Rétrospectives 2006 à 2009
. 2006, l’année de la
révolte
Quand les montagnes se soulèvent
C’est une histoire
qui commence au printemps 2006 et qui se termine … qui ne se termine pas, qui ne
fait que commencer. C’est l’histoire des pyrénéens qui poussent un cri de colère
et de douleur, l’histoire des pyrénéens qui ne veulent pas des Pyrénées qu’on
leur impose.
C’est l’histoire des pyrénéens qui se découvrent solidaires, qui s’aperçoivent qu’ils veulent défendre un même pays, une même montagne, un même monde. Ils ont eu envie d’écrire une page de leur propre histoire. Et ils l’ont fait. Ils ont dit au monde entier qu’ils ne voulaient pas de ce programme d’introduction d’ours.
Ce printemps restera sûrement gravé dans les mémoires des Pyrénées.
A la cabane de l’Aspap, près du feu ou sur la pierre plate, devant la porte, nous allons vous raconter les évènements qui ont marqué cette année extraordinaire.
Le bilan fait apparaître des sentiments mélangés : la déception, bien sûr, de ne pas avoir réussi à empêcher les lâchers. L’ASPAP a élaboré une demande de moratoire sur les lâchers qui a été présentée au président Chirac, au mois de mai 2006, co-signée par de nombreux acteurs ariégeois et pyrénéens. Cette demande n’a même pas été examinée par les pouvoirs publics.
Ces derniers ont préféré conserver une ligne de conduite sans concertation ni prise en compte du message clair des pyrénéens.
LES EPISODES DE NOTRE RESISTANCE …
12
JANVIER
Création de l’ASPAP
10 MARS
Manifestation à Toulouse devant
1 AVRIL Manifestation à Arbas devant la mairie : Environ 350 personnes : éleveurs, citoyens, élus d'Ariège, et des délégations de toutes les Pyrénées. Expression de notre colère de manière symbolique : sang projeté sur la façade de la mairie pour signifier notre refus des attaques sur troupeaux et potentiellement sur les populations, statue d’ours brûlée pour dire qu'Arbas n'est que le pays des ours en bois. Pose de clôtures pour signifier aux maires qui ont accueilli des lâchers qu'ils n'ont qu'a garder leurs ours chez eux. L'ADET, qui a porté sur un plateau le plan d'introduction à Nelly Olin, et dont le Président n'est autre que François Archangéli, maire d'Arbas, utilisera largement les images fortes des quelques minutes spectaculaires de cette journée qui s'est déroulée par ailleurs dans le plus grand calme : commerces ouverts, discussions avec les habitants, pique-nique sur la place ...
"horde sauvage, mise à sac d'Arbas", aucun superlatif ne sera trop fort. Bilan des dégâts : une façade éclaboussée (nettoyée dès le lendemain comme l'atteste un constat d'huissier) ; trois jardinières cassées ; des inscriptions à la peinture blanche sur le goudron réclamant la démission du maire, une statue d'ours brûlée, des banderoles plantées sur le gazon. "A ce tarif, il y a des milliers de personnes en France qui auraient du faire l'objet des mêmes poursuites judiciaires à la suite des manifestations du CPE", note le lendemain un journaliste.
A la suite de la plainte du maire d'Arbas, François Archangéli, dix militants ariégeois ont été condamnés en novembre 2007 à verser 19.981 € d'amendes, de dommages et intérêts et de frais de justice. Ces dix personnes ne sont pas forcément celles qui sont les plus impliquées dans les actions commises, mais celles dont les objectifs d'appareils photos de personnes bien intentionnées ont capté les visages ou celles dont le numéro de plaques minéralogiques a été relevé. Au nom de la solidarité pyrénéenne, une grande souscription est lancée pour partager moralement et financièrement cette sanction qui pèse arbitrairement sur ces dix militants.
