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L'Aspap, une jeune association, et déjà dix ans de lutte ...

L'ASPAP,  Association de Sauvegarde du Patrimoine d'Ariège-Pyrénées, est une jeune association qui s'est créée en janvier 2006.
Jusqu'à cette date, le mouvement d'opposition aux réintroductions d'ours dans les Pyrénées n 'était représenté en Ariège par aucune structure officielle. Un collectif d'éleveurs et de bergers réunissait de manière informelle les opposants ariégeois. Parallèlement, l'ADDIP (Association de Développement Durable de l'Identité des Pyrénées), structure pyrénéenne à l'initiative des premières luttes, comptait elle aussi quelques représentants ariégeois.

Depuis les premières réintroductions de 1996 et 1997, les montagnards ont progressivement pris conscience des conséquences douloureuses engendrées par ce programme. Des démarches répétées en direction des pouvoirs publics n'ont abouti qu'à des silences, des promesses, des fins de non-recevoir.

En 2005, l'État annonce la mise en place d'un nouvel épisode de réintroductions : les ariégeois, largement touchés (2/3 des ours, ¾ des dégâts, selon le ministère de l'écologie), décident alors de se doter d'une véritable structure de résistance, avec des moyens, des compétences et une détermination qui jusque-là n'avaient pas été réunis : l'ASPAP voit alors le jour début 2006.

Ouverte à toutes les composantes de la société civile, l'ASPAP commence ses travaux dès le début de l'année et recueille très rapidement l'adhésion de plusieurs centaines d'ariégeois, de citoyens, de responsables de stuctures touristiques, de randonneurs, de villageois, de communes, ... et bien sûr d'un grand nombre de professionnels liés au pastoralisme (bergers, éleveurs transhumants...).
Fin 2006, plus de 1000 adhérents ont rejoint l'ASPAP et confirment cette tendance d'un mouvement ouvert à toutes les catégories socio-professionnelles, dépassant ainsi largement la défense de simples intérêts corporatistes. De nombreux adhérents sont issus de départements pyrénéens voisins ainsi que de certaines grandes villes de France.

Longtemps caricaturé par nos détracteurs comme un groupe de montagnards râleurs, arriérés, sans éducation, voire avinés, l'ASPAP a réussi à s'imposer progressivement comme un mouvement de personnes responsables, avides de dialogue et de réflexions, modérées, capables de propositions mais également déterminées jusqu'au bout pour se faire entendre.

Dans nos rangs, se côtoient dans la bonne humeur des personnes aux parcours très variés : paysans, intellectuels, scientifiques, nouveaux agriculteurs venant de la ville et parfois largement diplômés, élus locaux... Nos réflexions et nos actions sont le fruit d'un travail harmonieux, fort de toutes nos différences et nos spécificités.
Loin de la caricature facile d'anti-ours primaires, c'est l'amour et la passion de la nature qui nous réunissent. Ardents défenseurs de l'environnement, nous respectons toute forme de vie, végétale comme animale. C'est donc tout naturellement que nous respectons l'ours en tant que tel, et c'est bien contre ces programmes de réintroduction que nous nous positionnons.


Lorsque l'on vit en symbiose avec les éléments, la montagne, les troupeaux, lorsque que l'on participe jour après jour au maintien de la biodiversité, comment pourrait-on faire l'économie d'une démarche écologique ? On le voit bien, les défenseurs des réintroductions n'ont pas forcément le monopole de la sensibilité écologique.

Certains ont visiblement mis plus de temps pour admettre que nous n'étions ni des « ânes », ni des « imbéciles », ni « une poignée d'excités », comme l'a maladroitement annoncé la ministre de l'écologie début 2006. Malgré tout, les visages multiformes de notre mouvement sont devenus progressivement de plus en plus palpables, au fur et à mesure de nos actions et de nos interventions.


Parmi ses piliers fondateurs, L'ASPAP revendique également son attachement à une réelle indépendance politique et syndicale : le Conseil Général de l'Ariège certes a souhaité nous soutenir financièrement à notre démarrage ; pour autant les diverses sensibilités politiques de chacun d'entre-nous sont consciencieusement mises de côté, rendant possible une cohabitation paisible.


L'année 2006 démontrera que, loin des budgets colossaux attribués par l'État aux structures promotrices des réintroductions, l'ASPAP ainsi que les autres associations pyrénéennes partenaires ont réussi à faire entendre leur voix, à fédérer et à entrainer derrière elles une large partie des pyrénéens et de l'opinion publique.

L'ASPAP en 2008, sans l'effet médiatique des lâchers de 2006, a encore rallié plus de 700 adhérents.

Ce succès pour notre association nous  encourage avec force à continuer à défendre, ensemble, notre vision d'avenir des Pyrénées. C'est aussi un soutien financier important, essentiel à la poursuite de nos missions.

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