Le Cantou », c’est l’espace près du foyer où l’on vient s’asseoir bien au chaud, sous l’immense manteau des cheminées ariégeoises.
Sur internet, le Cantou est un lieu de paroles, d’histoires grandes et petites, de réactions à l'actualité. Depuis les bonnes recettes jusqu’au récit d’une rencontre avec un lieu, un personnage, ou l’ours, paroles de jeunes, paroles d’anciens … ici les Pyrénées s’écoutent, pour ceux qui y vivent, ou en sont éloignés.
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M. Benhammou écrit en idéologue, pas en scientifique
B.Besche-Commenge – 24 septembre 2009
Dans un style très orwelien, où le langage est manipulé,
tordu en un sens favorable à son
idéologie, M. Farid Benhammou publie dans la revue de FERUS
un article intitulé: « Parler
de la nature en la méprisant ».
Une fois de plus, M. Benhammou propose une analyse non scientifique mais totalement idéologique dans le mépris hautain dont elle fait preuve à l’égard de ceux qui ne la partagent pas. Et donc, orwelien en cela, c’est aux autres que par un tour de passe passe lexical il attribue ce mépris qui suinte en fait tout au long de ses lignes.
A) – « La gamelle »
Est-ce parce qu’il se sent concerné, qu’il s’en prend violemment à ces propos de l’ASPP 65 : « le fonds de commerce de ces associations nombreuses et variées mangeant à la « gamelle » de l’ours sous prétexte de biodiversité à bon compte » ? M. Benhammou sait pourtant très bien un certain nombre de choses à propos d’ours et de biodiversité à bon compte :
- l’ours brun n’est pas une espèce menacée, rien à voir par exemple avec le panda, emblème du WWF ;
- il n’est pas davantage une « espèce parapluie » censée protéger les milieux par sa seule présence ; sa propension à vider les poubelles ne fait pas pour autant des dépôts d’ordure de hauts lieux environnementaux ;
- la population pyrénéenne d’ours est définitivement éteinte ;
- la population slovène n’a pas besoin des Pyrénées pour exister ; elle est d’ailleurs chez elle nourrie notamment avec des carcasses de bétail comme l’indiquent eux mêmes les responsables slovènes de l’environnement, et cette familiarité explique le comportement de ces carnivores dans les Pyrénées; les mêmes responsables font aussi état du nombre croissant d’attaques graves aux humains;
- les très nombreux sites Natura 2000 des Pyrénées, reconnus pour leur richesse environnementale, l’ont été à l’origine et le sont toujours alors que l’ours en était absent : ce qui confirme que le « parapluie » définitivement fermé n’empêche en rien ces milieux d’afficher une biodiversité remarquable.
B) - Homme, tradition, pastoralisme, biodiversité
M. Benhammou reproche ensuite à l’ASPP 65 et aux associations similaires: « En pseudo-humanistes, ils recentrent la « vraie protection de la nature » sur l’Homme, alors qu’il s’agit plutôt de défendre les intérêts de certains groupes humains. Voir le débat simplifié sur le pastoralisme « traditionnel » comme seul garant de la biodiversité de montagne, alors que cet élevage n’a plus rien de traditionnel depuis des décennies. »
B1) – Tradition et XXI° siècle : la place de l’homme
Cette dernière affirmation est intéressante : pour être « traditionnel », faudrait-il vivre et agir comme au Moyen-Age ? Le droit de tout travailleur à jouir des conditions modernes de vie et de travail devrait-il être dénié aux éleveurs pyrénéens ? Le droit aussi d’adopter et d’adapter à leurs pratiques, les moyens scientifiques et techniques modernes sans pour autant abandonner ce qui de la « tradition » reste et restera une nécessité incontournable tant qu’il y aura des Pyrénéens:
- des races autochtones d’élevage qui auraient disparu sans la volonté de ces éleveurs de les continuer ;
- des formes de surveillance du bétail en semi-liberté dont l’enquête historique montre qu’elles ont toujours été consubstantielles à ces races, ces éleveurs, ces milieux, et dont il est reconnu qu’elles sont constitutives de ces races au même titre que la génétique : « ressources gérées dans leur milieu traditionnel de culture ou d’élevage qui, de fait, constituent la base génétique du champ couvert par l’agrobiodiversité. » (Charte du Bureau des Ressource Génétique cosignée par Ministères de l’Agriculture et de l’Environnement en 1998, page 64) ;
- des produits et des formes de commercialisation qui répondent aux nouvelles nécessités d’une production moins intensive et industrielle, d’une production de proximité pour éviter les longs transports générateurs de pollution, et aux nouveaux besoins des consommateurs (et avec l’AOC ovine Barèges-Gavarnie, l’ASPP65 est à la pointe de cette version moderne de la tradition).