Nous avions la volonté de créer un évènement pour mobiliser les pyrénéens et accéder aux médias. Après 10 ans d'explications, de pourparlers, d'approche de la question de fond de l'introduction d'ours slovènes, sans écho dans la presse ni solutions, nous avons repris et payé au prix fort à Arbas le droit d'expression que les pro-ours avaient toujours eu seuls. Nous assumons Arbas, qui a été le point de départ de la résurgence de l'identité pyrénéenne, en même temps que le démarrage fulgurant de la médiatisation de la question de l'ours dans les Pyrénées. Le maire d'Arbas nous a encore signifié très récemment que "l'ASPAP avait perturbé tous ses plans, parce qu'avant l'ASPAP les affaires marchaient parfaitement bien pour lui". Et qu'il en voudrait à tous les militants jusqu'à la fin de sa vie.
12 AVRIL
Délégation d’éleveurs à Toulouse devant
13 AVRIL Attaque mortelle aux Etats-Unis sur une famille de campeurs. 1 fillette de 6 ans tuée, sa mère et son frère de 2 ans grièvement blessés.
13 AVRIL Démarche auprès du Préfet de l’Ariège (courrier officiel, nombreux échanges téléphoniques, rendez-vous) pour demander la capture des ours déviants (comme cela avait déjà été évoqué en 2005 après l’attaque mortelle des 160 brebis d’Aston-Senard).
17 AVRIL Aston : 1 brebis tuée dans un jardin. En plein village, près des balançoires et des jouets d’enfant. Interminable série d’attaques dans et autour des villages, quasiment 2 jours sur 3. Nombreux reportages dans les journaux télévisés et presse, locaux et nationaux.
19 AVRIL Convocation à la gendarmerie de St Gaudens de 10 manifestants d’Arbas. Environ 50 personnes pour les soutenir et redire devant les médias que nous assumons tout ce qui a été dit et fait le 1er avril. Important dispositif policier. (destiné à nous faire passer pour de dangereux délinquants ?)
25 AVRIL Lâcher du 1er ours : échec de l’opération médiatico-policière orchestrée par la ministre des ours. Belle manifestation de résistance pacifique de la part des opposants à l’introduction : une centaine de montagnards marchent pendant des heures vers le lieu du lâcher dans des vallons et des forêts inconnus, seul un petit groupe a réussi à atteindre le site, juste à temps, se déjouant des forces de l’ordre lancées à leur recherche. Avec des cloches, des cris et des pétards, ils empêchent le lâcher tel qu’il était prévu, tiennent tête à la ministre et à ses gardes, obligeant le convoi à lâcher l’ours discrètement, de nuit, à Burgalays (31).
Humiliée, la ministre laisse exploser son mépris des populations en les traitant « d’imbéciles » et « d’ânes ». Nos multiples demandes de rendez-vous avec la ministre étant restées vaines, nous pouvons enfin, en nous invitant à la fête, lui imposer ce face à face. Ce coup d’éclat, salué par tous les observateurs, a redonné la fierté et la force à tout un peuple, qui a compris ce jour qu’il était possible de se battre et que ce plan d’introduction cachait bien des incohérences.
28 AVRIL Lâcher du 2ème ours à Bagnères de Bigorre. Alors que le mouvement anti-introduction s’organise à l’échelle pyrénéenne (barrages routiers, réunions de travail inter-département…), le ministère adepte des mensonges choisit de simuler un lâcher à Luchon pour lâcher discrètement une ourse à Bagnères de Bigorre. La malhonnêteté de la ministre est mise à jour : elle s’était engagée à attendre la délibération du Conseil Général des Hautes-Pyrénées qui devait rendre les conclusions de 6 mois d’enquête sur le bien-fondé des introductions, le 19 mai. Pour les autorités politiques locales, c’est un véritable camouflet. La révolte et le sentiment d’être méprisés se propagent sur toute la chaîne.
Envoyé spécial : sur l’exemple du 1er ours
lâché,
Parcours du combattant de l’ours, depuis sa capture jusqu’à son lâcher. Des millions de téléspectateurs revivent l’opération des ariégeois repoussant le lâcher, avec des cloches. Commentaire mémorable de Pierre-Yves Quenette, responsable de l’équipe technique ours : « on n’est pas dans l’écologie, là. On est … ailleurs ».
