de de la gestion de l'espèce. Le Comité a mis en garde contre toute disposition comportant le risque d'induire une dépendance vis-à-vis de l'homme. Comme par exemple le « suivi télémétrique », susceptible de devenir permanent (et donc d'instrumenter le comportement des animaux). Sur ce point, l'avis du Comité Scientifique ne paraît pas avoir été retenu : comme l'ont décrit les journaux lors des premiers lâchers, les ours ont été « équipés » en vue d'un suivi.

 Soyons lucides. Schématiquement, deux conceptions opposées sont plus ou moins explicitement en présence, ou vont l'être : respect de l'état sauvage pour raison d'éthique, contrôle de comportement en fonction de la coexistence ours-troupeau, pour raison socio-économique. [...]

En tout état de cause, à ce jour, le terme de « restauration » est proprement fallacieux.

Source : Pyrénées n°227 de juillet 2006. Chroniques : « Ours : quelle réintroduction ? ». 

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 Corinne EYCHENNE,
géographe

maître de conférence en géographie à l'Université Toulouse-Le Mirail

Le travail que j'ai réalisé montre que les dés sont pipés lorsqu'on parle de l'ours aujourd'hui. Au-delà des considérations techniques, qui sont importantes, ce qui se joue ici représente une violence symbolique de tout premier ordre. L'absence de concertation et de prise en considération de la parole des éleveurs, la remise en cause systématique de leurs propres pratiques pastorales, toujours envisagées et jugées en terme de dégradation des pratiques ancestrales supposées optimales alors que tout le contexte a changé, témoignent d'une remise en cause de leur légitimité sur les territoires d'altitude qu'ils ne peuvent évidemment pas accepter, quelles que soient la nature et la hauteur des compensations envisagées 

Source : Le Trait d'Union Paysan du 1er septembre 2006.
Corinne Eychenne est l'auteur du livre Hommes et troupeaux en montagne, la question pastorale en Ariège. (L'Harmattan).  

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Yves COPPENS,
paléontologue

Je pense en effet que le développement de l'homme a entraîné et entraîne encore la disparition d'un certain nombre d'espèces mais ces espèces ont toujours disparu, d'autres sont apparues. C'est vrai que l'homme a une action plus puissante encore d'autant plus qu'il se développe et qu'il développe son économie puis par la suite son industrie et tout ceci n'est pas très favorable au maintien de la vie végétale ou animale. (...) 

 Alors je crois que la biodiversité en effet est en danger dans certains endroits et dans certains secteurs. J'ai même signé des papiers pour défendre la réintroduction de l'ours dans les Pyrénées, mais c'est vrai que l'ours aussi bien que le loup posent des problèmes de voisinage pour les riverains et en général ceux qui les défendent ne sont pas riverains de ces bêtes. Lorsque par exemple mon ami Hubert REEVES veut défendre l'ours en disant qu'il faut un prédateur dans un écosystème, il oublie que l'écosystème c'est un agro-écosystème et que le prédateur, c'est l'homme. C'est à dire que nous participons aussi à cette biodiversité nous-même, en y ajoutant d'ailleurs une culturo-diversité qui n'est pas non plus à négliger et qui est à prendre en compte.

 Donc je suis conscient de ces dangers, je ne suis pas angélique, heureux de trouver que tout est beau dans le meilleur des monde, ceci dit, il faut être vigilant, faire attention à ce que nous faisons mais comme l'homme s'inscrit dans l'évolution de l'univers, de la Terre et de la vie, tout à fait à sa place et que son évolution sociale et son évolution économique s'inscrivent aussi dans cette histoire-là, il n'y a pas de discontinuité et il n'y a aucune raison de le priver d'un développement qu'il a tout à fait le droit de produire.

  Source : France Inter, le 25 novembre 2005.

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