C’est bien « l’Homme » qui est ici concerné, et c’est l’un
des axes majeurs que la Conférence de Rio avait placé au centre de ses
préoccupations :
« Principe
1 - Les êtres humains sont au centre des préoccupations relatives au
développement durable. Ils ont droit
a une vie saine et productive en harmonie avec la nature. ». En ce sens les
chapitres 14 et 15 de l’Agenda 21 qui fixe la mise en œuvre des principes
adoptés, insistent :
- sur la
nécessité de respecter et protéger « les
savoirs, innovations et pratiques qui constituent le mode de vie traditionnel
des populations autochtones et locales » , innovations ET mode de vie
traditionnel M. Benhammou, aucune contradiction entre les deux mais une
synergie ;
- sur le
nécessité « de préserver la diversité actuelle des races animales pour
faire face aux besoins futurs, y compris pour les applications biotechniques.
Certaines races locales d'animaux présentent, outre leur valeur socioculturelle,
des caractéristiques uniques quant à l'adaptation, la résistance aux maladies et
les utilisations spécifiques, et mériteraient d'être préservées.
».
B2) – Pastoralisme et biodiversité
C’est justement dans les réunions plénières de la Convention de la Diversité Biologique (CDB) mise en place à la suite de la Conférence de Rio que l’on trouve sans cesse affirmée la relation entre ces deux réalités. Ainsi, en 2004, lors de la réunion de Kuala Lumpur consacrée à la « Diversité biologique des montagnes » :
- « tenir compte des connaissances, des innovations et des pratiques des communautés autochtones et locales » (point 6 des décisions, encore la synergie entre tradition et innovation) ;
- rapport final : « C) - 1.2.6. Promouvoir, le cas échéant, le rôle de l’agriculture durable et du pastoralisme, par le recours aux pratiques traditionnelles durables qui peuvent maintenir la diversité biologique dans les écosystèmes de montagne ».
Et parmi des centaines de travaux soulignant cette importance du pastoralisme, de l’élevage extensif, pour la biodiversité, je ne retiendrai qu’un seul document pour son caractère synthétique.