Autour de ce grand rendez-vous médiatique qu’a été envoyé spécial, se sont enchaînés de très nombreux reportages, plateaux télé, débats, émissions, journaux télévisés, interviews, articles … citons le 7à8 sur TF1, le passage de PH. Lacube chez Ruquier, les nombreuses interviews de la presse européenne (BBC, times, médias de suisse, Espagne, Hollande, Belgique, Allemagne, Finlande …)
6 MAI
13 MAI
13 MAI
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. 2007 . Rétrospective .
Quand les montagnes se rencontrent
N’ayons pas peur des mots : 2006 fut une année
extraordinaire ; Les Pyrénéens ont pris la parole pour dire que l’avenir des
Pyrénées ne se ferait pas sans eux.
2007 va nous permettre de faire encore mieux
connaître nos visions pour l’avenir de ce massif ; de mille manière, nous
continuerons ce qui a fait notre force : exprimer nos différences et nos
solidarités, nos réflexions complémentaires.
Au programme de l’ASPAP en 2007 :
Sensibilisation du grand
public : plaquettes d’information, stand sur les foires et manifestations
locales, diffusion du DVD de la révolte pyrénéenne, réalisé par l’ASPAP,
renouvellement de notre site internet ;
Soutien aux éleveurs victimes
d’attaque, soutien aux éleveurs traduits en justice,
Relais de nos actions et de
nos missions auprès des médias : presse, tv, radio, internet …
Actions d’information et de
propositions auprès des élus et responsables locaux et nationaux, et européens.
Réalisation d’un outil de
communication axé sur les retombées positives du pastoralisme en matière de
biodiversité, et sur la défense des modes de production et de développement
durable que les éleveurs mettent en œuvre…
Travail, rencontres, bonnes et mauvaises nouvelles, les moments forts de cette année :
Hiver 2007 : La population d’ours s’élève à 20-25 ours après la naissance de 2 petits d'une femelle slovène. Les pires prévisions de l'Aspap se vérifient : les ours lâchés en piémont en 2006 viennent augmenter la population d'ours d'Ariège, qui avait refusé les introductions. Une dizaine, mâles et femelles y a élu domicile.
Printemps 2007 : l’ourse slovène Franska sème le désastre
dans les Hautes-Pyrénées, très importante mobilisation sur le terrain, l’état
refuse le déclenchement du protocole « ours à problèmes »
15 AVRIL : une rencontre intermassif réunit dans les
Hautes-Alpes les éleveurs du massif central, des Alpes et des Pyrénées pour
définir une stratégie commune de défense du pastoralisme contre les prédateurs.
Le contact est permanent depuis. L’ADDIP propose de redynamiser l’association
européenne de défense du pastoralisme contre les prédateurs, qui siège à la
commission permanente de la convention de Berne !
16 JUILLET : l’ADDIP, coordination pyrénéenne obtient
une audience avec Chantal Jouanno, conseillère à l’Ecologie auprès de Nicolas
Sarkozy. Bonne
prise de contact. On
parle d’un plan secret de l’Elysée qui étudierait les propositions de l’ASPAP de
créer une zone à ours …
22 JUILLET :
A l’occasion du passage du tour de France, les éleveurs du Vicdessos, rejoints
par de nombreux autres ariégeois, occupent le rond point de Tarascon sur Ariège
– Un immense panneau de 300m² « S.O.S. Président solutions » est installé. Très
bonne couverture médias, qui a mis en avant l’aspect « information au grand
public » de cette action. Bernard Hinault est venu apporter son
soutien aux éleveurs « qui ne demandent qu’à vivre du fruit de leur travail »
a t'il défendu.
Aucune télé n’a pu empêcher
26 JUILLET
La nouvelle ministre de l’écologie, Nathalie Kosciusko Morizet, organise
à Toulouse une grande rencontre de tous les acteurs de la question de l’ours
dans le massif. Malgré l’unanimité portée par les élus, représentants
institutionnels et professionnels, et éleveurs et usagers de la montagne contre
sa vision utopiste d'une cohabitation homme/ours paisible, elle annonce une série
de mesures dénuées de sens et d’intérêt, à la grande satisfaction des pro-ours.
Et refuse le retrait de Franska.
9 AOUT. L’ourse a traversé et c’est interdit. Franska a été mortellement percutée sur la 4 voies à l’entrée de Lourdes. C’est la 2ème ourse qui meurt accidentellement. L’ASPAP dénonce le fiasco des programmes d’introduction, l'impossible adaptation de ces animaux que l'on a importés en France sans importer le territoire dont ils jouissaient dans la réserve de Masun en Slovénie, vierge de toute activité humaine permanente, et lâchés dans nos Pyrénées humaines, actives et fréquentées.
Eté 2007 : attaques en séries en Ariège, et en
Hautes-Pyrénées principalement. Relations très difficiles avec notre préfet qui
semble acquis à la cause de l’ours, contre le pastoralisme ariégeois. Réunions
stériles. Provocations par voie de presse (les éleveurs sont confortablement
indemnisés !). Les éleveurs refuseront de conduire, comme il l’avait demandé, le
préfet en estive.
Eté 2007 : Suite aux nombreuses difficultés rencontrées par
les éleveurs victimes d’attaque lors des expertises, un groupe de volontaires de
l’ASPAP assure une « assistance attaque ». Il s’agit de réaliser, sur le
terrain, au moment du constat, une double expertise réunissant l’ensemble des
éléments en présence. Un mémento sur la conduite en cas d’attaque est édité, et
distribué.
Septembre 2007 . Sortie de Vivre en Pyrénées n°5, la lettre
d’information de l’ASPAP.
Septembre 2007. En partenariat avec nos collègues
pyrénéens, préparation pour le printemps 2008 d’un grand colloque à portée
nationale : pour une « biodiversité à visage humain » dans les Pyrénées.
Automne 2007. Sous l’égide de l’ADDIP, recrutement d’une
stagiaire dédiée à la réalisation d’un outil de communication écrit, à l’échelle
pyrénéenne.
8 OCTOBRE: l’audience en appel des 10 prévenus d’Arbas est reportée au 26 octobre. Les avocats de la mairie d’Arbas demandent 40.000€, alors que le premier jugement avait diminué de 60.000 à 4.900 € leurs prétentions financières. Le verdict sera rendu le 26 novembre.
Octobre 2007.
La fnsea
et l’assemblée permanente des chambres d’agriculture invitent l’ariégeois
Philippe Lacube, trésorier et porte parole de l’aspap, et président de l’ADDIP,
à leur rencontre nationale sur la question des grands prédateurs. La
mobilisation de tous les acteurs pyrénéens atteint les sphères d’influence et de
décision nationales …
Octobre 2007 : l’ADDIP est invitée au GRENELLE de
l’ENVIRONNEMENT. Un membre de l’ASPAP portera notre vision d’avenir des Pyrénées
au sein du groupe 2 : préserver la biodiversité et les ressources naturelles.
Octobre 2007 :
l’ASPAP demande officiellement à siéger à
Octobre 2007 : pour préparer l’évaluation du plan ours qu’a
annoncée Nathalie Kosciusko Morizet, un groupe de travail se met en place avec
l’ensemble de la délégation ariégeoise (élus, représentants professionnels et
institutionnels) présente à Toulouse le 26 juillet.
Octobre 2007 : mise en ligne de notre site internet, renouvelé et désormais "en gestion directe" pour plus de réactivité.
Automne 2007 : les relations franco espagnoles se
resserrent encore. Une rencontre avec les éleveurs des Asturies est prévue, dans
le cadre de notre démarche de fédérer les différents massifs montagnards
européens.
Automne 2007 :
l’ourse Hvala élit domicile en Ariège, en
Couserans. Le préfet envoie par écrit ses recommandations aux maires :
l’affichage de prospectus en mairie sur les dangers de l’ours. Nécessité
d’installer des panneaux partout en montagne, conseils aux ramasseurs de
champignons … de ne pas quitter les chemins. L’ASPAP dénonce l’insécurité en
montagne, et la main mise de l’Etat, comme pendant
la guerre des Demoiselles, sur des territoires qui doivent rester
accessibles à tous.