Le site Science
et Décision « apporte des réponses
aux interrogations de chacun d'entre nous sur des réalités scientifiques ayant
un impact sur notre cadre de vie. », le CNRS et l’Université d’Evry en sont
les acteurs. Son comité d’organisation est composé de personnalités reconnues
dans les domaines concernés. Sous le titre « La biodiversité dans les zones rurales », il propose une synthèse
des connaissances que nous retrouvons de façon plus ponctuelle dans tous ces
travaux. Il faudrait tout citer pour bien saisir la complexité des réalités
concernées et l’absurdité de les réduire à telle espèce, fût-elle
« emblématique », nous nous limiterons à ceci :
- à partir des années 1950-60, « augmentation de la productivité, /…/ abandon de l’élevage en plein air, /…/ recours intensif aux engrais et aux pesticides /ont entraîné/ une forte baisse de la biodiversité. » à l’inverse, « « Les paysages qui abritent la plus forte biodiversité sont composés d’habitats semi-naturels. /…/ Les principaux types sont les prairies exploitées de façon extensive ou peu intensive, les vergers traditionnels, les zones boisées (haies, bosquets champêtres, berges boisées). » (Pages 3-4)
- et si « La surface des habitats
semi-naturels a globalement baissé de 3,6 % entre 1994 et 2004 », la
montagne au contraire a su augmenter ces milieux : « Les
surfaces consacrées à l’élevage extensif ont augmenté de
C) – Conclusion
Rien n’est parfait dans les pratiques du pastoralisme d’aujourd’hui, comme hier, comme demain : il y a des raisons internes et externes pour expliquer cela, et je ne connais aucun éleveur pyrénéen pour dire cette stupidité que vous et vos semblables leur prêtez: l’ours est la cause de nos difficultés ! Au lieu de mépriser ainsi leurs pratiques et leurs choix, nous sommes quelques uns (assez nombreux en fait) à réfléchir avec eux aux moyens d’améliorer ces imperfections en un sens favorable aux besoins humains, au bétail, au milieu : au milieu, oui, car tous savent bien que si ce milieu se dégrade c’est à la fois leur bétail et leur vie qui se dégraderont. Et c’est bien cette indissoluble lien entre pratiques et milieu que le récent Grenelle de l’Environnement a souligné, à l’encontre des idéologies de l’ensauvagement :
« Rapport
Groupe 2 - Préserver la biodiversité et les ressources naturelles », page
30 : « La conservation de la biodiversité ne peut ainsi plus se réduire à la
protection des espèces sauvages dans des réserves naturelles. Elle doit
sauvegarder les grands écosystèmes de la planète, appréhendés comme la base et
le support de notre développement.
« Il ne s’agit donc plus de geler une nature sauvage, maintenue dans son état
primitif, à l’abri des interventions humaines/…/ nos activités économiques sont
incluses dans notre environnement naturel ». Ceci est d’autant plus vrai en
France où tous les paysages, réputés naturels ou non, sont le fruit d’une
coévolution du travail de la nature et de l’homme. »
On a tout à fait le droit, heureusement, de prôner le
retour des grands carnivores, ours et loups, de défendre l’idéologie qui les
accompagne. On est alors militant, M. Benhammou, c’est mieux dans ce cas
d’éviter de signer en exhibant ses titres :
Farid Benhammou, géographe, docteur de l’ENGREF-Agro Paris Tech.,
c’est méprisant (là encore, décidément !) pour les autres chercheurs et le vrai
travail universitaire.
B.Besche-Commenge – 24 septembre 2009
Procès du chasseur qui a tué l'ourse Cannelle : la réaction de Véronique, fidèle adhérente de l'Aspap
On marche sur la tête !
Un procès inutile, sans intérêt, si ce n'est que de prouver que cet homme est un tueur d'ours, les associations écologiques parties civiles s'y emploient, elles sont prêtent à dépenser des fortunes, des deniers publics pour cela.
Tout ça pour un ours ! Tout ce tintamarre pour un ours !
Ce pauvre homme risque de la prison et une amende ! La correctionnelle ! Est-ce bien raisonnable ?
S'il y a condamnation, la haine va se renforcer, l'exaspération va grandir, le fossé va s'élargir entre pro et anti ours, n'est-il pas temps d'arrêter l'hémorragie, la réintroduction de l'ours, Les pyrénéens n'en veulent pas ! Cela nous coûte de l'argent, cela vaut-il la peine de maintenir ce programme qui est voué à l'échec, car nous sommes dans le flou, les budgets prévisionnels à long terme ne nous confirment pas que le financement de ce projet est assuré.
Il y a deux poids et deux mesures : des patrons voyous mettent la clé sous la porte en abandonnant leurs salariés, des dirigeants touchent des indemnités de départ pour mauvais résultats, des entreprises remplissent leur carnet de commande mais prévoient un plan de restructuration, des bénéfices distribués aux actionnaires en priorité etc…….. Des régions sinistrées sur le plan industriel, le chômage et j'en passe.
Pour ceux là les sanctions sont ridicules voire inexistantes ! Mieux vaut être un leader économique riche et malin qui protège ses intérêts qu'un chasseur qui protége sa vie en tirant sur un ours menaçant.