La chasse n’est pas interdite pour le moment, mais la responsabilité des chasseurs et des associations de chasse serait mise en cause en cas d’accident. Les attaques ne cessent pas. La pression sur le terrain augmente, de jour comme de nuit.
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. 2008 . Rétrospective .
De l'Etat qui
réfléchit ..... à l'état qui fléchit ?
JANVIER
L’ASPAP et les associations de l’ADDIP « descendent du minibus » des voyages
organisés en « zones à ours » par Nathalie Kosciusko-Morizet, dite «NKM »,
Secrétaire d’Etat à l’Ecologie ... comme les deux précédents voyages, et comme
tout ce que le Ministère nous proposera en 2008, il ne s’agit que d’obtenir, par
notre seule présence, une validation des décisions futures de poursuite du
plan-ours. Après les associations, les acteurs du territoire en prendront
conscience les uns après les autres en 2008, élargissant la fronde à tout le
massif, jusqu’au « clash » final du groupe ours 2, le 18 décembre 2008 à
Toulouse.
FEVRIER
20.000 € ! La souscription « Pyrénées Solidaires»
lancée par l’ASPAP a réuni en quelques semaines la totalité des sommes
que 10 des nôtres avaient été condamnés à verser suite à la
manifestation spectaculaire d’Arbas en Avril 2006. Eleveurs, bergers,
institutions, associations, habitants, vacanciers, vous avez tous donné ! Pour
le maire d’Arbas, (et président de l’ADET) c’est « l’arroseur arrosé ». Non
seulement son attaque en justice n’a
pas affaibli notre mouvement, mais au contraire elle l’a encore renforcé d’un
bout à l’autre de la chaîne dans un formidable élan de générosité et d’unité.
MARS
Dans le cadre de l’évaluation à mi-parcours du plan ours, une brigade de quatre
inspecteurs a été dépêchée dans les Pyrénées par le Ministère de l’Ecologie pour
« mensurer l’impact du plan-ours ». Ils ne repartiront pas les mains vides :
selon leurs propres termes, « la perception du plan ours s’est
considérablement dégradée en trois ans. » Et leurs interlocuteurs « sont plus
déterminés que jamais » contre de nouveaux lâchers. Surdité ou amnésie ? Leur
rapport final soutient toujours le plan-ours. En 2008, le Ministère de
l’Ecologie s’est auto-évalué, il est auto-satisfait. Elémentaire, mon cher
Watson.
AVRIL
BALOU est aux
portes de Foix. L’ETO, Equipe Technique Ours manœuvre en secret : son collier
GPS, trop serré, risque de l’étouffer. En 2008, l’ETO est tournée en ridicule
d’un bout à l’autre de l’Ariège ... alors que les budgets dédiés au suivi
explosent. Face à un répondeur-ours défaillant, l’ASPAP relaie les informations
directes du terrain. A Pau, René Marquèze est définitivement relaxé pour la mort
de l’ourse Cannelle : la procureure dira « n’avoir jamais vu, en 20 ans, un tel
acharnement des parties civiles, même pour des crimes d’enfants ». 2008 révélera
au public la face méconnue du mouvement pro-ours.
MAI
En Mai, tu ne feras pas ce qui te plait ! Assis jusqu’alors sur son
auto-évaluation ministérielle ô combien positive, l’Etat doit composer avec
notre bilan du plan-ours. Nous y révélons comment les grands prédateurs « qui
ont besoin de la totalité du territoire » sont l’instrument de Bruxelles et
Paris qui ont décidé de faire des Pyrénées un vaste sanctuaire ensauvagé, livré
à l’ours et au loup. La résistance commune s’organise autour d’une vision
d’avenir qui ne se résume pas à la lorgnette de l’ours, mais défend un vrai
développement durable des Pyrénées : « pour une biodiversité à visage humain. »
«En mars surdité, en juin tu en feras les frais ».
« NKM » a pu vérifier cet adage à Toulouse, où la presse était invitée au
lancement du « groupe national ours ». Refusant de collaborer à cette instance
de mise en œuvre du plan-ours qu’ils subissent sans l’avoir demandé, les
associations, les élus et représentants agricoles et syndicaux ont tenu un front
commun pyrénéen et une conférence de presse, obtenant à nouveau une audience
nationale. NKM a du repartir sans sa photo souvenir, son ultime tentative de
s’inviter sous notre chapiteau devant les photographes s’étant soldée par un NON
unanime et ferme de notre part. Non mais.
JUILLET
Si le nombre d’attaques aux troupeaux a augmenté en 2008, le nombre total de
victimes a heureusement diminué. 120 dossiers sur 128 ont été indemnisés, le
suivi des localisations et des dossiers par l’Aspap s’est une fois de plus
montré efficace pour défendre et obtenir leur indemnisation. Dans les
Hautes-Pyrénées, les prédations ont chuté après la mort de Franska de 170 ... à
3 seulement. Sarousse, Hvala et ses oursons ont déménagé d’Ariège vers
l’Espagne. A l’est, le secteur de Balou et Boutxi est devenu très calme après
leurs accidents respectifs (chasse et minibus). Dans certaines vallées, les
attaques ont simplement disparu, les indices de présence aussi. Moins d’ours =
moins de prédations, c’est avéré. De moins en moins de prédations = de moins en
moins ... d’ours ?
AOUT
« NON à l’ours : le cri du cœur des éleveurs pyrénéens ». L’article de l’Agence
France Presse s’est fait l’écho dans tous les médias de nos PASTORALIES : 8.000
personnes sur le Plateau de Beille, les activités, les repas, le marché fermier
pris d’assaut malgré le froid ... notre rencontre public/ montagne/ éleveurs a
tenu toutes ses promesses ! Et restera une formidable démonstration de force du
milieu montagnard : habitants, vacanciers, éleveurs, élus, institutions,
syndicats, acteurs du tourisme ... Pour 2009, la « fête de la montagne vivante,
et bien décidée à le rester ! » a choisi le Couserans. Rendez-vous le 7 août
2009 à GUZET-NEIGE !
SEPTEMBRE
OCTOBRE
FCO : comme Fermes Condamnées d’Office, comme Fièvre Catarrhale Ovine, une
épizootie virale qui décime les troupeaux de ruminants en France depuis 2 ans.
Malgré les efforts des éleveurs pour vacciner les troupeaux, plus de 5.000 ovins
et 400 bovins sont morts en Ariège,
la moitié des fermes a été touchée. L’ASPAP a mobilisé ses troupes aux côtés des
représentants agricoles et des élus, afin d’obtenir des aides à la mesure de
cette crise sanitaire, la plus grave en France depuis 50 ans. Entre les déficits
accumulés en 2008 et les pertes prévues de fertilité des béliers contaminés, la
faillite menace en 2009 des dizaines d’exploitations.
NOVEMBRE
En novembre, précédée de peu par les ours slovènes, la colère des Pyrénées a
traversé la frontière. L’Etat
français est pris à partie : à Lès, l’ourse Hvala (loin de Carla Bruni-Sarkozy,
sa marraine) a attaqué un chasseur qui s’en sortira heureusement avec des points
de suture et un poignet cassé. Le gouverneur du Val d’Aran Paco Boya, dénoncera
jusqu’à Madrid la politique de la France de condamne ces ours à vivre dans le
conflit, au nom d’une fausse écologie alors qu’ils vivaient en paix, dans leur
réserve de Slovénie. 700 personnes (100 ariégeois) manifestent à Lès. Le
Manifeste des Pyrénées est signé, son message est transfrontalier : « enes
pirineus volem decidir ».
DECEMBRE
Les minibus en zone à ours, les vraies-fausses évaluations, les groupes et
commissions ... En 2008 nous avons déjoué tous ces instruments du Ministère qui
n’avaient d’autre objet que de valider, par notre seule présence, le plan-ours
et sa poursuite. Le 18 décembre 2008, le Groupe National Ours est entré dans
l’impasse, la rupture est consommée. A l’aube de 2009, l’Etat semble enfin
fléchir : toute décision de lâcher est reportée à fin 2009 au minimum. « NKM »
quitte le ministère. Elle est remplacée par Chantal Jouanno, qui en 2007 avait
accepté de rencontrer l’ADDIP. Elle nous avait affirmé que « l’homme était au
coeur de tout développement durable.» En 2009, enfin du neuf ?
En 2008, nous avons obligé l'état à revoir sa copie. Nos arguments, et le front commun Pyrénéen de refus fu groupe-ours l'ont conduit à réfléchir, suspendant sous notre pression toute introduction en 2008,
comme en 2007. Aujourd'hui notre rapport sur les mensonges de l'Etat met en cause gravement "l'administration de l'ours". L'Etat fléchira-t-il en 2009 ? La décision sans cesse reportée de nouvelles introductions pourrait le laisser penser. Nous devons maintenir la pression, et poursuivre notre travail de fond de recherche et d'explication.
. 2009 . Rétrospective .
JANVIER
En 2009 nous appelons tous nos élus et responsables territoriaux à tenir fermement le cap, à refuser les com(pro)missions du groupe « ours », qui ne sont qu’un allibi de validation Pyrénéenne. Nous ne reconnaissons pas dans ces Pyrénées « région isolée et inaccessible jusqu’à récemment encore » décrites par le programme LIFE. Nous refusons que les Pyrénées deviennent un sanctuaire-du-sauvage tel que le supposerait une population viable d’ours et de loups. Nous EXISTONS, nous ne pouvons simplement plus laisser l’Etat nier la réalité de notre massif, la voix de ses habitants et de leurs élus. Réaffirmons le ensemble tout au long de l’année
"Equipe
de terrain Aspap bonjour!" : le répondeur de l'ASPAP est opérationnel depuis le
15 mai
22 JUIN
Le 22 juin l'Amicale des chasseurs de montagne rejoins les bancs de l'Aspap, en y adhérant officiellement! Créée dans les années 70 pour faire valoir ses spécificités, elle revendique aujourd'hui réunir une soixantaine de sociétés de chasses locales, soit une très grande partie des ACCA de la montagne Ariégeoise. Résistance, on le comprend, au virage que prend le Plan Ours vis-à-vis de la pratique de la chasse. Car en 1996-97, date des premières réintroductions, l'Etat avait bien pris garde à ne pas froisser les chasseurs : " Au démarrage de l'opération (...), il avait été annoncé qu'aucune mesure réglementaire en matière de chasse ne serait imposée, peut on lire sur le site de l'Etat consacré à l'ours dans les Pyrénées. L'Etat a en fait établie une carte qui délimite des zones où la pratique de la chasse sera limitée ou interdite. Une charte avait été signée entre l'Etat et les fédérations de chasse, garantissant la liberté totale de chasse dans tous les cas. La création de "zones à ours" la remet totalement en question. Depuis les réintroductions, le vent a tourné.
24 JUIN
Le 24 juin à Toulouse réunion du Groupe National Ours afin de rendre ses conclusions à l'Etat. L'ADDIP (coordination Pyrénéenne) dément immédiatement le compte-rendu rédigé le jour même par le Préfet de Région. Selon lui "la cohabitation entre l'ours et les élevages s'améliore dans les Pyrénées" ou bien encore paru le 25 juin dans la Dépêche du Midi :" Réuni hier pour la dernière fois le GNO réussit à calmer le débat entre associations, chasseurs et éleveurs". Il est inquiétant qu'un Préfet de Région joue du même violon que les membres du GNO issus d'un cartel de fonctionnaires et d'associations qui vivent des crédits de l'ours.
Le nombre de prédation semble diminuer...oui......mais pas parce que Monsieur Ours est devenu Végétarien. Simplement parce que le nombre d'ours diminue. Le compte n'y est pas : 5 ours en 1995 + 8 lâchers + 22 naissances = ......8 -15 sur tout le massif en 2008 selon l'ETO ? La chasse à l'ours a repris dans les Pyrénées. Le virage à 180 ° des représentants de la chasse, qui claquent la porte du GNO, les uns après les autres, est à prendre très au sérieux......
ETE 2009
Les attaques reprennent de plus belles : 60 % en Couserans et 40 % en Haute Ariège......sur 90 prédations 80 ont eu lieu sur une estive gardée NUIT et JOUR par un BERGER! "Mesures de protection" : le mythe tombe.
ETE 2009
Le sénat Espagnol a adopté à l'unanimité une motion demandant à la France de ne pas poursuivre sa politique de réintroduction d'ours dans les Pyrénées. La position du parlement à Madrid est sans équivoque : "nous ne sommes partisans, en aucun cas, de réintroduire des individus venant d'ailleurs". Les ours ne comprennent pas les frontières et ils vont où ça leur chante. Un élus aragonais a proposé au gouvernement qu'à partir d'aujourd'hui, toutes les actions concernant l'ours pyrénéen se fassent de façon coordonnée avec toutes les administrations. C'est-à-dire par un consensus entre les gouvernements d'Espagne et de France, les communautés autonomes et les conseils généraux concernés.
AOUT
Tout est calme en ce début automnal, les pro-ours se gaussent que tout va très bien en Haute Ariège : les hommes s'y sont adaptés et les ours sont devenus Végétariens, oui vous avez bien lu Végétariens! Mais la déclaration sur la mort de deux ours en Haute Ariège par Philippe Lacube va bouleverser cette paisible rentrée. Les Prédations diminuent car IL Y A MOINS D'OURS en Ariège et non pas parce qu'ils sont devenus VEGETARIENS. Vent de panique chez Les pro-ours qui ont vu rouge : ils ont demandé l'ouverture d'une enquête, demande d'audience en urgence à Chantal Jouanno, messages dans les forums: Lacube a gagné! etc.....à suivre
Chantal Jouanno revient sur les ondes après quelques longs mois d'absence pour annoncer que le Ministère prendra le temps de réflexions en recevant l'ensemble des acteurs locaux (11 rencontres prévues).
L' ETO se charge de l'enquête administrative et se montre incapable de dire si oui ou non il manque des ours? Lesquels et depuis quand? 10 jours de recherches et aucun résultat. Trouver deux ours morts serait du plus mauvais effet en regard de leur mission qui nous coûte "la bagatelle" de 1 millions d'euro par an !
Une seconde enquête aux moyens "démesurés" a conduit 35 personnes à comparaitre à la gendarmerie suite à l'annonce de la mort de deux ours. Des semaines d'investigations et toujours rien à l'horizon. Fallait-il mettre en oeuvre le plan "alerte enlèvement" pour retrouver les disparus? Mobiliser l'armée? La justice s'est prononcée : l'affaire est classée : faute de cadavres et de preuves.......
Manifestation historique à Foix: 7000 personnes pour le droit de chasse et contre le plan ours. Mobilisation massive des chasseurs, éleveurs, randonneurs et autre amoureux de la montagne....Refusons de laisser les Pyrénées devenir un sanctuaire. Refusons l'appropriation de nos territoires par des activités de l'écologie sans représentativité ni légitimité. OUI à un territoire vivant, préservé et humain.
Fini le bon temps où les escrologistes pouvaient faire croire que l'ours était une espèce en voie de disparition, fini le bon temps où les médias et les familles avalaient tous les mensonges et approximations des pro-ours. La fin du plan ours approche et les écologiste sont partis se plaindre à l'Europe..Quand on n'arrive plus à convaincre il ne reste plus que la menace ! ...selon eux la France ne respecterait pas ses engagements internationaux et devrait réintroduire 1 ou 2 ours par an jusqu'à ce que la population d'ours soit viable. ..
La fin de l'année approche mais toujours pas de rendez-vous au Ministère de l'Environnement : Mme Jouanno nous aurait-elle oubliée ? Pourtant elle a reçu les associations prêtes à cohabiter avec l'ours.....Ces associations pro-ours représenteraient-elles "l'ensemble des acteurs locaux" comme annoncé courant de l'automne ? ??? Quelque chose se travaille dans l'ombre......affaire à suivre de près....
31 décembre : le plan ours a pris fin ! L'Adet, Ferus & cie réclament à grand cris de nouvelles introductions. Une manifestation géante (selon eux les pro-ours / 6 personnes selon les médias!!!) a lieu à Paris où trois ours sont pendus Pont de l'Alma......
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